la preuve de trop
Tu y vas pour écouter, pas pour jouer.
— Et j'écoute quoi ?
— Tu poses trois questions, et tu écoutes ce qui se passe autour des réponses — les silences, les mains, ce qu'il regarde. — Judith égrena, en pesant chaque mot : — Question un, l'air de rien, en début de repas : « Comment va ton père ? » Banale, polie, imparable — et on sait, toi et moi, ce qu'elle pèse. Tu regardes ce qu'il fait de son visage. Question deux, au milieu, quand il sera lancé dans ses « choses à dire » : tu ne l'aides pas. Tu le laisses porter ses phrases tout seul, tu comptes ses conditionnels, et au premier silence, tu poses la deuxième : « Pourquoi la maison ? » — pourquoi il a cédé si vite, ce jour-là. C'est le fi