로그인À l'heure du déjeuner, nous nous installâmes à une table en plein air avec deux portions de frites et des sandwichs achetés dans une petite baraque. Le soleil avait fini par percer les nuages, et les familles autour de nous semblaient profiter de cette journée sans se soucier de rien d'autre que de savoir quel manège essayer ensuite.Ma mère me raconta une anecdote sur une collègue qu'elle avait connue quelques années plus tôt. Je l'écoutais en souriant, lui posant des questions, parfois plus intéressée par la façon dont elle racontait l'histoire que par l'histoire elle-même.Cela me faisait du bien de la retrouver ainsi.Ces derniers temps, mes journées avaient été rythmées par les inquiétudes, les conversations inachevées et cette sensation permanente de devoir faire attention à ce que je disais ou à ce que je faisais. Même lorsque j'étais avec Cameron, une partie de moi restait sur ses gardes. Il y avait toujours quelque chose que j'ignorais, une situation que je ne comprenais pas
La veille au soir, juste avant de me coucher, j’avais envoyé un message à Cameron pour le prévenir de mes projets du lendemain.Je m’étais dit que, cette fois, mieux valait éviter les malentendus. Je n’avais aucune envie de recevoir un appel inquiet parce que je n’aurais pas répondu à temps ou parce que l’un de ses hommes lui aurait signalé que j’étais sortie sans le prévenir. Je voulais profiter de ma dernière journée avec ma mère sans avoir à me justifier.Demain, maman et moi allons passer la journée dans le parc d’attractions près de chez elle.Sa réponse était arrivée quelques minutes plus tard.Amusez-vous bien. Ne t’inquiète pas pour ça, mes hommes ne seront jamais très loin.J’avais fixé l’écran un instant avant de répondre par un simple D’accord, merci.Je n’avais pas envie de lui faire remarquer que cette présence constante me mettait parfois mal à l’aise. Il essayait de me protéger, je le savais, et je préférais ne pas gâcher ma soirée avec une discussion que nous avions dé
Je me levai pour regarder dehors. La rue était paisible, bordée de maisons et de jardins soigneusement entretenus. Une voiture passa lentement avant de disparaître au bout de la route. Rien ne semblait pouvoir troubler cette tranquillité.J'aurais voulu que ma vie ressemble encore à ça.Je me demandai si les hommes de Cameron étaient toujours dans les environs et si ma mère avait la moindre idée de ce qui se passait réellement autour d'elle. Elle avait vécu ici pendant des années sans avoir à se méfier de chaque inconnu, sans regarder derrière elle avant de rentrer chez elle.Je détestais l'idée que ma présence puisse changer ça.Le bruit de la serrure me tira de mes pensées.— Ma chérie ? Je suis rentrée !Je me retournai tandis que ma mère apparaissait dans l'entrée, les bras chargés de sacs. Ses joues étaient rosies par le froid et elle avait cette expression satisfaite de quelqu'un qui venait de trouver tout ce qu'il lui fallait.— Tu as bien dormi ?— Oui, un peu trop, apparemmen
— Pas vraiment. Elle est apparue il y a quelque temps et elle circule dans plusieurs villes. Il y a beaucoup de rumeurs, mais rien de suffisamment fiable pour que je puisse te dire qui se trouve derrière. Je ne sais pas précisément d'où elle vient ni qui l'a mise en circulation.Je pinçai les lèvres, hésitant à poser la question qui me trottait dans la tête depuis le début de la conversation.— Mais elle circule aussi sur ton territoire.— Oui, je sais.Je pris une inspiration.— Cameron, est-ce que tu es impliqué là-dedans ?Cette fois, le silence fut bref, mais sa réponse tomba sans détour.— Non. Je ne suis pas impliqué dans la distribution de cette drogue.Je gardai les yeux fixés sur le bord de la table.— Tu me le dis franchement ?— Oui. Je ne sais pas exactement d'où elle vient, ni qui la fait circuler. Je ne vais pas prétendre avoir des réponses que je n'ai pas, mais je sais que je n'ai rien à voir avec ça.Je ne répondis pas tout de suite. J'essayais de comprendre ce que je
Je me réveillai avec une sensation de raideur dans la nuque, encore à moitié endormie. Le plaid avait glissé jusqu'à ma taille et la lumière qui traversait les rideaux n'avait plus rien à voir avec celle de tout à l'heure. Je cherchai l'horloge du regard.Dix-huit heures.Je me redressai brusquement.— Merde…J'avais dormi presque trois heures. Sur les deux jours que je m'étais accordés avec ma mère, je venais d'en laisser filer une bonne partie de l'après-midi sans même m'en rendre compte.Je ramassai le plaid tombé au sol et le déposai sur le canapé avant de regarder autour de moi. Le salon était vide et la télévision éteinte. Je n'entendais aucun bruit venant de la cuisine.— Maman ?Seul le silence me répondit.Je me levai et traversai le couloir. La cuisine était également vide, mais une odeur de thé flottait encore dans l'air. Sur la table, un morceau de papier avait été laissé près de ma tasse.« Je suis partie chercher de quoi te cuisiner, ma chérie. Je reviens. »Je relus le
Mais la vérité ne m'appartenait plus tout à fait. Elle impliquait des hommes qui n'hésiteraient peut-être pas à s'en prendre à elle pour m'atteindre.Alors, je gardai le silence.Ma mère se leva finalement et emporta sa tasse dans l'évier.— Allez, viens. On sera mieux dans le salon. Je la suivis sans discuter. Une fois installées sur le canapé, je me rapprochai d'elle et posai la tête sur son épaule. Elle passa un bras autour de moi, attrapa la télécommande et alluma la télévision.Je n'avais même pas vraiment suivi le début du journal télévisé lorsque quelques mots retinrent mon attention.— Une nouvelle drogue particulièrement dangereuse circule actuellement dans plusieurs grandes villes. Les autorités sanitaires alertent la population sur les risques liés à cette substance, connue sous le nom de rue de « la Brume ».Je me redressai légèrement.À l'écran, le présentateur conservait son expression grave tandis que des images de rues londoniennes défilaient derrière lui. Je reconnus
Mes mains tremblent tellement que le stylo glisse presque entre mes doigts. Le bureau de Cameron Black semble soudain trop grand, trop froid, comme si les murs de verre se refermaient sur moi. Son regard vert, implacable, me transperce. Il ne bouge pas, ne cligne même pas des yeux. Il attend. Et ch
Je me tiens devant le miroir de ma minuscule salle de bain, dans cet appartement exigu de Camden Town que je partage avec deux colocataires bruyantes. Mes mains tremblent légèrement tandis que j’ajuste le col de ma chemise blanche impeccablement repassée. C’est le grand jour. Le jour où tout change
Je reste figée devant le dossier confidentiel, le cœur battant la chamade. Les pages légèrement entrouvertes me narguent, promettant des réponses à mes questions tourbillonnantes : qui est vraiment Cameron Black ? Quelles ombres se cachent derrière Black Industries ? Une partie de moi, la curieuse,
« Déshabille-toi. »Les mots tombent comme une sentence dans le silence lourd de la suite. Je reste figée dans l’encadrement de la salle de bain, la chemise de nuit en soie encore pliée sur mon bras. Mon cœur cogne si fort que je l’entends dans mes tempes. Non. Je ne peux pas. Pas comme ça. Pas ce







