Beranda / Mafia / SANG ET CHAGRIN / Chapitre 3 : L'Audace

Share

Chapitre 3 : L'Audace

Penulis: Darkness
last update Terakhir Diperbarui: 2025-11-26 21:06:09

Sofia

Les jours suivants sont un calvaire raffiné. Lorenzo a doublé ma garde rapprochée. Marco, un géant au visage de pierre, me suit partout, même dans les jardins. Mon téléphone a « accidentellement » cessé de fonctionner. Je suis coupée du monde, plus que jamais.

Pourtant, une obsession germe en moi. Luca Conti. Son nom tourne dans ma tête, une mélodie interdite. Je me surprends à guetter sa voiture lorsque je sors, espérant un signe, une raison de croire que cette connexion n’était pas un mirage.

Ma chance arrive une semaine plus tard, sous la forme d’une visite obligatoire chez mon dermatologue. Marco m’accompagne, s’asseyant dans le hall d’attente, son imposante silhouette décourageant toute conversation. Le rendez-vous est rapide. En sortant, alors que Marco parle brièvement à la réceptionniste, je m’attarde près de la porte d’entrée, le cœur battant la chamade.

Et je le vois.

Il est assis dans une voiture discrète, garée de l’autre côté de la rue. Il lit un journal, mais son regard se lève et rencontre le mien. Ce n’est pas une coïncidence. Il m’attendait.

Le temps se fige. Les bruits de la ville s’estompent. Je n’ai que quelques secondes. Marco va se retourner. Je fais le seul geste que je peux risquer. D’un mouvement rapide, je fais glisser la lourde bague en saphir que Lorenzo m’a offerte pour notre anniversaire. Je la laisse tomber dans le pot de fleurs à côté de l’entrée.

Je ne le regarde plus. Je tourne les talons et rejoins Marco, qui se retourne juste à ce moment-là.

— Tout va bien, Signora Rossi ?

— Parfaitement, Marco. Je suis un peu fatiguée.

Je monte dans la voiture, les jambes en coton. Je viens de franchir une ligne. J’ai laissé un message. Un appel au secours ? Une invitation ? Je ne sais pas moi-même. Mais j’ai agi.

---

La nuit tombe. Lorenzo est d’une humeur étrangement légère. Il a « réglé un problème » aujourd’hui, ce qui signifie toujours la même chose. Il commande mon plat préparé, ouvre une bouteille de vin rare. Il me parle de ses projets d’expansion, de son pouvoir, comme s’il essayait de me hypnotiser avec la grandeur de son empire de cendres.

— Tu verras, Sofia. Bientôt, tout cette ville sera à nos pieds. Personne ne pourra plus nous toucher.

Je souris, je bois une gorgée de vin, je fais hochement de la tête. Mais mon esprit est ailleurs. Dans la rue, près d’un pot de fleurs. A-t-il trouvé la bague ? A-t-il compris ?

Soudain, Lorenzo pose sa fourchette. Le cliquetis du métal sur la porcelaine me fait sursauter.

— Tu sembles distante, amore mio.

Ses yeux scrutent mon visage, cherchant la faille.

— Je suis juste fatiguée, comme je l’ai dit à Marco.

— Marco ? répète-t-il, l’air soudain intéressé. Il t’a bien accompagnée chez le médecin aujourd’hui ?

La question est un piège. Je sens un frisson mortel me parcourir l’échine.

— Bien sûr. Comme d’habitude.

— Rien d’inhabituel, alors ? Aucune… rencontre ?

Il sait. Mon Dieu, il sait. Le sang se retire de mon visage. Il a des yeux partout. Peut-être que le dermatologue est à lui. Peut-être que quelqu’un dans la rue a vu Luca. Je suis prise au piège.

— Non, Lorenzo. Rien.

Il se lève, lentement, et vient se placer derrière ma chaise. Ses mains se posent sur mes épaules, dans un écho sinistre de l’autre soir.

— C’est bien. Parce que si jamais tu me cachais quelque chose… si jamais tu pensais à me trahir…

Il se penche, et ses lèvres effleurent mon oreille.

