เข้าสู่ระบบEt dans le mur qui sépare mon bureau de celui d'Alexander, une bibliothèque pivotante dissimule une porte secrète. Une porte que nous sommes les seuls à connaître, en dehors de Madame Chen et de l'architecte qui a juré le secret. Une porte qui s'ouvre sans bruit, sur un simple mouvement de rotation du troisième rayonnage de la bibliothèque. Le jour de l'inauguration, je fais visiter mon bureau à Alexander. Il examine chaque détail, commente chaque choix, félicite chaque décision. Puis il s'arrête devant la bibliothèque pivotante, les yeux brillants. — Montre-moi. Je m'exécute, tirant le troisième rayonnage d'un geste précis. La bibliothèque pivote sans un bruit, révélant la porte secrète. Une porte en bois massif, sans poignée, qui s'ouvre d'une simple pression de la main. Nous passons de l'autre côté, et nous débouchons dans le bureau d'Alexander. Son antre à lui, avec son bureau monumental, ses fauteuils de cuir, ses étagères chargées de livres et de trophées. Le même bureau qu
J'écris pendant trois jours, enfermée dans la bibliothèque, ne sortant que pour manger et dormir. Alexander m'apporte du café, des fruits, des encouragements. Il ne lit rien de ce que j'écris. Il attend. Il me fait confiance. L'article prend forme peu à peu. Je commence par mon enfance, par le souvenir de mes parents, par leur bonheur simple avant que le scandale ne s'abatte sur eux. Je raconte l'histoire de Sterling & King Investments, cette société d'investissement éthique fondée par deux amis, Robert Sterling et Charles King. Je décris la machination de Marcus Thorn, les fausses preuves, les journalistes corrompus, la campagne de presse qui a détruit mon père en six mois. Puis je raconte l'accident de voiture. Le mécanicien soudoyé. Les freins trafiqués. La mort de mon père, maquillée en suicide. Je raconte la mort de ma mère, quelques mois plus tard. Le cambriolage qui n'en était pas un. Le dossier disparu. Les preuves envolées. Je raconte la promesse faite par Charles King à
— Eva Le journal s'appelle The Manhattan Chronicle. C'est un quotidien à scandales, de ceux qui fouillent dans les poubelles des célébrités et qui tirent leurs unes des malheurs des puissants. Et ce matin, sa cible s'appelle Alexander King. Je le découvre au réveil, en parcourant les actualités sur ma tablette. Un article en ligne, publié à six heures du matin, qui titre en lettres énormes : LE ROI DE MANHATTAN, HÉRITIER D'UN SCANDALE ? , L'AFFAIRE STERLING REFLIT SURFACE. En dessous, une photo d'Alexander, prise à son insu, à la sortie d'un restaurant. Et une autre photo, plus ancienne, de mon père. Robert Sterling, l'escroc présumé, le corrupteur, l'homme qui aurait détourné des millions avant de se tuer dans un accident de voiture. Mon sang ne fait qu'un tour. Je lis l'article en diagonale, le cœur battant, les doigts tremblants. Le journaliste , un certain Richard Hale , a fait son travail de fouille-merde avec une application diabolique. Il a retrouvé la trace du scandale St
Elle se blottit contre moi, sa tête sur mon épaule, son bras sur mon ventre, sa jambe sur mes cuisses. Nos corps s'emboîtent parfaitement, comme deux pièces d'un puzzle conçu par la nature elle-même. La chaleur de sa peau contre la mienne est la plus douce des sensations, le plus réconfortant des baumes. — À quoi penses-tu ? demande-t-elle. — À nous. À notre semaine. À hier soir. Hier soir, c'était la Nuit des Jeux. Nous avons revisité notre première fois dans les toilettes du palace, contre le miroir, et le souvenir était si puissant que nous avons joui presque en même temps, nos cris se mêlant dans l'obscurité de la salle de jeux. — C'était bien, dit-elle en souriant. Très bien, même. — Et ce soir, c'est dimanche. La Trêve. — Tu aimes la Trêve ? — C'est peut-être mon moment préféré de la semaine. Elle se redresse sur un coude, ses yeux plongeant dans les miens. — Vraiment ? Toi, le Roi, le Dominateur, le Prédateur ? Tu préfères la tendresse à la domination ? — Je préfère
J'ai accepté, bien sûr. J'accepte tout ce qu'elle propose, tout ce qu'elle imagine, tout ce qu'elle désire. Ma Reine n'a qu'à formuler un souhait, et je le réalise. C'est la première clause de notre contrat sacré , celle que j'ai écrite en haut de la page, de ma plus belle écriture : Eva est ma Reine, et tous ses désirs sont des ordres. Ce vendredi soir, nous sommes dans la salle de jeux — une pièce secrète du penthouse, accessible par une porte dérobée dans la bibliothèque, que nous avons aménagée ensemble. Des murs tendus de velours pourpre. Des bougies parfumées à la vanille et au santal. Un lit circulaire recouvert de draps de soie noire. Et sur les étagères, soigneusement rangés, tous les accessoires de nos jeux : menottes en cuir et en velours, bandeaux de soie, cravates de satin, cordes en fibres naturelles, plumes, martinets, huiles parfumées, bougies de massage. Tout un arsenal érotique que nous avons constitué patiemment, amoureusement, comme un trésor que nous enrichisson
Alexander s'approche de moi, ses mains se posant sur mes épaules. Mais je me dégage, je recule, je refuse son contact. — Eva, écoute-moi. — Non, c'est toi qui vas m'écouter ! Je suis ta femme, Alexander. Ta Reine. Celle qui a signé un contrat avec toi. Celle qui a failli mourir pour toi. Et je ne te partagerai pas. Je ne partagerai rien de toi. Ni ton corps, ni ton sourire, ni ton attention. Rien. Tu m'appartiens. Entièrement. Exclusivement. Pour toujours. Ma voix s'étrangle sur ces derniers mots, et je sens les larmes qui montent à mes yeux. Des larmes de colère, de peur, de frustration. Je ne veux pas pleurer devant lui. Pas maintenant. Pas comme ça. Alexander me regarde longuement, silencieusement, ses yeux noirs plongeant dans les miens avec une intensité presque insoutenable. Puis il fait quelque chose que je n'attendais pas. Il sourit. — Tu es jalouse, dit-il, et sa voix est douce, presque amusée. — Bien sûr que je suis jalouse ! Tu ne comprends pas ? Je t'aime, Alexander
Puis la photo. Celle qu'il m'a montrée pour me convaincre que Damien était un monstre. La scène de crime. Une jeune femme brune, les yeux éteints, les membres brisés, allongée sur un sol de marbre blanc dans une posture qui n'est pas la paix du sommeil, mais le chaos de la violence. La
Mes coups de reins sont lents, profonds, impitoyables. Pas une punition , je ne la punirai jamais pour ce qui est en train de se jouer, je le sais, je le pressens, c'est plus complexe qu'une simple désobéissance. Pas un viol , son corps me reçoit, m'appelle, me supplie. C'est une interr
DamienElle ment. Elle ment, et elle est mauvaise menteuse, ce qui est une bénédiction paradoxale au milieu de cette tempête silencieuse. Depuis deux jours, Blanche est un livre ouvert écrit en hiéroglyphes — un langage que je ne d&eacu
DamienJe la porte jusqu'à mes appartements privés. Pas les siens, pas la chambre d'initiée. La chambre du Maître, le saint des saints, cette pièce où personne, jamais, n'a pénétré depuis la construction de cette







