로그인POV de Elena
J'ai tenté de me hisser sur la pointe des pieds pour lui arracher mon téléphone. Mais Damon est un colosse. Il a levé le bras d'un air nonchalant, s'amusant de mes tentatives désespérées.
Dans la précipitation, mon corps a fini par s'écraser contre le sien. Je ne luttais plus, j'étais littéralement suspendue à lui.
Damon a baissé les yeux vers moi, un sourire en coin étirant ses lèvres. Son regard était un mélange de provocation et d'une tendresse sombre, presque possessive.
— Damon !
Mon sang s'est glacé. Sous mes yeux, son pouce a glissé sur l'icône verte.
Il avait décroché.
— Ah, j'oubliais, a résonné la voix de Julian via le haut-parleur. La parure de diamants de chez Cartier dans ton coffre... Elle lui plaisait, alors je lui ai donnée.
Damon a activé le haut-parleur et a approché l'appareil de mon visage, son bras toujours verrouillé autour de ma taille.
— Tu as entendu ? a-t-il murmuré.
Je suis restée de marbre.
J'essayais justement de trouver un moyen de me débarrasser de ces bijoux ; Julian venait de me rendre service.
Soudain, une voix jeune s'est élevée à l'autre bout du fil :
— Bébé, c'est qui ? — Personne, chérie. Juste mon assistant pour mes dossiers de demain...Damon a coupé l'appel d'un coup sec.
— Elena, tu es une sainte ou quoi ? Tu es sa femme légitime, et il te traite comme une figurante. À quel point tu l'aimes pour accepter ça ?
Je me suis dégagée de son étreinte sans un mot. Mais sa voix m'a rattrapée, froide comme une sentence :
— Je te donne sept jours, Elena. sept jours pour demander le divorce. Si tu ne le fais pas, je m'en occuperai moi-même.---
Le lendemain, un bruit en bas m'a tirée de mon sommeil. Julian était en cuisine, en train de faire griller des toasts et de pocher des œufs. Un air de mari idéal. Candy, sa petite maîtresse, s'est glissée derrière lui dans une de mes chemises d'homme.— Allez, fais-les coulant, bébé.
— Tout ce que tu veux, ma puce, a-t-il répondu d'une voix mielleuse.Un souvenir m'a frappée. À l'époque où on n'avait rien, Julian se démenait pour me préparer des petits-déjeuners miteux. Aujourd'hui, il recyclait ses gestes romantiques pour une gamine. Le cœur n'y était plus.
Je suis descendue avec une bassine d'eau glacée. Sans un mot, j'ai tout balancé sur eux en plein milieu de leur brunch. Les toasts ont volé, la porcelaine a trinqué. La gamine a hurlé. Julian a bondi, furieux.
— T'es malade ou quoi ?!
— Fais-la se lever. Je veux voir sa tête.
Julian s'est interposé.
— C'est inutile. Tu lui fais peur.— Tu avais promis de ne jamais ramener tes traînées dans cette villa, Julian. C'est moi qui ai décoré chaque pièce ici.
Il a eu l'air déstabilisé.
— On passait juste prendre un dossier... Elle avait faim... Je croyais que tu étais au bureau.— Je ne vais pas faire de scène, ai-je dit calmement. Mais puisque tu l'as ramenée ici pour m'insulter, il va falloir payer. Soit c'est toi qui prends, soit c'est elle. Une baffe, et on oublie l'incident.
— Elena, ne commence pas—
— J'ai plusieurs appartements à mon nom, Julian. Si je les mets en vente aujourd'hui, imagine les rumeurs sur ta boîte juste avant l'entrée en Bourse. "La femme du PDG brade ses actifs"... Ça va plaire aux banquiers ?
Julian a pesé le pour et le contre. Son ambition a gagné.
Claque !
Une marque rouge a zébré la joue de la gamine. Elle est restée figée, les larmes aux yeux, incapable de croire que son "héros" l'avait vendue pour sauver ses actions.
— Sortez maintenant, ai-je lâché. Tu me dégoutes .
Julian, le visage sombre, a entraîné la fille vers la sortie.
— Je rentra tard, ne m’attends pas.Il était plus de onze heures quand Julian est enfin rentré.
