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Lucien
Les documents sont étalés sur mon bureau, et je les fixe sans vraiment les voir, le sang pulsant dans mes tempes comme un tambour de guerre. Relevés bancaires, courriels interceptés, écoutes téléphoniques, tout converge vers une vérité que je refuse encore d'accepter. Mon homme de confiance se tient devant moi, les bras raides, le regard fuyant, et je sens la colère monter, lente, glaciale,
Chapitre 70LucienJe la trouve dans sa chambre, assise sur le bord du lit, les yeux rougis, les mains nouées sur ses genoux. Elle ne se retourne pas quand j'entre. Elle sait que c'est moi. Elle attend.— Nyra, il faut que tu viennes avec moi. Il y a quelque chose que je dois te montrer. Quelque chose que je t'ai caché pendant trop longtemps.— Encore des secrets, Lucien ? Encore des choses que tu m'as dissimulées ?— Oui. Et cette fois, je ne te cacherai plus rien. Mais je ne peux pas te le dire. Je dois te le montrer.Elle hésite, puis elle se lève, et elle me suit. Nous descendons dans les sous-sols, plus profondément que les archives, plus loin que le pavillon, jusqu'à une porte blindée que je suis le seul à pouvoir ouvrir. Je tape le code, j'actionne la serrure, et la porte s'ouvre sur une salle que même mes hommes de confiance ignorent.Des écrans. Des dossiers. Des photographies. Des noms. Des cartes. Des armes.Nyra s'a
Chapitre 69NyraLes articles sont étalés sur la table basse, et je les relis encore et encore, comme si les mots pouvaient changer, comme si les photographies pouvaient s'effacer, comme si tout cela n'était qu'un cauchemar dont j'allais me réveiller. Mais non. Les gros titres sont là, les accusations sont là, et mon nom, mon nom à côté du sien, est là aussi, exposé, sali, piétiné.Je repense à tout ce que Lucien m'a dit. Ses promesses. Ses serments. Sa volonté de changer. Et je me demande, avec une terreur qui me glace le sang, si je n'ai pas été aveuglée par l'amour, si je n'ai pas fermé les yeux sur ce que je refusais de voir, si je ne suis pas en train de retomber dans le même piège, avec le même homme, et les mêmes conséquences.— Tu m'as menti, Lucien, murmuré-je dans le sile
Chapitre 68NyraLe scandale éclate au petit matin. Mon téléphone vibre sans discontinuer, les notifications s'empilent, et quand j'ouvre les premiers articles, je sens le sol se dérober sous mes pieds. Des photographies de moi aux côtés de Lucien, prises hier, à la sortie d'un restaurant, nos mains presque jointes, nos regards complices. Et sous ces images, des titres qui hurlent : « Les secrets criminels des Ashford », « Le milliardaire et la mafia », « Nyra Callen, la femme qui ferme les yeux pour garder sa fortune ».Je lis les articles, un par un, les mains tremblantes. Des noms, des dates, des accusations. Trafics, chantages, disparitions. Lucien, son père, son empire. Un monde de sang et d'argent que j'ai toujours soupçonné sans jamais vouloir regarder en face. Et moi, au milieu de tout ça, photographiée, exposée, jugée.
Chapitre 67VesperaMon informateur m'appelle en pleine nuit. Sa voix est tendue, presque tremblante.— Madame Moretti, ils se sont rapprochés. Ils ont parlé dans le sous-sol pendant plus d'une heure. Ils sont remontés ensemble. Elle ne le repousse plus. Il l'a prise dans ses bras.Je raccroche sans un mot. Je reste seule dans mon salon, les mains crispées sur le téléphone, les yeux fixés sur les lumières de Manhattan. La rage monte, froide, dévastatrice.— Tu crois que tu as gagné, Nyra ? Tu crois que quelques larmes, quelques confessions, quelques promesses suffisent à effacer sept ans de haine ? Tu ne sais rien de lui. Tu ne sais rien de ce qu'il a fait. Et moi, je vais te le montrer.Je me lève, j'ouvre le tiroir verrouillé de mon bureau, j'en sors une chemise épaisse. Des photographies, des rapports, des noms, des dates, des cri
Chapitre 66NyraNous sommes remontés du sous-sol, et je m'assois sur le canapé, les jambes tremblantes, le cœur en bataille. Lucien se tient près de la cheminée, les mains dans les poches, le regard fixé sur les flammes, et je prends une longue inspiration avant de parler.— Lucien, je veux bien essayer. Je veux bien te donner cette seconde chance, parce que je t'aime encore, parce qu'Evan mérite d'avoir un père, parce que je suis fatiguée de me battre contre toi, contre nous. Mais si nous faisons cela, ce sera à mes conditions.Il se retourne, s'approche, s'assoit en face de moi, les coudes sur les genoux, dans une posture d'écoute que je ne lui ai jamais vue.— Dis-moi. Je t'écoute, Nyra.— Pas de mensonges. Plus jamais. Même les mensonges par omission, même les silences pour me protéger. Je veux tout savoir, même
Chapitre 65LucienNous sommes encore dans le sous-sol, entourés de cartons poussiéreux et de souvenirs, et la photographie de notre mariage est posée entre nous comme une relique, comme la preuve que notre histoire a existé, qu'elle a été belle, avant de devenir une ruine. Nyra a les yeux rougis, les joues encore humides de larmes, et je sens son trouble, sa fragilité, cette confession qu'elle vient de m'offrir et qui a ouvert en moi une brèche que je ne peux plus refermer. Je m'approche, je prends ses mains, et je sais que le moment est venu de tout lui dire, de lui avouer ce que je n'ai jamais dit à personne.— Nyra, je n'ai jamais aimé une autre femme. Jamais. Pendant ces sept années, j'ai été entouré de femmes magnifiques, des femmes qui m'étaient offertes, qui m'attendaient, qui auraient fait n'importe quoi pour partager mon lit, et je les ai laissées s'approcher, parfois, pour ne pas devenir fou, pour tenter d'oublier, pour combler ce vide immense que tu avais laissé en partant.







