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Chapitre 18

last update Date de publication: 2026-05-23 03:49:38

CHAPITRE 18

LE POINT DE VUE D'ADRIANO

Je rentrai à la villa à vingt heures.

Giulia avait laissé de la nourriture dans la cuisine — cette habitude qu'elle avait, couvrir les plats, laisser un mot sur le comptoir avec les instructions de réchauffage, comme si j'avais besoin qu'on m'explique comment utiliser un four. Je soulevai le couvercle d'une casserole. Je le reposai sans manger.

Je montai dans ma chambre.

Je me changeai.

Pantalon sombre. Chemise noire. Pas de veste. Dehors la nuit était déjà
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    CHAPITRE 19LE POINT DE VUE DE D'ADRIANOLe silence qui suivit notre premier orgasme n'était pas paisible. Il était lourd, chargé des non-dits qui hantaient cet appartement. Katia était contre moi, sa respiration lente et régulière contre ma poitrine, sa main posée nonchalamment sur mon ventre. Sa chaleur était une drogue, un réconfort dangereux. Et c'est précisément ce confort qui fit basculer quelque chose en moi. L'image de Morozov à l'hôpital, son sourire de prédateur, ses mots sur Katia, me revinrent en boucle. Cette femme dans mes bras, elle n'était pas seulement Katia. Elle était la fille de mon ennemi juré. La faille dans mon armure. Et en même temps, l'arme la plus tranchante que je puisse jamais brandir contre lui.Ma main, qui caressait doucement son dos, se crispa. Mes doigts se plantèrent légèrement dans sa peau. Elle soupira, un son de surprise et de plaisir confondus. Je la sentis frémir contre moi. Le tendre après-amour s'évapora, remplacé par une faim plus sombre, plu

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    CHAPITRE 18LE POINT DE VUE D'ADRIANOJe rentrai à la villa à vingt heures.Giulia avait laissé de la nourriture dans la cuisine — cette habitude qu'elle avait, couvrir les plats, laisser un mot sur le comptoir avec les instructions de réchauffage, comme si j'avais besoin qu'on m'explique comment utiliser un four. Je soulevai le couvercle d'une casserole. Je le reposai sans manger.Je montai dans ma chambre.Je me changeai.Pantalon sombre. Chemise noire. Pas de veste. Dehors la nuit était déjà là complètement — cette obscurité de mai qui n'attendait plus pour s'installer.Je pris mes clés.Et je repartis.L'appartement était dans le seizième.Pas au nom de Katia — au nom d'une société écran qui n'existait que sur le papier, dans un immeuble haussmannien dont le gardien avait appris depuis longtemps à ne pas regarder les allées et venues de certains occupants. Troisième étage. Porte en bois sombre. Une clé que j'avais depuis deux ans.Je sonnai quand même.Vieille habitude. On sonne a

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    CHAPITRE 17 LE POINT DE VUE DE LINALa chambre sentait les fleurs.Quelqu'un avait posé un vase sur le rebord de la fenêtre — des tulipes blanches, simples, dans un vase en verre transparent. Je ne savais pas qui. Giulia peut-être. Ou quelqu'un de l'hôpital. Peu importait.Elles étaient là.Et ma mère était là.Assise dans son lit — pas allongée, assise, le dos contre les oreillers, les cheveux coiffés, une couleur dans les joues que je n'avais pas vue depuis des mois. Cette couleur précise — ce rose pâle, discret, celui qui revient quand le corps commence à se battre à nouveau dans le bon sens.Je m'arrêtai dans l'embrasure de la porte.Juste une seconde.Le temps de recevoir cette image.De la laisser entrer vraiment.Puis je traversai la chambre et je m'assis au bord de son lit et je pris ses mains dans les miennes.Ses mains.Encore froides — elles avaient toujours été froides, depuis aussi longtemps que je me souvenais, même en été. Mais moins que la dernière fois. Légèrement. C

  • UNE VIERGE À VENDRE    Chapitre 16

    CHAPITRE 16 LE POINT DE VUE D'ADRIANOJe fis le tour de la voiture.Le parking de l'hôpital sentait l'asphalte mouillé et les gaz d'échappement — cette odeur particulière des endroits où les gens arrivent et repartent sans jamais vraiment s'arrêter. Je posai la main sur la poignée de la portière.Et j'entendis son prénom.Mon prénom.— Adriano.Je sus avant même de me retourner.Cette voix. Cette façon particulière de prononcer les quatre syllabes — l'accent légèrement appuyé sur la dernière, ce résidu d'une langue apprise entre deux langues.Je me retournai lentement.Katia Morozov.Vingt-six ans. Cheveux noirs coupés sous les épaules. Un manteau beige trop élégant pour un parking d'hôpital. Ces yeux clairs — gris-vert, presque transparents — que son père n'avait pas. Que sa mère avait eus, d'après ce qu'on disait.Elle s'approchait avec ce sourire — celui qu'elle réservait aux situations où elle savait qu'elle avait l'avantage ou croyait l'avoir.Je ne bougeai pas.— Tu es revenu d

  • UNE VIERGE À VENDRE    Chapitre 15

    CHAPITRE 15LE POINT DE VUE DE LINA La portière.Je posai la main dessus — le métal froid, solide, réel. Je m'y accrochai une seconde. Soufflai.— Bravo, dit Adriano derrière moi.Sa voix avait changé d'un degré. Infime. Ce quelque chose entre le sarcasme et autre chose que je ne savais pas nommer.— C'était pas si difficile que ça.Je montai dans la voiture sans répondre.Il monta à son tour.La portière se ferma. La voiture démarra. Le jardin disparut derrière les grilles qui s'ouvrirent automatiquement.Ma cheville pulsait. Je la gardai légèrement soulevée, le pied posé sur le bord du tapis de sol, sans appuyer. La douleur existait. Je faisais avec.Le silence dans la voiture était différent de celui du trajet de la veille.Moins de peur. Quelque chose de plus compliqué.Je regardai par la vitre. La ville. Les rues qui s'élargissaient à mesure qu'on s'éloignait du quartier. Les gens sur les trottoirs — des gens ordinaires qui marchaient, qui tenaient des cafés dans des gobelets, q

  • UNE VIERGE À VENDRE    Chapitre 14

    CHAPITRE 14 LE POINT DE VUE DE LINAGiulia était venue une heure plus tard.Elle avait frappé doucement — ce coup léger et discret qui demandait sans imposer. Elle était entrée avec une robe propre, une veste légère, et quelque chose d'autre derrière elle que je n'avais pas vu immédiatement.Une chaise roulante.Je la regardai.Elle me regarda.— Non, dis-je.Giulia posa les vêtements sur le lit avec son calme habituel.— C'est pour vous faciliter le déplacement jusqu'à la voiture.— Je marcherai.— Mademoiselle—— Je ne m'assiérai pas là-dedans.Giulia s'arrêta. Me regarda une seconde — pas avec de l'impatience, pas avec de l'exaspération. Avec cette façon qu'elle avait d'évaluer les situations sans les juger.— Ta cheville—— Ça ira.— Le médecin a dit—— Giulia.Je prononçai son prénom plus fermement que prévu.Elle se tut.— Je ne m'assiérai pas dans cette chaise.Quelque chose de têtu, d'irraisonné, de complètement disproportionné s'était installé dans ma poitrine dès que j'avai

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