GiuliaJe l’entends bouger. Un déplacement d’air, le frottement du tissu de son costume. Ce n’est pas le pas décidé de l’homme d’affaires. C’est quelque chose de plus lent, plus prédateur. Mon corps se tend, chaque muscle prêt à la fuite, mais mes pieds sont cloués au sol.Il s’approche. Je ne le vois pas, je le sens. Sa présence devient une pression tangible dans mon dos, sur ma nuque. L’air se réchauffe, se charge. Puis… je le sens. Son parfum à lui, l’odeur propre et coupante du savon coûteux, mélangée à celle, plus profonde, de la peau et de la tension. Et je sais, je sais qu’il sent le mien. Ce parfum qu’il aimait. Que je porte toujours, par habitude, par nostalgie peut-être, ou par défi inconscient.Il est si proche maintenant que la chaleur de son corps irradie à travers l’espace minuscule qui nous sépare. Je retiens mon souffle. Le monde se réduit à cette pièce, à cette attente suspendue.— Vous portez toujours ce parfum, murmure-t-il, sa voix si près de mon oreille qu’elle es
Última atualização : 2026-02-11 Ler mais