Rach ne se pressait pas.Il alla jusqu’à la commode, ouvrit un tiroir, fouilla à l’intérieur avec des gestes lents, méthodiques. Michaël le regardait faire, pétrifié, les jambes en coton, le cœur au bord des lèvres. Il aurait voulu bouger, fuir, se défendre, hurler. Mais son corps ne lui obéissait plus. La peur l’avait paralysé, transformé en statue de chair et d’os.Le militaire sortit du tiroir une corde. Une corde épaisse, en nylon tressé, de celles qu’on utilise pour arrimer des charges lourdes. Il la fit claquer entre ses mains, comme pour en tester la solidité. Le bruit sec résonna dans la chambre, faisant sursauter Michaël.— Tu sais à quoi ça sert, une corde ? demanda Rach.Michaël ne répondit pas. Sa gorge était trop serrée, sa langue trop lourde.— Dans l’armée, on s’en sert pour tout, reprit Rach. Pour monter les tentes. Pour attacher le matériel. Pour faire des nœuds qui ne se défont jamais.Il s’approcha de Michaël, la corde pendant mollement dans sa main droite. Ses yeux
Last Updated : 2026-08-27 Read more