เข้าสู่ระบบUne semaine après les fiançailles. Villa des Vane – 3 janvier, 19h30.
Le dîner est intime. Julian, Alex, Eleanor, Charles. Sophia est absente – « encore avec son Français », a grommelé Charles. Marcus est à l'hôpital, comme chaque soir.
Alex observe Charles. Il est fatigué, préoccupé. Pas seulement par l'accident de son neveu.
— Des nouvelles de Richard ? demande-t-elle doucement.
Charles lève les yeux, surpris qu'elle connaisse ce nom.
— Mon frère est reparti à Londres hier. Patricia l'a accompagné.
— Ils ne restent pas auprès de Marcus ?
Eleanor secoue la tête, amère.
— Richard n'a jamais su être père. Il préfère ses affaires. Et Patricia… disons que Marcus a toujours été plus proche de nous que de ses propres parents.
— C'est pour ça qu'il a grandi ici, ajoute Julian. Avec moi. Comme un frère.
Alex hoche la tête, compatissante.
— C'est triste. Mais au moins, il a vous.
Ils l'ont abandonné, pense-t-elle. Comme Clara a été abandonnée.
---
Ce soir-là, elle note dans son carnet : « Marcus – parents absents. Ne viendront pas à son chevet. Parfait. »
---
Hôpital de Newport Beach – Chambre 412. 15 janvier.
Marcus a reçu la visite d'un médecin. Un nouveau. Il ne l'avait jamais vu.
— Monsieur Vane, dit l'homme, nous avons découvert des anomalies dans vos analyses.
— Quelles anomalies ?
— Des traces d'un produit sédatif. Dans votre sang. Au moment de l'accident.
Marcus se fige.
— Du GHB, précise le médecin. Vous en avez déjà entendu parler ?
Marcus n'entend plus la suite.
GHB. On lui a versé du GHB. Ce n'était pas un accident.
Sa tête tourne. Sa première pensée va à son père. Pas Richard – son père biologique est loin. Il pense à Charles. À l'empire Vane. Aux concurrents. À tous ceux qui voudraient voir la famille s'effondrer.
— Qui est au courant ? demande-t-il, la voix rauque.
— Personne. J'ai cru bon de vous le dire à vous d'abord.
Marcus serre les poings.
— Mon oncle Charles… il est au courant ?
— Non.
— Et Julian ?
— Non plus.
Marcus se tait. Il réfléchit. Dans son monde, les accidents n'existent pas. Il y a toujours quelqu'un derrière.
Un associé. Un concurrent. Peut-être même quelqu'un de la famille.
Il pense à son père. À Richard. Son propre géniteur, qui n'est jamais là. Qui n'a jamais été là. Et qui hériterait d'une belle part si Marcus disparaissait.
Non, se dit-il. Pas lui. Trop lâche pour ça.
Alors qui ?
Le médecin sort. Il va rédiger son rapport. Il ne sait pas que la veille, Alex a glissé une enveloppe dans sa boîte aux lettres. 10 000 dollars. Pour qu'il parle à Marcus.
Mais pas à la police, a-t-elle précisé. Juste à lui. Qu'il vive avec cette peur. Qu'il soupçonne tout le monde sauf moi.
Marcus ne dort pas cette nuit-là.
Il fixe le plafond. Il passe en revue tous les noms. Tous les ennemis potentiels. Tous les traîtres.
Alex ne traverse même pas son esprit. Pourquoi le ferait-elle ? Une fille douce, discrète, amoureuse de Julian. Une consultante en art sans histoire. Rien. Une ombre.
C'est exactement ce qu'elle veut.
---
Quelques jours plus tard – Newport Beach, 10 janvier.
Sophia rentre plus tard que prévu.
Ses yeux brillent. Elle est surexcitée. Elle tient un carnet à la main.
— J'ai signé ! dit-elle en entrant dans le salon.
— Signé quoi ? demande Eleanor, méfiante.
— Mon contrat avec Marc. On lance la marque ensemble. Il met 200 000 euros. Moi, je mets 50 000.
— 50 000 ? Tu n'as pas 50 000.
— J'ai pioché dans le compte que papa avait mis de côté pour moi.
Eleanor se lève. Sa chaise tombe en arrière.
— Tu as fait quoi ?
— Maman, c'est un investissement. Je vais gagner trois fois plus.
— Sans nous en parler ? Sans consulter un avocat ?
— Marc est mon partenaire. Je lui fais confiance.
Eleanor éclate. Les insultes fusent. Sophia pleure. Charles rentre et se retrouve au milieu de la tempête.
Alex observe depuis l'entrée. Elle est venue chercher Julian. Elle tombe au bon moment.
Elle s'avance doucement.
— Eleanor, dit-elle, peut-être que Sophia a raison. Parfois, il faut saisir sa chance.