Veste de costume sur le bras, l’air de rien, comme si rien ne s’était passé ce matin.J'étais en train de lire quand Julian est entré dans ma chambre. Il a balancé son téléphone sur le lit avant de s'enfermer dans la salle de bain.
Soudain, l'écran de son téléphone s'est allumé.
« Bébé, tu m'as promis de ne pas la toucher ce soir. Tiens ta parole ou je ne te parle plus. »
Je me suis détournée.
Quelques minutes plus tard, Julian est sorti, une simple serviette nouée autour de la taille. J'ai remarqué la marque pourpre, profonde, à la base de son cou.
Un suçon, comme un trophée.
Il a suivi mon regard et a eu un petit rire provocateur.
— Elle était furieuse aujourd'hui. J'ai mis des heures à la calmer. Elle sait que je dors avec toi ce soir, alors elle a marqué son territoire.Je l'ai fixé, le dégoût me montant à la gorge.
— Julian... tu me traites comme moins que rien. Tu penses vraiment que je ne partirai jamais ?Il a marqué un temps d'arrêt, les sourcils froncés. Un éclair d'inquiétude a traversé ses yeux, vite balayé par son arrogance habituelle.
— Elena, arrête. On est ensemble depuis toujours. Ma famille t'a recueillie quand tu n'avais plus rien. Tu ne vas nulle part. C'est comme ça que ça marche dans notre milieu. Tous les hommes influents ont des liaisons. Avant, ils se foutaient de ma gueule parce que j'étais trop sérieux. Maintenant, ils m'envient tous.Ils l'enviaient ? Bien sûr. La femme parfaite à la maison qui ne dit rien, et la maîtresse de vingt ans dehors. Le rêve de tout lâche.
— Ah bon ?
Il a jeté sa serviette et s'est approché de moi avec un sourire mielleux.
— Écoute, j'ai déconné ces derniers temps, je sais. Je ne la laisserai plus te provoquer. Tu resteras toujours ma femme, celle que j'aime. Je viendrai dormir à la maison trois soirs par semaine, ça te va ?Il est allé vers le dressing et en a sorti une nuisette en dentelle noire transparente. Il me l'a tendue.
— Elena. Tu est une partie importante de ma vie, je ne peux pas me passer de toi. Les autres, c'est juste pour amuser. Mais à la fin, c'est chez toi que je reviens. Mets ça, ce soir je—J'ai arraché la nuisette de ses mains pour la jeter au sol.
— Ne me confonds pas avec tes traînées, Julian.Je me suis enfermée dans la salle de bain.
J’ai claqué la porte derrière moi. Le dos collé contre le battant, après des secondes, j’ai finalement repris mon souffle.
Quand j’ai levé les yeux vers le miroir, j’ai eu du mal à me reconnaître. J’avais les yeux rouges, les cheveux en désordre, le visage pâle et les lèvres qui tremblaient légèrement.
C'est qui, cette foulle ?
Mes doigts tremblaient tellement que je me suis agrippée au bord du lavabo pour ne pas tomber. Chaque respiration était douloureuse, comme si un poids énorme m’écrasait. Mon cœur battait à tout rompre, mes tempes pulsaient, et je sentais le sang me monter à la tête.
Pourquoi ? Pourquoi est-ce que ça en est arrivé là ?
J’ai serré les dents de toutes mes forces pour ne pas pleurer, mais les larmes ont quand même fini par couler, une par une, sur le marbre.
Julian, cet homme que j'ai aimé depuis 10 ans, pourquoi il est devenu un monstre ? Il m’a trompée sans aucun scrupule… et maintenant il veut que je mette cette lingerie ridicule pour coucher avec lui ? Comme si j’étais un objet jetable, un jouet qu’on utilise quand on en a envie ?
La colère, l’humiliation, la douleur… tout se mélangeait en moi, il m’avait vidée de toute dignité. J’avais tant donné, tant aimé… et voilà ce qu’il me restait.
Soudain, son téléphone a vibré.
— Damon ?Damon était son "pote", mais ils ne jouaient pas dans la même cour. Les Damon appartenaient au top 100 mondial. Un mot de sa part et la fortune de Julian doublait. Il ne pouvait pas rater ça.
— Tu dors ?
