LOGINIsabella---Son baiser est sauvage.Pas de douceur. Pas de tendresse. Juste cette rage qui nous dévore tous les deux, cette peur qui se transforme en désir, cette urgence de ceux qui savent que tout peut s'arrêter demain.Je réponds avec la même violence. Mes mains agrippent sa chemise, tirent sur le tissu, arrachent les boutons qui roulent sur le carrelage de la cuisine. J'ai besoin de sentir sa peau. J'ai besoin de le toucher, de le griffer, de le marquer. J'ai besoin de lui faire comprendre qu'il est à moi, qu'il a toujours été à moi, qu'il ne peut pas partir.— Tu ne partiras pas, je grogne contre sa bouche.— Non.— Tu resteras.— Oui.— Tu te battras.— Oui.Il me soulève comme si je ne pesais rien. Mes jambes s'enroulent autour de sa taille. Il traverse l'appartement, nos bouches tou
Je le coupe. Ma voix est dure, tranchante.— Je ne fuirai plus, Marco. J'ai passé sept ans à fuir. Sept ans à regarder mon fils grandir de loin, à travers une vitre de voiture. Sept ans à aimer une femme sans pouvoir la toucher, sans pouvoir lui parler. Sept ans à être un fantôme. C'est fini.Il me regarde longuement. Il voit quelque chose dans mes yeux. De la détermination. De la folie, peut-être. Cette chose qui m'a toujours permis de survivre, même quand tout le monde me croyait mort.— Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?— Trouve-moi des hommes. Des vrais. Pas des gamins qui veulent jouer aux gangsters. Des hommes qui n'ont plus rien à perdre, qui sont prêts à tout, qui ne posent pas de questions.— Ça va coûter cher.— L'argent n'est pas un problème. J'ai des comptes qu'Alessio et
Son visage se ferme. Je vois la peur dans ses yeux, cette peur qu'elle a apprise à force de me voir partir, de me voir revenir blessé, de me voir disparaître. La peur des femmes de mafieux, cette angoisse sourde qui ne les quitte jamais, qui s'insinue dans chaque moment de bonheur pour le teinter d'incertitude.— C'est grave ?— Je ne sais pas encore. Mais je dois y aller.— Et Leo ?— Je serai rentré pour le dîner. Je te le promets.Elle hoche la tête. Elle ne dit rien. Mais je vois tout ce qu'elle ne dit pas. "Reviens." "Ne me laisse pas." "J'ai peur." "Ne me fais pas revivre ce que j'ai vécu il y a sept ans."Je m'approche. Je prends son visage entre mes mains. Sa peau est douce, chaude, vivante. J'embrasse son front, ses paupières, ses lèvres. Des baisers légers, presque religieux.— Je reviens. Toujours.— T
Il s'agenouille devant moi. Il écarte mes cuisses, pose mes jambes sur ses épaules. Ses mains agrippent mes hanches, me tirent vers le bord du plan de travail. Sa bouche descend, trouve mon sexe, et je crie.Sa langue est partout. Lente, précise, impitoyable. Elle dessine des cercles, appuie, aspire, et le monde se réduit à ça. Sa bouche. Ses mains qui agrippent mes hanches. Ses yeux qui restent plantés dans les miens, même maintenant, même là.Je ne peux pas détourner le regard. Je suis prisonnière de ses yeux noirs, de cette intensité qui me dévore. Ses doigts s'enfoncent à nouveau en moi, sa langue continue son travail sur mon clitoris, et je sens l'orgasme monter, inexorable.— Dario... je...Il accélère. Sa langue, ses doigts, tout son corps qui travaille à mon plaisir. Et je bascule.L'orgasme arrive
Sa voix est rauque. Chargée. Elle me traverse comme une décharge électrique, fait vibrer quelque chose au plus profond de moi.— Oui ?— Regarde-moi.Je pose le couteau. Lentement. Je prends une inspiration. Et je me retourne.Il est là, appuyé contre le chambranle de la porte. Les bras croisés, les manches relevées jusqu'aux coudes, ses avant-bras musclés où je vois les veines, les cicatrices, la vie violente qu'il a menée. Ses yeux noirs plantés dans les miens, intenses, dévorants.— Qu'est-ce qu'il y a ?— Tu sais très bien ce qu'il y a.Son regard glisse sur moi. Mon cou. Mes épaules. Ma poitrine. Mes hanches. Il me déshabille sans bouger, sans un geste, juste avec cette intensité qui me brûle la peau, qui me donne l'impression d'être nue devant lui.— Leo n'
Il chante. Sa petite voix fausse et joyeuse remplit l'appartement. Une chanson sur un escargot qui part en voyage, qui rencontre une limace, qui tombe amoureux. Les paroles sont absurdes, la mélodie est simple, mais Leo y met tellement de cœur que c'en est bouleversant.Dario écoute, les yeux brillants. Je vois ses mains se crisper sur la table, ses mâchoires se serrer. Il lutte contre l'émotion. Il lutte contre tout ce qu'il a manqué, toutes ces années où il n'était pas là, toutes ces chansons qu'il n'a pas entendues.Je les regarde tous les deux, et je me dis que c'est ça, le bonheur. Pas les grands discours. Pas les déclarations. Juste une pizza, une chanson d'escargot, et les gens qu'on aime.Leo s'arrête de chanter. Il regarde Dario avec cette intensité qui n'appartient qu'aux enfants, cette capacité à poser les questions les plus simples et les plus
IsabellaL'après-midi s'étire, paresseux.Leo est à l'école. Dario est là, dans mon salon, dans ma vie. Nous sommes assis sur le canapé, lui qui lit des messages sur son téléphone, moi qui feuillette un magazine s
Elle ne panique pas. Elle ne pleure pas. Elle se redresse, s'assied face à moi, les draps glissant sur sa poitrine.— Qu'est-ce qu'on fait ?"On". Elle a dit "on". Pas "tu". Pas "qu'est-ce que je fais". On.— Je ne sais pas encore. Mais je sais que je ne re
Je commence à m'inquiéter. Ce n'est pas son heure. Il vient toujours plus tard, vers minuit, une heure. Alors pourquoi cette angoisse ?Je prends mon téléphone.Moi : Tu viens ?Pas de réponse.Minuit.Leo a crié dans so
Je reste silencieux un long moment. Puis je parle.— Les premiers mois, j'étais furieux. Contre toi. Contre moi. Contre le monde entier. Tu étais partie, et j'avais envie de brûler la planète pour te retrouver.Elle ne dit rien. Elle écoute.







