SA CHALEUR 4
Aram
La lumière du plafonnier grésille, une lumière jaune qui tremble comme une flamme derrière un verre sale, et je reste allongé sur le dos, les yeux grands ouverts, à fixer cette ampoule qui bourdonne, et les ombres dansent sur les murs, des ombres que je connais trop bien, des ombres qui ont le visage de mon père, de ma mère, de la maison vide, des ombres qui sentent la cendre froide et le pain rassis, et je sens le drap coller à ma peau, une peau moite de sueur malgré la fraîcheur de la pièce, et j’entends ma propre respiration qui siffle entre mes dents serrées, un sifflement aigu, presque un gémissement, et je voudrais me lever, marcher, hurler, mais mes jambes sont deux blocs de pier