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L’enfant de mon  bodyguard
L’enfant de mon bodyguard
ผู้แต่ง: Roman

Chapitre 1

ผู้เขียน: Roman
last update วันที่เผยแพร่: 2026-09-05 21:25:32

Chapitre 1

Amelia

Je déteste cette pièce.

Les murs sont trop hauts, les rideaux trop lourds, et l'odeur du cuir qui imprègne le bureau de mon père me donne la nausée. Tout ici respire le pouvoir, le contrôle, l'étouffement. Je me tiens près de la fenêtre, les bras croisés, fixant le jardin parfaitement entretenu comme si ma vie en dépendait. Peut-être parce que c'est le seul endroit où je peux encore faire semblant de respirer.

La porte s'ouvre derrière moi.

Je ne me retourne pas immédiatement. Je refuse de lui offrir cette satisfaction. Mon père parle déjà, sa voix grave et autoritaire, cette voix qui ne demande jamais, qui ordonne.

— Amelia, voici Noah. Il sera ton garde du corps à partir d'aujourd'hui.

Je pivote lentement, mes talons cliquetant sur le marbre. C'est un jeu, toujours un jeu. Paraître froide, détachée, même quand mon cœur s'affole et que mes paumes deviennent moites. Je relève le menton.

Il est grand. Trop grand. Ses épaules larges remplissent l'embrasure de la porte comme une menace silencieuse. Ses cheveux sombres sont coupés courts, sa mâchoire est serrée, et ses yeux... Ses yeux sont d'un gris acier qui me transperce sans effort. Il ne me regarde pas comme les autres. Il ne me regarde pas avec admiration, ni avec peur, ni avec ce désir maladroit que je vois chez tant d'hommes. Il me regarde comme un problème à résoudre.

— Je n'ai pas besoin d'un garde du corps, dis-je en m'adressant à mon père sans quitter Noah des yeux.

— Ce n'est pas une discussion, répond mon père d'un ton qui ne tolère aucune réplique. Plusieurs menaces ont été reçues. Tu seras protégée, que tu le veuilles ou non.

Je serre les poings le long de mon corps. L'humiliation me brûle la gorge. Je déteste qu'on décide à ma place, qu'on me traite comme une incapable, comme une enfant fragile. Mais je ravale ma colère. Pas ici. Pas devant lui.

Mon père pose une main sur l'épaule de Noah.

— Je te confie ma fille. Ne la quitte pas des yeux.

Puis il sort, me laissant seule avec cet homme qui n'a toujours pas prononcé un mot.

Le silence s'étire, lourd, insupportable. Je fais un pas vers lui, les bras toujours croisés, mes ongles s'enfonçant dans ma chair.

— Vous pouvez disposer, dis-je froidement. Je vous ferai appeler si j'ai besoin de vous.

Il ne bouge pas. Ses yeux ne cillent pas. Son visage reste impassible, comme si mes paroles n'avaient aucune importance, comme si je n'étais qu'un bruit de fond dans son univers.

— À partir de maintenant, dit-il enfin, vous ne restez plus jamais seule.

Sa voix est profonde, calme, implacable. Elle s'insinue en moi malgré moi, et je déteste l'effet qu'elle produit. Je déteste le frisson qui parcourt ma colonne vertébrale.

— Je suis votre patronne, dis-je en haussant le ton. Vous m'obéissez, pas l'inverse.

Un éclair de défi traverse son regard, si bref que je pourrais croire l'avoir imaginé. Il avance d'un pas, et l'air se raréfie autour de moi.

— Votre sécurité passe avant vos caprices.

Mon cœur cogne violemment contre mes côtes. Jamais personne ne m'a parlé ainsi. Jamais. L'humiliation monte, brûlante, dévastatrice. Mes joues s'empourprent malgré moi.

— Vous ignorez qui je suis, dis-je d'une voix tremblante de rage.

— Je sais exactement qui vous êtes, réplique-t-il sans détour. Une femme qui se croit intouchable parce qu'elle porte un nom. Mais ce nom ne vous protégera pas d'une balle.

Le coup est direct. Cruel. Mon souffle se bloque dans ma poitrine. Je voudrais hurler, le gifler, lui montrer qu'il a tort, mais aucune parole ne franchit mes lèvres. Mes yeux le fusillent, seuls témoins de ma fureur impuissante.

— Vous ne me connaissez pas, dis-je finalement, les dents serrées.

— Je n'ai pas besoin de vous connaître pour vous protéger.

Il détourne le regard, comme si la conversation était terminée, comme si je ne méritais même plus son attention. C'est pire que tout. Pire qu'une insulte.

— Vous allez regretter de m'avoir parlé ainsi, je murmure.

Il ne répond pas. Il se contente de se positionner près de la porte, les mains derrière le dos, le regard fixé sur un point invisible. Une statue de marbre. Un mur infranchissable.

Je passe devant lui sans le regarder, la rage vibrant dans chacun de mes muscles. Mais en atteignant le couloir, je sens son regard dans mon dos. Lourd. Brûlant. Différent.

Et je me jure, à cet instant précis, que je lui rendrai la vie impossible. Qu'il paiera pour chaque humiliation. Qu'il apprendra, à ses dépens, qui est vraiment Amelia Ashford.

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