LOGIN~ VITTORIA ~
Un bruit sourd provenant du bureau de Simone a fait régner un silence de mort dans toute la pièce, attirant mon attention ainsi que celle de Roman vers la porte. Un autre fracas a suivi, incitant Yara à nous rejoindre. « Je crois qu'ils se battent », a-t-elle déclaré, comme si ce n'était pas déjà assez évident. Tous les Argentero présents dans la pièce fixaient les membres de notre famille, et avant qu'on ne comprenne ce qui arrivait, certains d'entre eux ont commencé à reposer leurs verres. Roman n'avait toujours pas bougé et je restais coincée sous son emprise, incapable de me lever ou de faire quoi que ce soit. Un autre choc a retenti, suivi du bruit de quelque chose qui volait en éclats. Roman a soupiré en me regardant à nouveau. « Il a fallu qu'ils gâchent tout. C'était pourtant bien parti. » Il s'est redressé. « Autant aller jeter un coup d'œil pour éviter un bain de sang, non ? » a-t-il lancé avant de se diriger, sans attendre de réponse, vers la pièce où ils se trouvaient. « Vous allez bien, Ma’am ? » a demandé Nicola. J'ai hoché la tête tout en faisant signe aux soldatos de se tenir prêts au cas où la situation tournerait au vinaigre. « Je te l'avais dit que ça ne se terminerait pas dans la calme », a lâché une voix à côté de moi. J'ai tourné la tête pour voir Cleto empocher une liasse de billets tendue par North, sous les rires de Diego. Je n'avais même pas remarqué leur présence depuis le début. J'espérais seulement qu'ils n'avaient pas entendu ce que ce maudit Roman Argentero venait de débiter. « Tu as juste eu de la veine, klepto », a marmonné North avec un léger sourire, glissant les dernières coupures dans la main tendue de Cleto. Yara s'est laissée glisser à mes côtés sur le canapé et, même si elle s'efforçait de n'en rien laisser paraître, elle était visiblement secouée. Plus aucun bruit ne filtrait de la pièce depuis que Roman y avait pénétré. Je suis restée immobile, observant chaque Argentero du regard. Au milieu de cette tension palpable et de ce chaos latent, une pensée m'a traversé l'esprit : Isabelle s'était peut-être assise exactement à cette même place, et elle avait sans doute rencontré tous ces gens avant moi. La pensée de la solitude qu'elle avait dû éprouver ici m'a serré le cœur. J'ai enfoncé mes ongles dans l'accoudoir en crispant les dents. Si ce mariage devait me servir à quelque chose, ce serait au moins à découvir les raisons de sa mort et à obtenir les réponses dont j'avais besoin. Et j'allais le faire pour moi, pour elle et pour ma mère, quoi qu'il m'en coûte. La porte s'est enfin ouverte. Robert et l'oncle Quinto sont sortis les premiers, suivis de quelques Argentero, puis de Roman, Tiziano et Simone. Leurs visages étaient parfaitement impassibles, mais j'étais convaincue que peu importe ce qui avait été décidé là-dedans, l'oncle Quinto n'y était pas favorable. Simone a esquissé un rire forcé en agitant la main. « Bonne nouvelle, tout le monde ! La date du mariage est fixée. » * * * Debout devant le miroir, alors que les cloches de l'église tintaient doucement au loin, la réalité m'a rattrapée : j'allais bel et bien me marier. Me marier parce que ce cupide Tiziano y voyait une excellente opportunité commerciale pour fusionner nos territoires et développer ses affaires, sans se soucier un seul instant de ce que pouvait désirer sa propre fille. Et comme si cela ne suffisait pas, j'épousais un homme que je détestais au plus haut point et dont je ne savais presque rien. La douce tentation de l'étriquer sur l'autel dans un accès de rage me traversait l'esprit avec une force inouïe, et il me fallait puiser dans les retranchements de mon âme pour garder mon calme. Cela ne m'a pas empêchée pour autant de glisser un petit canif dans mon gant montant. Après tout, qui savait ce qui pouvait arriver une fois là-bas ? Yara et Nicola étaient dans la pièce avec moi pour jouer les demoiselles d'honneur, accompagnées de la maîtresse de Robert qui ne manquait pas une occasion de l'ouvrir. Ma pauvre vie sociale crevait les yeux : je n'avais personne d'autre à inviter ou à placer à mes côtés. Mais peu importait. Ce n'était pas franchement le plus beau jour de ma vie, de toute façon. « En temps normal, je ne peux pas te encadrer, mais tu es absolument sublime aujourd'hui », a déclaré Yara en croisant ses longues jambes. « C'est la chose la plus gentille que tu m'aies dite depuis des lustres », ai-je répondu d'un ton plat en attrapant mon téléphone pour vérifier l'heure. « Ta gueule », a-t-elle répliqué, me faisant ricaner. Tout s'est enchaîné à une