로그인Définitifs.
— Tu as peur ? demande-t-il.
— Oui.
— Moi aussi.
— De quoi ?
— De toi. De ce que tu vas me faire. De ce que tu vas faire de moi. De ce que je vais devenir.
— Je ne veux pas te faire de mal.
— Je sais. C'est ça qui me fait peur.
Il m'attire à lui.
Sa main libre trouve ma nuque.
Ses doigts se glissent dans mes cheveux.
Il tire douc
Je m'approche encore.Mon corps est si proche du sien que je sens sa chaleur à travers nos vêtements. Je sens l'odeur de sa peur , un mélange de miel, de fleurs et d'adrénaline. Un parfum qui me monte à la tête. Je sens son souffle sur mon menton. Je sens ses seins frôler ma poitrine à chaque inspiration.— Et quand tu seras à genoux, Leila, suppliante, tremblante, affamée de moi , ce jour-là, tu te souviendras de cette gifle. Tu te souviendras que c'est elle qui a commencé la guerre. Et tu sauras que tu as perdu. Tu sauras que tu as toujours été destinée à perdre. Tu sauras que tu es née pour être à moi.— Jamais.— Déjà.Je recule.Je lui tourne le dos.Je fais deux pas vers la tente. Vers la lumière. Vers la musique. Vers les invités qui nous att
YANISElle m'a giflé.La petite princesse a osé lever la main sur le Serpent.Devant tout le monde. Devant nos familles, nos invités, nos alliés, nos ennemis déguisés en amis. Devant les photographes, les serveurs, les musiciens. Devant la terre entière.Le silence qui a suivi n'était pas un silence ordinaire. C'était un silence de cathédrale. Un silence de tombe. Un silence de fin du monde. On aurait entendu une mouche voler. On aurait entendu mon cœur battre. On aurait entendu le sien , affolé, coupable, triomphant.Ma joue brûle. Une douleur délicieuse. Vive. Rouge. Pulpeuse. La marque de ses doigts est en train de s'imprimer sur ma peau comme un tatouage. Cinq lignes de feu qui vont rester des heures. Peut-être des jours.Personne ne m'avait touché depuis des années. Personne n'aurait osé. Les hommes qu
LEILALe jour du mariage, 14h30La voiture est noire.Bien sûr.Impossible d'être discrète.Trois véhicules d'escorte, des berlines noires, vitres teintées, moteurs puissants.Des hommes en costume partout.Des oreillettes.Des armes.Je suis assise à l'arrière, à côté de mon père.Il est en costume sombre — noir, cravate noire, chemise blanche, mouchoir dans la poche, boutons de manchette en or.Impeccable.Parfait.Un chef.Il ne me regarde pas.Il regarde la route.— Tu es belle, dit-il.— Merci.— Tu es prête ?— Non.— Moi non plus.Il se tourne vers moi.Ses yeux sont fatigués.Ses rides sont plus profondes.Ses cheveux grisonnants brillent sous la lumière.—
Définitifs.— Tu as peur ? demande-t-il.— Oui.— Moi aussi.— De quoi ?— De toi. De ce que tu vas me faire. De ce que tu vas faire de moi. De ce que je vais devenir.— Je ne veux pas te faire de mal.— Je sais. C'est ça qui me fait peur.Il m'attire à lui.Sa main libre trouve ma nuque.Ses doigts se glissent dans mes cheveux.Il tire doucement.Ma tête bascule en arrière.— Embrasse-moi, dit-il.— Ici ? Devant tout le monde ?— Devant tout le monde. Devant personne. Devant Dieu. Devant les anges. Devant les démons. Je m'en fous. Embrasse-moi.Je me penche.Nos lèvres se touchent.LEILALe réveilJe me réveille en sursaut.Le cœur battant.Les lèvres brûlantes.Les draps t
Assise par terre dans ma chambre, dos au mur froid, les genoux remontés contre ma poitrine.Le parquet est glacé sous mes fesses nues.Ma chemise de nuit est trop fine, trop légère, trop courte.Je tremble.De froid.De peur.De tout.De rien.Je pleure.Pas des larmes discrètes. Pas des larmes de princesse, qu'on essuie du bout des doigts, qu'on cache dans un mouchoir, qu'on fait disparaître sous un sourire.Je pleure comme une enfant.La bouche ouverte, déformée, grimaçante.Le visage rouge, gonflé, couvert de larmes et de morve.Les sanglots qui secouent tout mon corps, qui me coupent le souffle, qui me donnent l'impression de me noyer, de suffoquer, de mourir.Pourquoi est-ce que je pleure ?Je ne sais plus.Pour la liberté que je perds.Pour l'amour que je n'aurai jamais.
Elle se lève.Elle me fait signe de la suivre.Nous montons dans son bureau, une petite pièce au premier étage, derrière la chambre parentale. Une pièce que je n'ai jamais vue. Une pièce secrète, cachée derrière une porte qui ressemble à un placard, qui ressemble à rien, qui ressemble à un mur.Des livres partout.Des étagères du sol au plafond, chargées de dossiers, de classeurs, de boîtes.Une grande table en acajou, cirée, brillante, vide.Un ordinateur portable, fermé, éteint.Des classeurs alignés sur le rebord de la fenêtre, comme des soldats prêts à mourir.Et des photos.Des photos au mur.Des photos d'hommes.Des photos de cadavres.Des visages défigurés, des corps mutilés, des yeux ouverts sur le vide
Son expression ne change pas.Pas une ride.Pas un tic.Pas un muscle qui bouge.Ses yeux restent fixes, clairs, impénétrables. Des lacs gelés. Des miroirs sans reflet.— Je ne sais pas de quoi tu parles.— T
LEILA Deux jours avant le mariageL'atelier de Clara Rivière sent la lavande et la soie.Des rouleaux de tissus partout , de la soie blanche, du satin ivoire, de la dentelle de Calais, du tulle léger comme un souffle, de l'organza qui crisse sous les doigts. Des mannequins de couture habillés de r
Il s'approche.Un pas.Ses chaussures luisantes claquent sur le marbre. Le bruit résonne, amplifié, comme un coup de feu. L'écho rebondit contre les murs, contre le plafond, contre le sol.Deux pas.Son ombre grandit sur le mur derrière moi. Elle s'étire, se déforme, devient monstrueuse. Elle me rec
LEILA Le lendemain matin— Leila ! Descends immédiatement !La voix de mon père tonne dans l'escalier, résonne contre les murs de pierre, rebondit dans le hall, monte jusqu'à ma chambre comme une vague de colère. Une voix que je n'ai jamais entendue. Une voix qui ne laisse aucune place à la discuss







