Elle sourit, retira sa main, et retourna s’asseoir. Dehors, le vent s’était calmé. La nuit était douce, presque tiède, et les premières lueurs de l’aube n’étaient plus très loin. Ophélie savait qu’elle devrait bientôt partir, retrouver son hôtel particulier, ses domestiques, sa mère qui l’attendait peut-être en bas de l’escalier avec un regard de reproche. Mais pour l’instant, elle était là, dans cet atelier, avec cet homme. Et c’était tout ce qui comptait. — Demain ? demanda-t-elle. — Demain, on continue. Il vous reste des mortaises à creuser. — J’ai hâte. Ils restèrent encore un moment, à parler de choses et d’autres, à refaire le monde, à se découvrir. Puis Raphaël la raccompagna au métro, et ils se quittèrent sur le quai avec un dernier sourire. Ce soir-là, en rentrant chez elle, Ophélie ne se sentit pas seule. Elle se sentit aimée. Vraiment aimée. Pour elle-même. Pour ce qu’elle était, et non pour ce qu’elle représentait. Et cela, c’était plus précieux que tous les palaces d
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