Eleanor la regarde, choquée.
— Tu la soutiens, toi ?
— Je la soutiens, elle. Pas son choix. Mais elle a besoin de croire en elle. Pas qu'on l'enfonce.
Sophia lui jette un regard reconnaissant. Eleanor serre les mâchoires.
— Tu es bien naïve, Alexandra. Mais c'est ton problème.
Elle sort de la pièce. Charles la suit.
Sophia se jette au cou d'Alex.
— Merci. Merci. T'es la seule qui me comprenne.
Alex lui rend son étreinte.
— Je serai toujours là pour toi, Sophia. Toujours.
Jusqu'à ta chute, pense-t-elle.
---
Ce soir-là, elle écrit un message au Français via un numéro jetable.
« Elle a pioché dans l'argent de son père. Maintenant, fais-lui signer un papier qui l'engage personnellement. Pour qu'elle soit seule responsable. »
La réponse arrive dix minutes plus tard.
« Elle signera tout ce que je veux. Elle est amoureuse. »
« Amoureuse et bête. Parfait. »
Alex éteint le téléphone. Elle se regarde dans le miroir.
Sophia, tu viens de signer ton arrêt de mort. Tu ne le sais pas encore.
---
Villa des Vane – 12 janvier.
Julian est au téléphone avec son père. Alex écoute, cachée derrière la porte.
— Marcus est devenu paranoïaque, dit Charles. Il pense que quelqu'un a trafiqué sa voiture.
— Il a des preuves ?
— Des traces de GHB dans son sang. Mais ça peut venir d'ailleurs. Il buvait beaucoup, cette nuit-là. Peut-être qu'il s'est lui-même drogué sans le savoir.
— Tu le crois ?
— Je crois qu'il a besoin de se raccrocher à quelque chose. La vérité est trop dure à accepter.
Julian soupire.
— Je vais aller le voir. Le calmer.
— Fais attention à toi, mon fils. Et à Alexandra. Elle est bonne pour toi. Ne la laisse pas partir.
Alex s'éloigne de la porte. Un sourire flotte sur ses lèvres.
Marcus soupçonne, pense-t-elle. Mais il soupçonne les mauvaises personnes. Tant mieux.
Elle sort son téléphone. Elle envoie un message à Ours.
« Marcus a découvert le GHB. Il est paranoïaque. C'est parfait. Mais il ne faut pas qu'il aille trop loin. Accélère le processus. »
« Le Français aussi ? »
« Oui. Sophia doit tomber avant le mariage. Je veux que la famille soit déjà fragilisée quand je deviendrai une Vane. »
« Tu es impitoyable. »
« Merci. »
Newport Beach – 20 février, 21h00.Thomas Whitmore n'a pas quitté son appartement depuis trois jours.Les stores sont tirés. Les bouteilles vides s'accumulent sur la table basse. Les journaux traînent par terre – des titres sur son père, sa mère, son frère. Sa photo, à lui, n'est pas encore dans les journaux. Mais il sait que ce n'est qu'une question de temps.Il se lève. Il titube. Il a besoin d'air. Il a besoin d'oublier.Il enfile un jean, une chemise froissée. Pas de cravate. Il sort sans se raser, sans se coiffer. Il s'en fout.Le bar s'appelle The Black Door. Une porte noire, sans enseigne. Il faut connaître. Thomas connaît. Il y est allé cent fois. Mais jamais comme ça.À l'intérieur, la lumière est rouge, tamisée. Des filles en robe courte se déhanchent sur une piste minuscule. Des hommes d'affaires en costume noient leur solitude dans du whisky trop cher. Thomas s'assoit au comptoir.— Un double Jack, dit-il.— Sans glaçon ? demande le barman.— Sans rien.Il boit cul sec. Il
Newport Beach – 17 février, 3h47.Alex se réveille en sursaut.Sa main cherche la lampe de chevet. Elle la trouve. La lumière est trop vive. Elle cligne des yeux, haletante. Son cœur bat contre ses côtes comme un oiseau en cage.Julian dort à côté d'elle. Il n'a rien entendu. Il ne sait pas.Elle se lève. Ses pieds nus sur le parquet froid. Elle traverse la chambre sans bruit. Dans la salle de bain, elle ferme la porte. Elle s'assoit par terre, le dos contre le mur.Le cauchemar est encore là. Il ne s'efface pas immédiatement. Il reste collé à sa peau, comme une odeur.Elle revoit la corde. Le nœud coulant. Le corps de Clara qui se balance. Ses pieds nus. Ses ongles peints en rose. La lettre, sur son bureau, pliée en quatre.Ses mains tremblent. Elles n'ont pas encore tué personne, ces mains. Elles ont trafiqué des freins, elles ont payé des hommes, elles ont tenu des dossiers compromettants. Mais elles n'ont pas encore pris une vie.Je ne peux pas craquer, se dit-elle. Je n'ai pas le
