เข้าสู่ระบบLolaLa nuit, dans la petite chambre d’amis de Sephora, est d’un silence absolu. Un silence de campagne qui oppresse, qui alerte. Il n’y a pas le léger ronronnement de la climatisation de l’appartement parisien, ni le souffle régulier de Marc à mes côtés. Juste ce vide sonore, et le tumulte assourdissant dans ma tête.Je me retourne dans le lit étroit, les draps rêche s’enroulant autour de mes jambes. Je les repousse avec irritation. Le gratin et le vin pèsent lourd dans mon estomac, mais c’est autre chose qui me tient éveillée. Une inquiétude profonde, viscérale. Une corde tendue à l’extrême, attachée quelque part à Paris, et qui tire, tire sans relâche.Il n’a pas appelé. Il n’a pas envoyé de message. Rien depuis cette photo énigmatique en gare. Le silence est devenu une présence tangible, étouffante. Est-il furieux ? Indifférent ? A-t-il passé la soirée avec ses parents, subissant leurs questions avec son détachement habituel ? Est-il sorti ? Est-il… seul ?L’image de lui, seul dan
LolaLe dîner est exactement ce qu’elle avait promis : réconfortant, simple, délicieux. Le vin est effectivement « pas dégueu ». On parle. Vraiment. Elle me tire les vers du nez, avec la patience d’une pêcheuse à la ligne.— Alors, ce boulot ? C’est vraiment si passionnant ?— Oui, dis-je, et ce n’est pas un mensonge. C’est intense. Exigeant. Je ne m’ennuie jamais.— Et lui ?La question tombe dans un silence soudain, seulement troublé par le crépitement du bois dans le poêle. Elle me regarde droit dans les yeux, sans hostilité, mais avec une fermeté inébranlable.— Il est… brillant, dis-je, choisissant mes mots avec soin. Il sait exactement ce qu’il veut.— Et toi ? Tu sais ce que tu veux, dans cette histoire ?Je baisse les yeux vers mon verre de vin, le faisant tourner lentement.— C’est compliqué, Sef.— La vie est compliquée. Les relations, normalement, c’est censé être simple. Tu aimes, tu aimes pas. Tu restes, tu pars.— Ce n’est pas une relation normale.— Ça, je m’en suis ren
LolaIl tourne les talons et rentre dans son bureau. Je l’entends marcher, puis plus rien. Je termine de ranger mes affaires, plus lentement que nécessaire. Quand je quitte l’immeuble, je prends la sortie principale. Je ne me cache plus. Je marche sous la fine pluie glacée vers le métro, le collier un poids familier et réconfortant contre ma clavicule. Il ne m’accuse plus. Il me relie.L’appartement est vide, mais son silence n’est plus hostile. Il est habité par son absence à venir. Je me déshabille, laissant la robe anthracite sur le dossier d’une chaise, comme en attente. La douche est chaude, apaisante. Je ne cherche plus à effacer son odeur, seulement à me préparer pour l’autre partie de ma vie.Je m’habille avec soin : le jean usé, le pull bordeaux de Sephora, les baskets. Je me regarde dans le miroir. La femme qui me fait face porte un collier fin et un sourire timide. Elle est un amalgame. Elle est les deux.Je ne laisse pas de mot sur le marbre de la cuisine. Nous nous sommes
LolaLa journée du vendredi est un étau, mais un étau dont les morsures ont été négociées. Le souvenir de la nuit torride flotte encore dans l’air entre nous au petit-déjeuner, palpable, mais il est recouvert d’une couche de pragmatisme.Marc est d’une efficacité glaciale, mais ce n’est plus une punition. C’est la version sobre, professionnelle, de l’homme qui m’a possédée corps et âme quelques heures plus tôt. Les ordres sont brefs, les regards perçants, mais ils ne cherchent plus à punir. Ils vérifient. Ils s’assurent que le cadre tient, même si l’un de ses piliers s’apprête à s’absenter.— Le dossier Lambert est sur ton serveur, dit-il en prenant son café noir, les yeux sur sa tablette. Relis les annexes. Il y a des points de droit à clarifier pour lundi.— Je m’en occupe ce matin.— Bien. La réunion avec la direction Asie est reportée à mardi. Préviens-les avec mes excuses.— Entendu.L’échange est technique, net. Mais sous la surface, il y a autre chose. Une tension différente. H
LolaIl n'embrasse pas tout de suite. Il étudie mon visage, comme s'il voulait graver dans sa mémoire l'expression qu'il y a mise : les yeux brillants, les lèvres entrouvertes, la capitulation mêlée d'attente.— Dis-le, ordonne-t-il, sa voix un velours râpeux sur ma peau.— Quoi ?— Que tu es à moi. Seulement à moi. Pour cette nuit.Les mots se coincent dans ma gorge. C'est la vérité, mais la formuler à voix haute, c'est sceller un pacte. C'est donner une voix à l'abandon.Ses doigts resserrent imperceptiblement leur prise.— Dis-le, Lola.— Je suis à toi, je souffle, les mots m'échappant dans un soupir. Seulement à toi et tu le sais bien...tu le sais....La satisfaction qui illumine son regard est primitive, absolue. Alors seulement, il abaisse sa bouche sur la mienne.Ce n'est pas un baiser. C'est une prise de possession.Il est avide, profond, sauvage. Il goûte le vin sur mes lèvres, le chocolat, et quelque chose de plus essentiel : ma soumission. Sa langue force l'entrée, exploran
LolaUn léger sourire, le premier de la soirée, effleure ses lèvres. Il est satisfait. Non pas de ma confusion, mais de ma lucidité.— C’est exact. Je ne t’ai pas transformée. J’ai… révélé. Poli. Dirigé. Ce qui était en toi, ce formidable potentiel, cette discipline latente, cette capacité à te soumettre à une volonté plus forte pour t’élever toi-même.Il dit cela sur le même ton qu’il commenterait un rapport financier, mais chaque mot est un coup de pinceau sur le portrait de ce que nous sommes.— Et le reste ? demande-je, plus bas. La partie qui a envie de rire avec son amie en mangeant des frites grasses ? La partie qui a peur d’avoir tout perdu pour un… pour un dossier qui s’appelle Marc Delacroix ?Il ne se formalise pas de la citation. Il incline la tête.— Le reste n’a pas disparu. Il est en sommeil. Ou plutôt, il est mis de côté. Par choix. Ton choix. Tu choisis, chaque matin, de mettre cette robe anthracite. Tu choisis, chaque jour, de porter ce collier. Tu choisis, à l’insta







