Le car roule dans la nuit, silencieux comme un navire fendant l'obscurité. La plupart des passagers dorment, bercés par le ronronnement du moteur. Anna, elle, ne dort pas. Elle est éveillée, les yeux grands ouverts sur le plafond incliné du véhicule, le corps tendu par une angoisse sourde qu'elle ne s'explique pas.Cela fait maintenant plusieurs heures qu'elle est partie. La ville, sa maison, Christopher, tout s'estompe derrière elle. Mais à mesure que les kilomètres défilent, une étrange sensation s'insinue dans son corps. Une lourdeur dans les jambes, un voile devant les yeux, un goût métallique dans la bouche.Elle respire profondément, espérant chasser ce malaise. Mais il persiste, s'accroche à elle comme une ombre. Elle pose une main sur son ventre, instinctivement. La nausée monte, vague après vague. Elle ferme les yeux, se concentre sur sa respiration.– Ça va aller, murmure-t-elle pour elle-même. Ce n'est que le stress. Ce n'est que le chagrin.Elle voudrait y croire.
آخر تحديث : 2026-08-28 اقرأ المزيد