Newport Beach – 8 février, 23h00.Thomas Whitmore est ivre.Il est affalé sur le canapé de Julian, une bouteille de whisky entre les jambes. Ses yeux sont rouges, gonflés. Il ne pleure plus, il n'en a plus la force. Il fixe le plafond, comme Marcus à l'hôpital. Comme tous ceux qui touchent le fond.Julian est assis en face de lui, gêné. Il n'a jamais vu son ami dans cet état.— Thomas, dit-il doucement. Il faut que tu rentres.— Je peux pas. Mon père est convoqué demain chez le procureur. Ma mère ne parle plus. Nicolas… Nicolas a disparu depuis deux jours.— Disparu ?— Il a dû reprendre de la coke. Quand il est comme ça, on ne le retrouve pas avant qu'il soit en PLS dans un squat.Julian serre les mâchoires. Il ne sait pas quoi dire. Alex est dans la cuisine, dos à eux, elle prépare du café. Elle écoute. Elle savoure.— Tout est tombé d'un coup, continue Thomas. Quelqu'un a balancé des dossiers. Des trucs qui auraient dû rester enterrés.— Tu sais qui ?— Non. Mais je le tuerai. Quan
Newport Beach – 25 janvier, 14h00.Le juge Whitmore habite une maison blanche au bout d'une impasse privée. Grille électrique, caméras, jardinier mexicain qui fait semblant de ne pas voir les allées et venues.Alex ne mettra jamais les pieds là.Elle est dans un café, à vingt kilomètres, un ordinateur portable devant elle. Pas le sien – un modèle jetable acheté cash dans un magasin d'électronique de seconde main. La connexion Wi-Fi est celle du café, ouverte, sans mot de passe. Rien ne peut être relié à elle.Sur l'écran, une cascade de dossiers. Certains sont publics. D'autres non. Ceux qui ne le sont pas, elle les a obtenus par Ours, qui les a obtenus par un contact au greffe du tribunal. Un greffier endetté. Cinquante mille dollars. Une transaction propre, sans nom, sans visage.Le juge Harold Whitmore, 67 ans. Célèbre pour sa sévérité envers les mineurs délinquants. Moins célèbre pour ce qu'il fait dans l'ombre.Alex lit. Elle note. Elle cherche.---Comptes offshore.Le juge Whit
Un mois avant le mariage. Newport Beach – 20 janvier, 22h00.La maison de Julian est calme. Une bouteille de vin rouge ouverte sur la table. Un feu dans la cheminée.Ils sont allongés sur le tapis, face au plafond. Julian a posé sa tête sur l'épaule d'Alex. Il fait tourner l'alliance qu'elle portera bientôt – il l'a glissée à son doigt pour rire, et il n'ose plus l'enlever.— Tu ne vas pas me la voler, si je m'endors ? demande-t-elle en souriant.— Si. Je vais te la voler et te la redemander demain. Comme ça, je t'aurai demandée deux fois.— Tu es idiot.— Je suis amoureux.Il dit ça simplement, sans emphase. Comme une évidence. Alex détourne le regard. Parfois, ces mots-là lui font mal. Pas parce qu'elle hait Julian – elle le hait. Mais parce qu'une partie d'elle, au fond, aurait aimé entendre ça de quelqu'un d'autre. Dans une autre vie.Flashback – Portland, Oregon. Il y a seize ans.L'été. La cour derrière la maison. Alex a douze ans. Clara en a quinze.Elles sont allongées sur l'h
Une semaine après les fiançailles. Villa des Vane – 3 janvier, 19h30.Le dîner est intime. Julian, Alex, Eleanor, Charles. Sophia est absente – « encore avec son Français », a grommelé Charles. Marcus est à l'hôpital, comme chaque soir.Alex observe Charles. Il est fatigué, préoccupé. Pas seulement par l'accident de son neveu.— Des nouvelles de Richard ? demande-t-elle doucement.Charles lève les yeux, surpris qu'elle connaisse ce nom.— Mon frère est reparti à Londres hier. Patricia l'a accompagné.— Ils ne restent pas auprès de Marcus ?Eleanor secoue la tête, amère.— Richard n'a jamais su être père. Il préfère ses affaires. Et Patricia… disons que Marcus a toujours été plus proche de nous que de ses propres parents.— C'est pour ça qu'il a grandi ici, ajoute Julian. Avec moi. Comme un frère.Alex hoche la tête, compatissante.— C'est triste. Mais au moins, il a vous.Ils l'ont abandonné, pense-t-elle. Comme Clara a été abandonnée.---Ce soir-là, elle note dans son carnet : « Mar