vitesse folle. Avant même que je m'en rende compte, je remontais l'allée centrale tandis que Roman m'attendait aux côtés du prêtre et de ses témoins, tiré à quatre épingles dans son smoking noir corbeau et sa chemise assortie. Il avait de la gueule, il fallait bien le lui accorder, mais ce sourire en coin arrogant planté sur ses lèvres m'insupportait au plus haut point. Je ne comptais pas faire semblant d'être heureuse en avançant vers l'autel. Avec l'imposante famille Argentero d'un côté et notre poignée de Bellucci de l'autre, l'atmosphère restait lourde de tensions. Ceux qui affichaient une mine réjouie jouaient probablement la comédie, et la mâchoire crispée de Simone lorsque je suis passée à sa hauteur ne m'a pas échappée. « Pour un jour censé être l'un des plus beaux de ta vie, tu n'as pas l'air bien ravie », m'a murmuré Roman à l'oreille dès qu'il m'a pris la main. « Tu es magnifique, soit dit en passant. » « Mon visage reflète exactement ce que je ressens, et je n'ai aucunement l'intention de jouer la comédie comme vous tous », ai-je répliqué sèchement. Il m'a adressé un large sourire et j'ai levé les yeux au ciel alors que nous nous faisions face. « Si tu n'effaces pas ce sourire stupide de ton visage, ton sang va bientôt couler sur les marches de cet autel », ai-je menacé à voix basse en me penchant vers lui. Son sourire s'est élargi de plus belle, me poussant un peu plus à bout. « Le mieux que tu puisses faire le jour de ton mariage, c'est d'éviter de finir veuve, poupée. » « Ne m'appelle pas comme ça, bordel », ai-je sifflé. « On dirait que nos mariés sont tellement épris l'un de l'autre qu'ils ne peuvent plus se détacher », a plaisanté le prêtre. J'ai levé les yeux au ciel en entendant sa grande famille éclater de rire, certains allant même jusqu'à applaudir. Étrangement, l'ambiance semblait moins pesante qu'un peu plus tôt. Et cela me rendait folle. De l'amour ? Et puis quoi encore ? Comment pourrais-je aimer qui que ce soit dans cette famille, ou seulement commencer à en apprécier un seul, alors que j'étais convaincue qu'un bon nombre d'entre eux avait trempé dans la mort d'Isabelle ou savait pertinemment qui l'avait tuée ? Quant à Roman, s'il continuait sur sa lancée, je n'hésiterais pas une seconde à déverser toute ma rage sur lui et à le faire passer de vie à trépas. Après tout, cela ne me coûterait que ma propre peau si je me faisais prendre. La cérémonie s'est poursuivie lentement, entrecoupée de quelques discours hypocrites. Bientôt, nous avons échangé nos vœux et nos alliances, juste avant que le prêtre ne nous autorise enfin à nous embrasser. Il m'a adressé un clin d'œil. « Je te l'avais dit que tu habiterais bientôt sous mon toit. » J'ai glissé lentement ma main vers le couteau dissimulé dans mon gant, sans jamais quitter son regard des miens, tout en lui offrant un sourire radieux pour réduire l'espace qui nous séparait. Peut-être qu'une petite menace de ma part était exactement ce dont il avait besoin pour cesser son manège. Peut-être ? Je l'ai enlacé, mes bras enserrant son cou pour positionner ma lame directement sur son artère carotide. Un geste net, et c'en était fini de lui. « Ose me provoquer une seule fois de plus, et tu verras si je ne tiens pas parole », lui ai-je murmuré à l'oreille d'un ton mielleux. « Mmmh. Ma poupée est si impulsive. Ça te rend encore plus sexy, franchement. Je suis complètement fou de toi », a-t-il répondu en nouant ses bras autour de ma taille pour me plaquer contre lui. Cet homme n'avait-il donc aucune conscience du danger ? Ne se doutait-il pas une seconde que j'étais parfaitement capable de passer à l'acte ? C'est alors qu'un coup de feu a retenti dans l'enceinte de l'église, captant toute notre attention et déclenchant une vague de hurlements. Des hommes masqués, vêtus tout de noir, se tenaient au fond de la nef, juste au niveau de l'allée que je venais d'arpenter quelques minutes plus tôt, des armes à la main. Ils ont tiré une seconde fois et le prêtre s'est effondré au sol à nos côtés. Dans la panique, tout le monde a commencé à dégainer armes et couteaux pour chercher un abri à hâte. « À terre ! » s'est écrié Roman en me plaquant au sol tout en dégainant son flingue.~ VITTORIA ~Un bruit sourd provenant du bureau de Simone a fait régner un silence de mort dans toute la pièce, attirant mon attention ainsi que celle de Roman vers la porte. Un autre fracas a suivi, incitant Yara à nous rejoindre.« Je crois qu'ils se battent », a-t-elle déclaré, comme si ce n'était pas déjà assez évident.Tous les Argentero présents dans la pièce fixaient les membres de notre famille, et avant qu'on ne comprenne ce qui arrivait, certains d'entre eux ont commencé à reposer leurs verres. Roman n'avait toujours pas bougé et je restais coincée sous son emprise, incapable de me lever ou de faire quoi que ce soit.Un autre choc a retenti, suivi du bruit de quelque chose qui volait en éclats.Roman a soupiré en me regardant à nouveau. « Il a fallu qu'ils gâchent tout. C'était pourtant bien parti. » Il s'est redressé. « Autant aller jeter un coup d'œil pour éviter un bain de sang, non ? » a-t-il lancé avant de se diriger, sans attendre de réponse, vers la pièce où ils
