เข้าสู่ระบบBruno amena Tristan à l'école. Dès que le bruit de la portière et leurs voix complices s'estompèrent dans l'allée des Arcades, le silence de l'appartement reprit ses droits, plus lourd encore après le départ des parents.Quand Bruno remonta, il resta dans l'entrée avec ses clés à la main — ce geste habituel du matin, les clés, la veste, le départ vers les chantiers de la zone franche.— Bruno, dit Alice.Il s'arrêta, la main suspendue à quelques centimètres de la poignée de la porte.Elle prit une inspiration lente, tentant de calmer les battements erratiques de son cœur.— Tu m'avais dit qu'on parlerait quand ils seraient repartis.
Le dimanche après-midi marqua la fin de la trêve. Les valises de Gervais et Thérèse étaient alignées dans le couloir, prêtes pour le voyage de retour vers le Nord.Le déjeuner s'était déroulé dans cette même douceur feutrée qui avait caractérisé tout le séjour. Tristan, triste de voir ses grands-parents partir, s'était installé sur les genoux de son grand-père pour lui montrer son dernier dessin.Thérèse, assise sur le canapé en simili-cuir, observa une dernière fois le salon des Arcades avant de mettre son pagne de voyage. Ses yeux vifs firent le tour de la pièce, s'arrêtèrent sur Alice qui s'affairait à vérifier que rien n'avait été oublié dans la chambre d'amis, puis se pos
Le vendredi et le samedi passèrent comme passent les longs jours de deuil que l’on refuse obstinément de nommer : dans une activité frénétique, minutieuse et presque maladive. C'était cette façon bien humaine de remplir chaque seconde de vide pour empêcher la réalité de s'infiltrer par les fissures du quotidien.Alice n'avait pas dormi plus de quelques heures d'affilée depuis les confidences dévastatrices de Thérèse. Le manque de sommeil pesait derrière ses paupières comme une brûlure constante, mais elle refusait catégoriquement de laisser la fatigue ou l'angoisse marquer les traits de son visage. Dès l'aube, bien avant que les premiers rayons du soleil ne viennent frapper les persiennes, elle était debout, s'assurant avec une ferveur quasi religieuse que la maison des Arcades fonctionne avec la régularité parfaite d'un
La table avait été mise avec ce soin particulier qu'Alice réservait aux occasions importantes — la nappe en coton blanc, les verres à pied, les couverts bien alignés avec cette précision qu'elle avait apprise de sa mère et qu'elle n'utilisait plus que dans les moments où il fallait que tout ait l'air parfait parce que rien ne l'était.Elle avait cuisiné depuis la veille.Le foufou, la sauce graine, les beignets de crevettes — tout ce que les parents de Bruno aimaient, tout ce qu'elle avait appris à préparer dans les premières années de leur mariage avec cette application d'épouse qui voulait bien faire, qui voulait appartenir à cette famille du Nord avec ses codes et ses habitudes et sa façon d'être au monde que Bruno portait en lui comme quelque chos
La fin de l’après-midi étirait les ombres des acacias sur le goudron de la zone franche d'Aureval. Dans le bureau de chantier, une structure modulaire en Algeco qui sentait le plastique chauffé et les plans de masse fraîchement imprimés, le ronronnement de la climatisation tournait à plein régime.Bruno était assis derrière sa table de réunion, les manches de sa chemise bleue retroussées jusqu'aux avant-bras. Il venait de passer deux heures à vérifier des calculs de résistance pour les hangars de stockage, une tâche mécanique qui lui avait enfin permis de faire taire ses pensées.On frappa deux coups brefs contre la cloison.Mariette entra. Elle portait une robe simple en toile sombre
Alice gara la Hyundai bordeaux sur sa place habituelle au bas de l’immeuble des Arcades. Elle coupa le contact, mais resta un instant les mains posées sur le volant, le regard fixé sur les fenêtres éclairées de leur appartement, au deuxième étage. Dans l'habitacle soudainement silencieux, loin du bruit de Pragma et des embouteillages du boulevard des Alizés, la fatigue de la journée retomba d'un coup, et avec elle, le flot des pensées qu'elle avait tenté de contenir.C'était une impression étrange, presque physique. En frottant machinalement son bras contre sa veste, sa peau sembla réveiller un souvenir précis. Trois mois plus tôt, sur le parking du bureau, sous l’ombre d’un acacia, Christian s’était tenu là, debout contre sa berline noire. Il avait posé ses doigts
Alice avait vingt-deux ans, et à cet âge-là elle n’avait pas encore appris que certaines intensités portent en elles leur propre fin.Elle était allongée contre lui, le souffle encore irrégulier, la peau parcourue de cette chaleur lente qui ne s’éteint jamais complètement, tandis que les doigts de
Christian nouait sa cravate pour la troisième fois.Pas parce qu'elle était de travers. Ses mains avaient simplement besoin de faire quelque chose pendant que sa tête faisait le reste.Dans le miroir, il voyait un homme prêt pour un dîner. Costume sombre, expression maîtrisée, la surface parfaite d
Une bouffée de colère mêlée d’amertume envahit Alice si brutalement qu’elle sentit tout son corps se tendre. Elle rejeta la tête en arrière, incapable de contenir plus longtemps ce qui montait en elle depuis que cette femme était sortie de la voiture.— Qu’est-ce que tu me veux ? lança-t-elle d’une
La voiture derrière elle accéléra brusquement, comme si une décision venait d’être prise. En quelques secondes à peine, elle combla la distance, se déporta sur la voie opposée et la dépassa sans hésitation. Alice n’eut même pas le temps de comprendre ce qui se passait que le véhicule se rabattait d







