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CHAPITRE 4 : DÉSORDRES ET DESSERTS 1

Penulis: Darkness
last update Tanggal publikasi: 2025-12-09 06:33:22

CARLA

Le temps s’est détraqué. Il ne coule plus, il pulse au rythme saccadé de mon cœur contre sa poitrine. Chaque battement est un coup de tambour sourd dans la pénombre poussiéreuse de la réserve. Le néon clignotant scande notre folie en stroboscope, gelant des images furtives : ses mains sur ma peau, l’arc de mon dos, l’éclat fiévreux de son regard gris.

Il a fait glisser mon pantalon de chef, le lourd tissu coton tombant en tas autour de mes chevilles. L’air frais de la pièce me cingle les cuisses. Puis ses mains sont là, chaudes, fermes, remontant le long de mes mollets, de l’intérieur de mes genoux, pour s’arrêter, doigts enfouis dans la dentelle de ma culotte. Un gémissement rauque m’échappe, que j’étouffe en mordant ma propre lèvre. Je sens le sourire contre mon cou.

— Silence, Chef, murmure-t-il, ses lèvres vibrantes contre mon lobe. Les murs ont des oreilles… et votre équipe, des yeux.

L’idée qu’on puisse nous entendre, nous voir, devrait me glacer, me ramener à la raison. Au lieu de cela, une vague de feu plus intense me submerge, mêlant la peur au désir en un cocktail explosif. Je me cambre davantage, offrant mon cou à sa bouche, mes mains s’agrippant désespérément aux épaules de son costume maintenant largement ouvert.

— Toi… tu parles trop, Mathis.

Le tutoiement sort de lui-même, chargé d’une intimité brutale. Il marque une pause, puis un rire bas, satisfait, roule dans sa gorge.

— Enfin.

Ses doigts glissent sous la dentelle, trouvent le centre mouillé et brûlant de mon abandon. Un contact précis, habile, qui me fait voir des éclats blancs derrière mes paupières closes. Je pousse un cri étouffé, le front enfoui contre son épaule. Il connaît son affaire, ce salaud. Il explore, presse, caresse avec une science qui balaie les derniers vestiges de ma pensée. Je ne suis plus qu’un arc tendu, une note de musique aiguë sur le point de se briser.

De l’autre côté du mur, une casserole tombe avec un vacarme métallique. Des voix s’élèvent, étouffées. Antoine doit gérer le service des plats principaux tout seul. Une pointe de culpabilité tente de percer la brume de mon désir, mais elle est immédiatement vaporisée par la pression experte de son pouce. Mes jambes tremblent. Le sac de farine derrière moi grince sous mon poids.

— Pas… pas comme ça, halète-je, les doigts s’enfouissant dans ses cheveux pour l’attirer plus près. Pas seulement moi.

Il comprend. Ses yeux, dans la lumière saccadée, brillent d’une faim réciproque. Il retire sa main lentement, me faisant frémir du manque, et s’occupe de son pantalon. Le bruit de sa ceinture, du zip, est obscènement audible. Puis il est contre moi à nouveau, nu sous le velours froissé de sa veste, et la sensation de sa peau contre la mienne, chaude, dure, prête, me coupe le souffle.

Il me soulève légèrement, aidé par la pression du sac derrière moi. Mes jambes s’enroulent autour de sa taille d’elles-mêmes, un réflexe animal. Le contact est imminent, brûlant. Nos regards se croisent, se jaugent dans un ultime instant de lucidité sauvage. Il n’y a plus de critique, plus de chef. Il n’y a que cette tension électrique qui a mis le feu à la soirée et qui exige d’être éteinte, ou alimentée, dans un brasier commun.

— Carla, grogne-t-il, une question, une mise en garde, une prière dans son nom.

Ma réponse est un mouvement de hanches saccadé, impérieux. Un ordre.

Il entre en moi d’un seul coup, profond, précis, remplissant l’espace avec une intensité qui me fait crier malgré mes efforts pour me taire. La bouche de Mathis s’abat sur la mienne, avalant le son, transformant mon cri en un gémissement partagé. C’est une fusion brutale, un choc. La toile rugueuse du sac de farine me gratte le dos à travers mon t-shirt. L’odeur de poussière, de terre, de légumes oubliés et de notre sueur se mêle en un parfum primitif.

Il commence à bouger. Ce n’est pas une tendre lovemaking. C’est une revendication, une bataille pour le contrôle que nous avons tous deux perdu. Chaque poussée est un défi, chaque retrait une torture exquise. Je réponds à chaque mouvement, mes ongles s’enfonçant dans le dos de sa chemise, mes talons se creusant dans le bas de son dos pour l’attirer plus profondément encore. La passion est tempête, elle est raz-de-marée. Elle engloutit l’humiliation du soufflé, la peur de l’échec, la colère contre son sourire. Il ne reste que cela : la chaleur, la friction, le son étouffé de nos souffles et de nos corps qui se heurtent dans l’ombre.

Son rythme s’accélère, devient plus urgent. Je sens la tension monter en moi, une spirale serrée au bas de mon ventre qui absorbe tout le chaos de la soirée pour le transformer en pure sensation physique. Ma vision se brouille. Je m’accroche à lui, au tissu rêche du sac, à tout ce qui peut m’empêcher de me dissoudre.

— Regarde-moi, exige-t-il d’une voix rauque, brisée.

J’ouvre les yeux, m’oblige à soutenir son regard gris, maintenant noir de passion dans la pénombre. Je vois mon propre reflet en lui : échevelée, possédée, libre. C’est ce regard, cette connexion sauvage et directe, qui fait céder la dernière digue. La vague me submerge, violente, silencieuse, me secouant de la tête aux pieds dans une série de spasmes électriques qui arrachent un sanglot à ma gorge. Je me mords la lèvre jusqu’au goût du sang pour me taire, mon corps arché contre le sien, les doigts crispés dans ses cheveux.

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