로그인Définitifs.
— Tu as peur ? demande-t-il.
— Oui.
— Moi aussi.
— De quoi ?
— De toi. De ce que tu vas me faire. De ce que tu vas faire de moi. De ce que je vais devenir.
— Je ne veux pas te faire de mal.
— Je sais. C'est ça qui me fait peur.
Il m'attire à lui.
Sa main libre trouve ma nuque.
Ses doigts se glissent dans mes cheveux.
Il tire douc
LEILAJe retourne chez mon père comme un chien battu, la queue entre les jambes, le cœur en miettes. Je n'ai nulle part où aller. Ma mère est prisonnière, mon mari m'a répudiée, mes amis n'existent pas. Je n'ai que mon père. Mon père, ce monstre qui m'a manipulée, qui m'a forcée à trahir l'homme que j'aime, qui a détruit mon mariage et ma vie.Il m'accueille avec un sourire triomphant, ce sourire que je déteste, ce sourire qui me donne la nausée.— Alors, ma fille, il t'a chassée ? Je te l'avais dit. Il ne t'a jamais aimée. Tu n'étais qu'un trophée pour lui, un objet qu'on possède, qu'on exhibe, qu'on jette quand il ne sert plus à rien.— Tais-toi.— Pardon ?— Tais-toi. Tu as eu ce que tu voulais. Mon mariage est détruit. Ma vie est finie. Alors tais-to
Je hoche la tête, incapable de parler.— Bien. Très bien. Je savais que tu serais raisonnable. Maintenant, rentre chez toi. Et souviens-toi : si tu parles à ton mari, ta mère meurt. Si tu essaies de la sauver sans mon autorisation, ta mère meurt. Si tu ne me donnes pas les informations que je veux, ta mère meurt. C'est clair ?— C'est clair.Je sors du bureau comme une somnambule, traverse le hall en titubant, franchis le seuil de la demeure familiale. La lumière du soleil me fait cligner des yeux, crue et aveuglante après la pénombre du bureau. Matteo est toujours là, adossé à la voiture, et il se redresse brusquement en me voyant approcher.— Signora ? Que s'est-il passé ? Votre visage...Ma joue est rouge et enflée là où mon père m'a frappée. Un filet de sang coule au coin de ma lèvre
Je hoche la tête, incapable de parler, la gorge nouée par l'émotion. Yanis se lève, contourne son bureau, s'approche de moi. Ses mains se posent sur mes épaules, ses yeux plongent dans les miens avec une intensité presque douloureuse.— Mais ne te fais pas d'illusions, Leila. Ton père est un danger pour nous. Pour toi autant que pour moi. S'il refuse ma proposition, s'il continue à comploter, s'il représente la moindre menace... je n'aurai pas le choix.— Je comprends.— J'espère que tu comprends vraiment. Parce que si tu dois choisir entre lui et moi, j'ai besoin de savoir que tu me choisiras.— Je te choisis, Yanis. Je t'ai choisi le jour où j'ai dit oui, le jour où j'ai posé mes lèvres sur les tiennes, le jour où j'ai décidé de rester. Je te choisis aujourd'hui. Je te choisirai toujours.Il h
LEILALa paix est de courte durée.Trois jours. Trois jours seulement de bonheur retrouvé, de caresses échangées, de sourires complices. Trois jours à nous redécouvrir, à nous réapprivoiser, à panser les plaies de notre séparation. Trois jours à rattraper le temps perdu, à nous aimer comme si chaque étreinte était la dernière, à nous parler comme si chaque mot était une confession.Trois jours. C'est tout ce que le destin nous accorde.Le quatrième jour, Yanis reçoit un appel qui fait basculer notre monde.Je suis dans le salon, installée sur le canapé avec un livre que je ne lis pas vraiment, quand je l'entends crier dans son bureau. Pas un cri de colère, pas un rugissement de fureur. Un cri de douleur. Un hurlement déchirant, bestial, qui me glace le sang et me fait bondir s
Il dépose un baiser sur mon front, tendre et solennel, comme un sceau apposé sur notre réconciliation. Je sens son souffle chaud sur ma peau, ses lèvres qui s'attardent, ses doigts qui caressent ma nuque.— Il y a autre chose que je dois te dire, reprend-il après un silence. La femme que tu as vue à la villa, celle qui est venue me parler en pleine nuit quand tu nous as espionnés... ce n'était pas une maîtresse. C'était une informatrice. Une ancienne femme de main de Silvano qui a changé de camp. Elle m'a donné des informations cruciales sur les plans de Silvano, sur ses caches, sur ses alliés. Sans elle, je serais peut-être déjà mort.— C'est pour ça que tu ne voulais pas que je la voie. Que tu ne voulais pas m'en parler.— C'était trop dangereux. Si Silvano avait su qu'elle me parlait, il l'aurait tué
LEILALa lumière grise de l'aube filtre à travers les rideaux défraîchis, peignant des rayures pâles sur le papier peint à fleurs décollé. Je me réveille lentement, embrumée, désorientée, le corps endolori par les étreintes de la nuit, la peau moite de sueur, les cheveux emmêlés sur l'oreiller. Il me faut quelques secondes pour me souvenir où je suis, pour me rappeler les événements de la veille. L'entrepôt. Les hommes de main. Yanis qui surgit des ombres. Cette chambre d'hôtel miteuse. Nos retrouvailles bestiales et désespérées.Yanis est encore endormi à côté de moi, son bras passé autour de ma taille, son visage enfoui dans mon cou. Sa respiration est lente et profonde, ses traits sont détendus, paisibles, comme je ne les ai pas vus depuis des semaines. Il n'a plus
Je me retourne vers lui, et je mets mes mains sur mes hanches dans une pose de défi, et je le regarde droit dans les yeux, et je vois la tempête qui fait rage dans ses iris verts et or.
Je pense à ses yeux sur moi, à son pouce sur ma joue, à sa voix rauque qui a murmuré "princesse" et qui a fait fondre quelque chose en moi.
LEILAJe referme la porte de ma chambre derrière moi, et le déclic du loquet résonne dans le silence comme un couperet, comme une sentence, comme l
Nos prénoms flottent entre nous comme deux oiseaux qui se cherchent dans la nuit, et je sens que quelque chose est en train de naître, quelque chose de fragile et de puissant, quelque chose qui pourrait tout d&eac