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Chapitre 6—Le calme après la tempête

Author: Khadi
last update Huling Na-update: 2025-11-18 23:06:52

On dit souvent que la réussite laisse un goût sucré dans la bouche.

Moi, je ne ressens qu’un mélange étrange de vertige et de fatigue.

Je n’ai dormi que trois heures de temps.

Le réveil sonne, mais je suis déjà éveillée. Le reflet dans le miroir me renvoie l’image d’une fille encore maquillée de la veille, les cils collés et le rouge à lèvres à moitié effacé. J'étais très fatiguée à mon retour pour me démaquiller.

La robe que j’ai portée hier soir pend sur la chaise, témoin muet de ce que je viens de vivre : ma première soirée d’investisseurs.

Et contre toute attente, je n’ai pas échoué.

J’ai parlé devant eux. J’ai soutenu mon projet avec assurance. Et j’ai vu leurs regards changer.

Même celui de Noah Ewane.

L’espace d’un instant, juste avant qu’il détourne le regard, j’ai cru lire de la fierté dans ses yeux.

Puis, bien sûr, son masque est revenu.

Ce visage impassible, maîtrisé, presque inhumain.

— Tu ne pars pas aujourd’hui ?

La voix de ma mère me tire de mes pensées.

Je me tourne vers elle, assise sur le lit, son foulard déjà noué.

— Si, maman. Je me prépare.

— Tu as fait la fête jusqu’à quelle heure, hier ?

— Ce n’était pas une fête, c’était… une soirée professionnelle.

Elle me lance un petit sourire en coin.

— Ah oui ? Et la robe que j’ai vue hier, c’était professionnel aussi ?

Je ris doucement.

— Je n’avais pas le choix.

— Je vois. Les patrons aiment que vous brilliez, même si c’est pour mieux vous éteindre après.

Je baisse les yeux. Ma mère a cette manière de dire les choses, avec une lucidité qui fait parfois mal.

Je sors finalement du lit. Il fait encore un peu frais, et la lumière pâle du matin passe à travers les rideaux troués.

La réalité a repris sa place : murs écaillés, odeur de savon noir, bruit des taxis dehors.

Rien à voir avec les lustres et le champagne d’hier soir.

Je prépare le café pendant que maman repasse ses pagnes.

Nous parlons peu. Elle est fatiguée, moi aussi. Mais il y a cette tendresse silencieuse entre nous, celle qui ne demande pas de mots.

Avant de partir, je lui tends un billet de deux mille francs.

— Tiens, pour aujourd’hui.

Elle me regarde longuement.

— Tu n’as pas besoin de faire ça, ma fille.

— Si, j’ai besoin.

Parce que c’est moi, maintenant, qui dois veiller sur elle. Et chaque fois que je lui donne un billet, c’est comme si je reprenais un peu le contrôle d’une vie qui m’échappe.

---

Le trajet jusqu’à la tour Ewane me semble plus long que d’habitude.

Je revois encore les flashs, les regards, la tension de cette soirée.

Mais surtout, ce moment où Noah m’a fixée après ma présentation — sans un mot, sans un sourire, juste… ce regard lourd, indéchiffrable.

Je ne sais pas s’il m’admire ou s’il me déteste d’avoir réussi.

En entrant dans le hall, les conversations s’arrêtent brièvement.

— C’est elle, la stagiaire de marketing ? Celle qui a parlé hier ?

Les murmures courent, discrets mais bien présents.

Je me contente d’un sourire poli.

Oui, c’est moi. La petite stagiaire que personne ne calculait et qui a tenu tête à une salle pleine d’hommes en costume.

Je monte au huitième étage, mon badge autour du cou, essayant de respirer normalement.

Quand j’arrive à mon bureau, Sandra, la secrétaire personnelle du PDG, me jette un regard mi-curieux, mi-envieux.

— Le grand patron te demande, dit-elle d’un ton neutre.

Mon cœur s’arrête une seconde.

— Tout de suite ?

— Oui. Et tu ferais bien de te dépêcher, il n’aime pas attendre.

Je souffle discrètement. Encore lui.

Le bureau de Noah Ewane. Cet endroit a quelque chose d’intimidant : verre, cuir, silence.

Il est debout près de la baie vitrée, dos à moi, les mains dans les poches.

— Entrez.

Sa voix est calme, maîtrisée, comme toujours.

Je m’avance, referme la porte derrière moi.

— Vous vouliez me voir, monsieur ?

Il se retourne lentement. Son regard glisse sur moi, puis s’arrête.

— Vous avez impressionné tout le monde hier soir, dit-il simplement.

Je reste muette.

— C’était… remarquable. Même mes investisseurs étaient suspendus à vos mots.

Je sens la chaleur monter à mes joues.

— Merci, monsieur.

Il hoche la tête, puis ajoute :

— Mais ne prenez pas la grosse tête. Ce n’était qu’une présentation. Rien de plus.

Je fronce les sourcils, un peu piquée.

— Je ne comptais pas le faire.

— Bien. Parce que dans ce milieu, le talent ne suffit pas. Il faut savoir où se placer.

Son ton est plus sec. Il me fixe, impassible, presque dur.

— Vous avez brillé hier, Nadège. Mais rappelez-vous : la lumière attire toujours les regards. Et certains ne supportent pas qu’on leur vole la vedette.

Je soutiens son regard sans baisser les yeux.

— Je n’ai pas cherché à briller, monsieur. J’ai juste fait mon travail.

Un léger sourire traverse ses lèvres.

— Et c’est bien ce qui me dérange.

Il s’avance légèrement vers moi, jusqu’à ce que je sente sa présence, cette énergie qu’il dégage, oppressante mais fascinante.

— Vous pouvez disposer.

Je hoche la tête, fais demi-tour.

— Et Nadège ?

Je me fige à la porte.

— Oui, monsieur ?

— Beau travail. Continuez comme ça.

Sa voix est plus basse, presque chaude cette fois.

Je ne dis rien. Mais au moment de sortir, je sens ses yeux dans mon dos.

Et cette fois, ce n’est pas de la froideur que j’y lis.

C’est autre chose. Quelque chose de plus dangereux. La journée pouvait enfin commencer. Le travail reprenait son court.

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