STÉRILITÉ PARTAGÉE
Leïla
Parfois, la nuit, je me réveille en sursaut. Trois heures du matin, l'heure des fantômes, l'heure où les angoisses sortent de leur tanière et viennent rôder autour du lit. Le silence de la maison est tel qu'on pourrait y entendre une aiguille tomber, et pourtant mes pensées font un vacarme assourdissant. Hicham dort à côté de moi, sa respiration lente et régulière, sa main posée sur mon ventre, cette main immense qui couvre tout. Il dort d'un sommeil profond, confiant, sans rêves, le sommeil du juste. Moi, je fixe le plafond, les yeux grands ouverts dans le noir, mon cœur qui bat trop vite contre mes côtes, mes pensées qui s'emballent comme un cheval emballé.