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Sur sa peau, mon amour
Sur sa peau, mon amour
Author: L'encre

CHAPITRE 1 – Premier regard

Author: L'encre
last update Petsa ng paglalathala: 2026-05-04 18:39:22

La salle était saturée de bruit.

Pas un vacarme assourdissant, non. Ce brouhaha feutré des cocktails d’entreprise, celui qui mêle le cliquetis des verres aux rires polis, aux conversations qui s’efforcent d’être brillantes sans jamais vraiment y parvenir. Elle était venue par obligation professionnelle, cette corvée déguisée en mondanité qu’on accepte parce qu’un collègue a insisté, parce que « ça peut être utile pour le réseau », parce qu’on n’a pas su trouver une excuse assez crédible pour rester chez soi.

Elle avait regretté sa présence dès la porte franchie.

Sa robe, trop serrée aux épaules. Ses chaussures, trop neuves. Ce verre de vin blanc tiède qu’elle tenait depuis vingt minutes, incapable de le finir, incapable de le poser. Elle s’était réfugiée près d’une plante verte, ce genre d’endroit stratégique que les introvertis repèrent d’instinct, un îlot discret d’où observer sans être trop visible. De temps en temps, quelqu’un la reconnaissait, échangeait trois politesses, puis s’éclipsait vers des conversations plus prometteuses. Elle souriait mécaniquement. Elle hochait la tête. À l’intérieur, elle était déjà ailleurs, déjà chez elle, déjà en pyjama.

Et puis, sans raison particulière, elle tourna la tête.

Il n’y eut pas de musique qui s’arrête, pas de ralenti cinématographique, pas de coup de tonnerre. Juste un mouvement anodin, presque machinal, déclenché par quoi ? Un rire, peut-être, qui s’était détaché du brouhaha, une fréquence différente dans le bruit ambiant.

Il était debout près du bar, un peu en retrait lui aussi, comme s’il partageait avec elle cette incapacité à se fondre pleinement dans la foule. Grand. Les épaules larges mais pas imposantes, une carrure rassurante plutôt qu’écrasante. Cheveux bruns, un peu trop longs, une mèche qui retombait sur son front et qu’il ne prenait pas la peine de replacer, comme s’il avait oublié qu’elle était là, ou comme s’il s’en fichait. Chemise blanche, manches retroussées. Le genre de détail qui ne paie pas de mine mais qui, chez lui, prenait une signification particulière. Pourquoi retroussait-il ses manches ? Pour travailler ? Parce qu’il avait chaud ? Parce qu’il avait eu une longue journée et que ce geste, simple, l’avait aidé à relâcher un peu de tension ?

Elle se surprit à se poser ces questions, et faillit en rire toute seule. La voilà devenue inspectrice de manches de chemise. Le vin tiède lui montait à la tête, probablement.

Mais elle ne détourna pas les yeux.

Il parlait avec quelqu’un qu’elle ne voyait pas, un interlocuteur caché par un groupe compact. Il hochait la tête lentement, ce genre d’attention rare chez les gens pressés, ce vrai intérêt qu’on lit dans l’inclinaison du menton, dans la fixité du regard. Il écoutait vraiment. Elle ne savait pas pourquoi, cela la frappa. Peut-être parce que dans cette pièce remplie de conversations égoïstes, où chacun guette la faille chez l’autre pour y glisser sa propre histoire, lui, il écoutait.

Puis il bougea la main.

Et là, tout s’arrêta.

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Mga Comments (1)
goodnovel comment avatar
emrick.fannio03
Histoire sans fin mais très intéressante
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