— Je ne te ferais pas de mal, Sofia. Jamais. Tu es ma vie.

Sa voix est un suaire de soie.

— Mais je réduirais en poussière tout ce qui ose se mettre entre nous. Tout. Tu me comprends ?

Je ferme les yeux, incapable de répondre. La peur est un goût de cuivre dans ma bouche. Je comprends. Je comprends trop bien.

Plus tard, dans le noir de la chambre, alors qu’il dort d’un sommeil profond, je me lève et je me poste à la fenêtre. Je regarde les grilles de la propriété, infranchissables. Je suis la reine de ce château maudit, aimée à en mourir, étouffée par une passion qui ressemble de plus en plus à de la haine.

Lanjutkan membaca buku ini secara gratis
Pindai kode untuk mengunduh Aplikasi

Bab terbaru

  • SANG ET CHAGRIN    CHAPITRE 18 : LA FUGUE

    LorenzoLa journée a été un champ de mines.Chaque réunion, chaque appel, un territoire où le moindre faux pas pouvait tout faire sauter. Les regards de mes associés, un peu trop insistants. Les silences entre les phrases, un peu trop lourds. Ils savent. Ils ne savent pas tout, mais ils sentent le sang dans l’eau. Ils sentent la faille.La faille, c’est elle. Sofia.L’idée même me brûle le crâne, plus efficace que le whisky que je fais tourner dans mon verre. Elle a failli me vendre. À ce procureur zélé, à cet idéaliste naïf qui croit pouvoir nettoyer la ville avec un chiffon et des principes. Elle. Ma femme. La chose que j’ai tirée de la boue et installée dans le marbre.Le souvenir du carnet, de ces pages manuscrites, des dates, des noms, des montants… trouvé par hasard, ou plutôt par la vigilance de Marco. Une trahison si intime qu’elle en devient obscène. Je l’ai brûlé, bien sûr. Mais on ne brûle pas la volonté de nuire. On ne brûle pas le mépris.Et ce matin, son regard dans le m

  • SANG ET CHAGRIN    CHAPITRE 17 : L’AMOUR ET SES CENDRES

    SofiaLa question me frappe ce matin, nette et tranchante comme un couteau à cran d’arrêt.Est-ce que je l’aime ?Je la pose à mon reflet dans le miroir immense de la salle de bains en marbre, tandis que Lorenzo se rase avec une précision chirurgicale, le dos tourné. La vapeur de son eau chaude a bué la glace, estompant mes traits. Une image floue, fantomatique. Appropriée.L’amour.Est-ce que j’ai jamais aimé l’homme, ou ai-je seulement aimé la main tendue, la bouée, le miracle ? La reconnaissance est un sentiment sournois. Elle se drape si facilement dans les atours de l’amour. Elle murmure : « C’est de l’affection », alors qu’elle n’est que dette. « C’est de la dévotion », alors qu’elle n’est que servitude.Je me souviens de l’effervescence des débuts. Des palpitations lorsque sa voiture noire s’arrêtait devant mon restaurant en faillite. De la fierté que j’avais ressentie lorsqu’il m’avait présentée à ses associés, sa main ferme dans le creux de mes reins. « Ma fiancée, Sofia. » J

  • SANG ET CHAGRIN    CHAPITRE 16 : LES RACINES DE LA CAGE

    SofiaLa nuit est une mer noire où je flotte, éveillée. Le carnet, caché sous mon oreiller, est un rocher petit, froid, réel. Il m’ancre à quelque chose qui n’est pas lui. À une vérité qui précède mon règne fantomatique dans ces murs.Je me souviens.Je me souviens d’avant le marbre et les silences dorés. D’avant que chaque sourire ne soit calculé, chaque geste pesé. Il y a cinq ans, je n’étais pas un fantôme. J’étais une jeune restauratrice, ou du moins, je tentais de l’être. Mon petit établissement, L’Épi Curieux, croulait sous les dettes. L’ambiance était à la faillite douce, teintée d’huile d’olive et de désespoir.C’était là, un soir de novembre pluvieux, qu’il était entré.Le dernier client. Le seul client. Il s’était assis à une table près de la vitrine, avait commandé un vin rouge et mon risotto aux cèpes sans même regarder la carte. Il portait un manteau sombre, trempé aux épaules. Je l’avais pris pour un voyageur, un homme d’affaires égaré dans ce quartier en déshérence.Je