— Non. Pourquoi ? — Elena est là aussi ? — Ouais. Un problème ? — Non. C'est juste que je dîne avec des pontes de la Commission des Marchés Financiers. On parlait de ton entrée en Bourse. Je pensais te les présenter, mais si tu es occupé...Julian a bondi sur ses pieds.
— J'arrive ! Envoie-moi l'adresse, Damon. Je suis là dans vingt minutes.— Ok. Fais vite.
Julian a enfilé ses fringues à toute vitesse, les yeux brillants d'excitation.
— Elena. Je ne rentre pas ce soir ! a-t-il crié avant de dévaler les escaliers.
Dans la salle de bain, j'ai entendu la porte claquer.
Une fois qu'il était parti, j'ai pris mon téléphone pour envoyer un message : « Plan annulé pour ce soir. »
« Reçu», a répondu mon contact.POV de DamonUn mec comme Pierre Montaigu ne s’effondre pas parce qu’on lui montre trois papiers dans un parloir. Le premier jour, quand on est allés le voir à la Santé avec Adrien, le vieux singe a souri. Il s’est assis lourdement sur sa chaise en métal, a lissé sa combinaison orange comme s’il s’agissait d’un costume trois pièces, et nous a regardés de haut avec ses petits yeux de rapace.— « Vous croyez vraiment m'impressionner avec vos méthodes de voyous, Lambert ? » avait-il lâché dans un rictus méprisant, en posant ses mains menottées sur la table. « Et toi, Valois... ton père doit bien rigoler. Mon cabinet d'avocats va transformer votre dossier en confettis d’ici quarante-huit heures. Vous n'avez rien. Un hangar pourri, des témoignages de sous-fifres payés pour mentir, et les délires d'une gamine hystérique qui ne s'est jamais remise du suicide de son raté de père. Je serai dehors avant la fin de la semaine. »J’avais senti le sang me monter à la tête. J'allais sauter par-dessu
POV de DamonLes gyrophares des flics me filaient la gerbe, à tourner comme ça sur les murs pourris du hangar. Le batard qui avait touché à Elena venait d’être balancé dans le fourgon, menotté, la gueule en chou-fleur.Adrien a raccroché son portable, le visage fermé, et s’est approché de moi.— « C’est bon, Lambert. Mon père a appelé la taule. Le mec est au trou, à l’isolement total. S’il veut se suicider pour couvrir son boss, c’est raté. On va le faire cracher. »J’ai juste fait un signe de tête en essuyant mes poings pleins de sang. Rien à foutre de ce déchet. Tout ce qui comptait pour moi était déjà dans l’ambulance.Elena refusait de lâcher Renzo. Elle serrait sa veste en cuir pleine de sang comme une folle. Quand j’ai voulu la prendre par le bras pour la foutre dans ma bagnole, elle m'a dégagé direct, les yeux rouges, en plein délire.— « Laisse-moi, Damon ! Je pars avec lui ! »— « Elena, sois pas conne. Mes hommes suivent l’ambulance de toute façon », j'ai dit, la voix serrée
POV de ElenaL’obscurité sous ce foutu tissu noir me coupait le souffle. Mes poignets, cisaillés par les liens en nylon derrière la chaise, étaient déjà engourdis. Son souffle fétide sur mon visage avant qu'il n'attrape mes cheveux pour me secouer la tête en arrière.— « Regarde-toi, Elena », a-t-il ricané, sa voix suant le mépris. « Vivre une belle vie mais toujours veux faire la même connerie que ton père. Bernard était une pauvre merde. Tel père, telle fille. »La rage m'a brûlé la gorge. — « Ferme-la ! Ferme-la, t'as aucun droit de parler de lui ! »— « Oh, si, j'ai tous les droits », a-t-il balancé en éclatant d'un rire dégueulasse. « Si tu savais comment il a chialé dans ce bureau... "S'il vous plaît, ne touchez pas à ma fille, prenez tout mais laissez Elena !" Un vrai chien de salon. Il rampait à genoux, une vraie loque. Pas foutu de s'aligner sur les vrais patrons de la finance, mais ça voulait jouer les héros pour sa petite famille. Pathétique. »Deux autres types, ses compl