~ VITTORIA ~Trois, deux, un.La porte s'est ouverte. Puis elle m'a immédiatement été claquée au nez. « Va-t'en », a lancé Yara, ma cousine, depuis l'autre côté.« Toujours un plaisir de te voir, Yara », ai-je répliqué, la voix suintant le sarcasme.La porte s'est à nouveau ouverte et elle s'est tenue devant moi, me toisant avec dégoût. « Vu la fréquence à laquelle tu viens dans cette maison, on pourrait croire qu'on partage le même père. »« J'aimerais pouvoir dire le contraire. Sauf qu'être ta sœur est mon pire cauchemar. »« Touché », a-t-elle commenté en se retournant pour s'avancer d'un pas altier dans la maison, tandis que je la suivais.« Où est mon oncle ? » ai-je demandé en la regardant s'installer sur un tabouret au bar de leur demeure. Quelques dossiers papier traînaient à côté d'elle, ainsi qu'un ordinateur portable allumé.Elle a levé les yeux au ciel. « Dans son bureau, évidemment. Où veux-tu qu'il soit ? »« Au moins, tu sers à quelque chose », ai-je lâché en m
~ ROMAN ~J'ai écarté les jambes et j'ai enfoncé la tête de la fille sur mon membre étide, la faisant buter contre le fond de sa gorge. Elle a eu un réflexe de vomissement et j'ai empoigné ses cheveux, répétant le même mouvement. Elle a tout encaissé comme la gentille fille qu'elle était, étouffant un haut-le-cœur avant de me sucer.« Tu te débrouilles mieux aujourd'hui, Jes », ai-je dit, et elle m'a jeté un regard qui m'a immédiatement fait comprendre qu'elle ne s'appelait absolument pas Jes. J'ai ricané en la laissant continuer à me faire jouir, sans dire un mot.Gardant sa chevelure empoignée, j'ai redressé sa tête, la faisant grimacer de douleur tandis que je me levais. Elle était toujours à genoux devant moi, mais je la maintenais relevée par les cheveux pour qu'elle me regarde. « Ça ne t'a pas plu, Blonde ? » lui ai-je demandé en penchant la tête sur le côté. Elle s'est léché les lèvres et a poussé un petit rire étouffé.Elle était défoncée comme jamais.« Je m'appelle Grac
~ VITTORIA ~'Présent'« À quoi tu pensais, espèce de salope ?! Aller poignarder un Argentero ?! »J'avais l'habitude qu'il me traite de salope. Je pourrais presque parier qu'il lui arrivait d'oublier mon prénom pour de bon.Et quand j'y pensais, comment une salope était-elle censée se comporter ? Exactement comme telle.Comme une garce.J'ai levé les yeux au ciel face à mon père, Tiziano, sachant que cela allait l'énerver encore plus qu'il ne l'était déjà. J'ai détaché ma main de mes jambes croisées et j'ai observé mes ongles d'un air ennuyé. S'il savait seulement pour moi et Roman Argentero, il m'aurait été reconnaissant d'avoir au moins tenté de lui infliger la plus petite des douleurs.« Tu essaies de déclencher une guerre, Vittoria ?!! » a-t-il hurlé à mon oreille, menaçant légèrement la santé de mes tympans.C'était une agréable surprise.J'ai ricané. « Un point pour avoir prononcé mon prénom. Qui sait, avant la fin de l'année, tu en auras peut-être gagné un de plus. »
~ VITTORIA ~'Il y a deux jours'Un, me faire abîmer mes chaussures Yara ou Vos Nadia qui coûtent une blindée.Deux, voir une crapule rater un marché.C’étaient les deux seules choses qui avaient le don de me faire monter la pression à une vitesse folle. Et ça ne manquait jamais de me faire passer d'une humeur massacrante à une rage folle en une fraction de seconde.Aucune de ces deux raisons n'était moins énervante que l'autre. Alors, chance ou pas, c'était le deuxième problème qui se posait pour le moment.« Démarre la voiture tout de suite et ne me fais pas perdre mon putain de temps, bordel de merde ! » me suis-je emportée en doublant le pas à la sortie du casino.« Ma’am, il est dans le sud de Brooklyn en ce moment même, sur le territoire Argentero », a rapporté Nicola, mon bras droit, en accélérant pour se mettre à ma hauteur.« Je t'ai demandé ton avis ? » ai-je craché en me tournant pour la fusiller du regard.« Non, Ma’am. »« Et j'ai l'air d'en avoir quelque chose