  • SANG ET CHAGRIN    CHAPITRE 15 : LA LAMPE HANTÉE

    SofiaSon regard me transperce, cherchant une réaction. Une larme, peut-être. Un tremblement. Je ne lui offre que le reflet de la lampe dans mes yeux.— Oui, dis-je. Il est bon de renouveler.Je tourne les talons et m’en vais. Je sens son regard dans mon dos, lourd, perplexe.L’après-midi, j’ose une sortie. Non pas une fuite – impossible – mais une promenade dans les jardins, sous le prétexte de prendre l’air. Marco, comme une ombre discrète, se poste près de la terrasse, me surveillant du coin de l’œil tout en parlant à voix basse dans son téléphone.Je marche le long des haies de buis taillées au cordeau. L’air est vif. Je m’arrête près du bassin aux nymphéas, morts en cette saison, leurs tiges noires brisant la surface grise de l’eau. C’est ici, il y a des années, que Lorenzo m’avait demandé de l’épouser. Pas à genoux. Debout, à mes côtés, tenant ma main dans la sienne comme s’il prenait possession d’un territoire. « Avec moi, tu auras tout », avait-il dit. « Et sans moi, tu ne ser

  • SANG ET CHAGRIN    CHAPITRE 14 : LA LAMPE HANTÉE

    SofiaLe fantôme apprend à marcher sans faire craquer les parquets.Il apprend les horaires de la maison. Marco part à 7h30 précises chercher le journal et les cornetti au bar de la piazza. Elena, la femme de ménage, fait les chambres entre 10h et midi, en fredonnant toujours la même aria traînante. Le cuisinier, Bruno, reçoit ses livraisons à 16h, et c’est là qu’il ouvre la porte de service, bavardant cinq minutes avec le livreur.Le fantôme apprend à se tenir dans les angles morts, derrière les portes entrouvertes du salon quand Lorenzo reçoit. Ces réunions ne sont plus des affaires bruyantes avec des hommes aux épaules larges. Ce sont des rencontres feutrées avec des hommes en costumes sombres et cravates discrètes, des portefeuilles en cuir fin, des voix basses qui parlent de zonings municipaux, de permis de construire, de participations majoritaires dans des sociétés écrans. La pègre se lave, se peigne, investit. Lorenzo en est l’architecte.Je m’imbibe de tout. Un nom : Moretti.

  • SANG ET CHAGRIN    CHAPITRE 13 : LES CENDRES ET LE VERRE

    SofiaJe me dirige vers la cuisine, d’un pas de somnambule. Les couteaux sont là, rangés dans un bloc de bois. Ils brillent sous la veilleuse. Ma main se tend. Elle effleure le manche d’un grand couteau de chef, froid et lourd.La tentation est un vertige. Un moyen de briser le silence pour de bon. De faire un bruit que même Lorenzo ne pourrait pas effacer. Ou peut-être… peut-être de me tailler une issue. Littéralement.Mais l’image qui me vient n’est pas celle de ma propre chair se déchirant. C’est celle de Lorenzo, découvrant le corps. Son visage. Quel visage ferait-il ? Du chagrin ? De la colère ? Ou cette même froideur, suivie d’un nettoyage efficace, d’un enterrement discret, d’une histoire sur une dépression soudaine ? Serais-je, même dans la mort, juste un autre problème qu’il règle ? Un fantôme définitivement effacé ?Je retire ma main comme si le manche était brûlant. Non. Pas comme ça. Pas en lui laissant le dernier mot, le dernier contrôle.Je remonte, tremblante de tout mo

Bab Lainnya
Jelajahi dan baca novel bagus secara gratis
Akses gratis ke berbagai novel bagus di aplikasi GoodNovel. Unduh buku yang kamu suka dan baca di mana saja & kapan saja.
Baca buku gratis di Aplikasi
Pindai kode untuk membaca di Aplikasi
DMCA.com Protection Status