POV de Damon20 h 15. Le couloir de l'hôtel était d'un calme de cimetière. Les deux gars de l'équipe de nuit étaient postés devant la suite, le dos droit, vigilants.— « Rien à signaler, Boss. Elle est dans la chambre depuis la fin de l'après-midi. On entend la douche tourner. »J'ai simplement hoché la tête en passant ma carte dans la fente de la porte. J'avais passé une journée exécrable entre la brigade financière qui s'enlisait et les avocats de Pierre de Montaigu qui bloquaient chaque procédure. Venir dîner avec Elena était la seule perspective potable de ma soirée.Le son feutré d'une playlist de jazz flottait dans l'air. Une odeur de vapeur d'eau s'échappait de la salle de bain. Le plateau du room service attendait, intact.— « Elena ? » j'ai appelé. « Le dîner est là. »Le bruit de l'eau contre le carrelage a été ma seule réponse. J'ai sorti mon téléphone pour parcourir les derniers rapports de mes avocats. Dix minutes sont passées. Puis vingt.À 20 h 45, Elena ne passait jam
POV de ElenaCela faisait trois jours que j'étais consignée dans cette suite transformée en poste de sécurité par Damon. À la porte, quatre de ses hommes se relayaient pour filtrer les accès. Sur l'écran de ma tablette, je suivais en boucle les flashs infos : l'arrestation de Pierre de Montaigu à l'héliport faisait la une de la presse économique, mais la situation restait d'une opacité totale.Damon m'avait appelée en fin d'après-midi pour me briefer, la voix plus tendue que d'habitude. Les nouvelles n'étaient pas bonnes. Pierre faisait bloc avec ses avocats, niant l'existence du compte et criant au complot industriel. Pire, les ramifications politiques du dossier commençaient à paralyser la brigade financière. On était dans l'œil du cyclone, au moment le plus instable de l'affaire. La justice patinait, les pressions d'en haut bloquaient les mandats, et la vérité sur la mort de mon père semblait s'éloigner à mesure que les heures passaient. Alors que l'incertitude me rongeait l'esto
POV d Adrien21 h 30. Le bloc opératoire numéro 4 venait enfin de s’éteindre. J’ai arraché mon calot de chirurgie, le balançant dans le bac à linge stérile, les muscles de la nuque complètement tétanisés après sept heures d'operation. C'est dans la salle de garde, mon téléphone pro s'est mis à vibrer sur le plan de travail.Damon Lambert.— « Accouche, Lambert. J'ai pas ton temps. »— « Toujours aussi aimable, Valois », a répondu Damon, ce ton calme et supérieur qui me donnait instantanément des envies de cogner. « Pierre de Montaigu dort au bastion depuis hier soir. Mes équipes ont déjà balancé l'intégralité du clonage de son disque au parquet financier dans la foulée. »J'ai pressé le téléphone contre mon oreille, un sourire sans chaleur aux lèvres :— « Et tu m'appelles pour que je te félicite ? »— « Ça fait quatorze heures que mes avocats et les flics essaient de le faire craquer. Rien. Le vieux ne dit pas un mot, il sourit. Ses avocats rejettent la validité de la preuve numériq
POV de ElenaJe me débattais, mais Damon était un mur de muscles. Julian était juste là-haut ; s'il descendait et nous surprenait, tout mon plan s'effondrait avant même d'avoir commencé.Damon, lui, semblait savourer ma panique. Un sourire provocateur étirait ses lèvres. — Et s'il nous voyait ? Ce
POV de ElenaQuand je suis rentrée à la villa, Julian n'était toujours pas là. Je sortais de la douche quand Rose, ma belle-mère, est assise dans le salon, en pleine partie de Bridge avec ses amies.— Ah, voilà la princesse ! a-t-elle ricané en jetant une carte sur la table. Si tu n'as pas envie de
POV de ElenaUne fois dehors de club, je levai les yeux vers la fenêtre éclairée. Sans une once d'hésitation, je composai le numéro des paparazzi.— Allô ? Un gros bonnet est en train de faire un truc vraiment pas clean ici… Ramène-toi tout de suite, il y a une belle surprise !Damon affichait un so
POV de ElenaUne nuit d'orage. Classique.Le monde défilait derrière la vitre teintée de la berline, flou et sombre. À côté de moi, Julian, l'homme que j'avais épousé, roucoulait au téléphone avec sa dernière conquête en date. Il ne prenait même plus la peine de baisser la voix.— Mais non, bébé. J







