La voisine du parrain
Zoé
Il m'embrasse au milieu du restaurant vide, à la banquette d'angle du Vecchio Molo, avec le sang encore sur ses doigts et sur les miens, avec le verre brisé qui craque sous nos semelles quand on bouge, avec les cris qui s'éloignent sur le quai et les sirènes qui commencent leur montée quelque part au bout de la ville.
C'est un baiser qui n'a rien à voir avec l'escalier de service. Celui de l'escalier était court, prudent, mesuré, contrôlé par deux volontés qui se surveillaient l'une l'autre. Celui-là n'est surveillé par personne. C'est un baiser de survie, un baiser d'après le tir, un baiser d'homme qui vient de se dire qu'il aurait pu ne plus jamais m'embrasser et qui décide, dans la se