Elle mit sa chemise de nuit, une chose en coton bleu pâle, confortable et sans séduction, une chemise de nuit de femme qui ne cherche plus à plaire. Elle éteignit la veilleuse. L’obscurité l’enveloppa, et elle resta un instant immobile dans le noir, la main sur la poignée de la porte, à écouter les bruits de la maison endormie. Le frigo ronronnait dans la cuisine. L’horloge du salon égrenait les secondes, ce tic-tac qu’elle connaissait par cœur et qui parfois, la nuit, lui tenait compagnie. La respiration de Léo, de l’autre côté du couloir, était lente et régulière. Il dormait. Il dormait paisiblement, sans remords, sans souvenir des mots qu’il avait lancés à sa femme et qu’elle ruminait encore, là, dans la salle de bains obscure, comme une bête qui tourne dans sa cage.Elle sortit sur la pointe des pieds, longea le couloir, passa devant les portes fermées des chambres vides – la chambre d’amis que personne n’occupait jamais, le bureau de Léo où il s’enfermait le soir pour passer des
Last Updated : 2026-07-04 Read more