Encore une dernière chance
Elle serra les mâchoires, respira profondément, fixa le carrelage mural en comptant les joints, un, deux, trois, quatre – le quatrième était fendu, elle le savait déjà, elle l’avait compté cent fois.
Mais les mots étaient toujours là. De comptoir. Psychologie de comptoir. Et d’autres mots, plus anciens, qui remontaient avec eux. Tu ne comprends rien, Isabelle. Tu ne réfléchis pas avant de parler. C’est une histoire d’intuition, la viande. On l’a ou on ne l’a pas. Tu ne l’as pas. Des phrases qu’il avait dites des mois plus tôt, des années plus tôt, et qu’elle avait rangées dans un coin de sa mémoire comme on range des cartons dans une cave en se disant qu’on les triera plus tard.