เข้าสู่ระบบPOV : Néné
Studio, Faubourg Saint-Antoine, Paris XI.
Je regarde Nicolas se tenir devant ma porte, ce même homme que j'ai passé trois mois à croire diminué par l'alcool, brisé par un accident dont je n'avais eu que des échos fragmentaires, et je découvre à la place un homme debout, les yeux clairs, une détermi
Rues de Bamako, en matinéePOV : NénéNicolas dort encore quand je me lève, ce matin-là, la lumière filtrant à travers les rideaux fins de la chambre qu'Eve nous a préparée sans jamais poser la moindre question sur nos arrangements. Je reste un moment à le regarder, son visage détendu comme je ne l'ai pas vu depuis des semaines, débarrassé, au moins pour quelques heures de sommeil, de toute cette tension accumulée depuis le procès, depuis l'accident, depuis bien avant tout ça en réalité.Je pense à hier, à cette conversation avec Eve dans la cour, à cette phrase qui continue de résonner en moi comme une cloche dont l'écho ne s'éteint pas complètement.
Terrasse de la maison d'Eve, Bamako, en fin d'après-midiPOV : Nicolas— Quoi donc ? je demande, ma voix plus tendue que je ne l'aurais voulu, presque suspendue entre l'envie de raccrocher immédiatement et celle d'entendre enfin quelque chose de vrai sortir de la bouche de mon père.— Je t'ai vu regarder cette fille bien avant que tu comprennes toi-même ce que tu ressentais, dit Marcel. Néné. La première fois qu'elle est venue au cabinet, au tout début, pour son dossier de divorce. Tu ne t'en souviens même pas, probablement, mais j'ai vu ton visage changer complètement pendant qu'elle parlait.Je reste silencieux, cherchant dans ma mémoire cette scène qu'il évoque, un souvenir flou de
Terrasse de la maison d'Eve, Bamako, en fin d'après-midiPOV : NicolasJe m'installe sur la terrasse, seul, le téléphone posé sur mes genoux comme un objet dangereux que je n'ose pas encore manipuler directement. Le soleil commence à descendre, teintant les murs ocres de la maison d'une lumière presque orange, et le bruit de la ville, plus lointain ici qu'en centre-ville, se réduit à un murmure continu, ponctué par le passage occasionnel d'une moto ou le cri d'un vendeur ambulant.Néné et Eve sont encore dans la cour, leurs voix me parvenant par bribes à travers la fenêtre entrouverte, un ton plus détendu que je ne l'aurais espéré après une matinée aussi tendue. Je devrais me réjouir de ça. U
Cour intérieure, maison d'Eve, BamakoPOV : NénéNicolas s'éclipse discrètement après le déjeuner, prétextant un appel à passer à Camille, un prétexte tellement transparent que je le laisse filer sans un mot, presque avec gratitude. Je devine, sous cette excuse fragile, une intention plus simple. Il veut nous laisser seules, Eve et moi, sans savoir lui-même exactement pourquoi, mais avec cette intuition juste que certaines conversations n'appartiennent qu'aux femmes qui les portent.Eve prépare du thé de nouveau, ce même geste précis, presque cérémonial, que j'ai observé la veille au soir sans oser le commenter. Je m'assois en face d'elle, sur la même chaise en bois où Nicolas s'é
Maison d'Eve, BamakoPOV : NicolasJe passe la nuit dans une petite chambre à l'arrière de la maison, un lit simple, un ventilateur au plafond qui tourne avec un léger grincement régulier, presque apaisant à force de répétition. Je n'arrive pas vraiment à dormir. Je fixe le plafond dans l'obscurité, le pendentif serré dans mon poing fermé, en repassant en boucle chaque phrase qu'Eve a prononcée dans la cour, comme si les répéter suffisamment de fois pouvait finir par les rendre supportables.Marcel a formé Robert. Marcel a construit avec lui une continuité que ni l'un ni l'autre n'avait intérêt à révéler. Je pense à mon père, à ses dîners silencieux, à
Cour intérieure, maison d'Eve, BamakoPOV : NicolasJe repose ma tasse trop brusquement. Le métal cogne contre la table basse avec un bruit sec qui me fait sursauter moi-même, comme si mon corps réagissait avant que mon esprit n'ait pleinement enregistré la phrase qu'Eve vient de prononcer.— Il travaillait pour Traoré comment ?Ma voix sort plus calme que je ne l'aurais cru possible, un vestige professionnel, ce réflexe d'avocat qui prend le relais quand l'homme, en dessous, n'a plus la force de porter la conversation. Eve reste silencieuse un instant, les mains posées à plat sur ses genoux, comme si elle rassemblait mentalement des documents qu'elle a classés il y a longtemps et qu'elle n'a plus eu besoin de







