STÉRILITÉ PARTAGÉE
Leïla
Un besoin viscéral me prend. Meubler. Remplir. Combattre le vide glacé de ces murs lisses avec des objets, des couleurs, des odeurs qui seront miennes. Même si c’est une illusion. Même si tout, ici, lui appartient. Il faut des coussins, des tapis, des plantes vertes qui retiendront un peu de l’air que nous expirons. Il faut de la nourriture qui ne soit pas choisie par sa cuisinière, des épices dont le parfum chassera celui, aseptisé, du neuf.