Je te déteste 2
Eternelquand le masque tombeà travers le masqueles sombres désirs de mes alphascontre-attaque de la luna méprisée
Chiara
La foule du carnaval est un monstre. Une mer vivante, grouillante, de satin, de plumes et de rires édentés derrière des masques de porcelaine. Elle me porte, me pousse, m’étouffe. L’odeur âcre du vin, des corps serrés et des cierges fondus me prend à la gorge. Le rire gras de mon cousin Lorenzo, toujours trop près, résonne à mon oreille comme un glas. Je suis un oiseau en cage porté à bout de bras, ma robe de soie ivoire est un linceul brodé d’or, mon masque de satin blanc, une paroi étanche entre moi et le monde. Je cherche une faille, un point de fuite dans ce tableau trop animé, un endroit où l’air ne soit pas coupé, où le silence puisse exister.