MasukChapitre 82
Ludovica
Les jours passent, lents et doux, comme les vagues qui viennent mourir sur la plage en contrebas. Le soleil monte plus haut dans le ciel, et la lumière, qui n’était plus qu’une clarté grise et laiteuse au lendemain de l’incendie, est devenue une lumière dorée, chaude, presque estivale. Les ouvriers travaillent sur l’aile est, leurs marteaux rythment les journées de
Chapitre 162DragoLa villa est silencieuse, paisible, baignée par la lumière douce du matin qui filtre à travers les hautes fenêtres à meneaux, glissant sur les parquets cirés, sur les murs de pierre, sur les meubles anciens patinés par les années. Les oiseaux chantent dans les cyprès, leurs trilles aigus emplissant l'air de cette mélodie quotidienne qui rythme les réveils, et la mer, en bas, est d'un bleu profond, presque noir, ses vagues à peine ridées comme une respiration retenue.Je suis assis dans la salle à manger, une tasse de café fumant entre mes doigts, les yeux fixés sur le jardin qui s'étend au-delà des fenêtres. Ludovica est en face de moi, ses doigts entrelacés aux miens, sa présence douce et rassurante comme une lumière dans l'obscurité. Elle me so
Chapitre 161DragoLe bureau est plongé dans une pénombre épaisse, seulement troublée par la lueur bleutée de l'écran d'ordinateur qui projette des ombres froides sur les boiseries sombres et les rayonnages de livres. L'odeur du café froid flotte dans l'air, mêlée à celle du cuir et du papier, comme une présence familière qui accompagne les nuits blanches et les décisions difficiles.Je suis assis derrière mon bureau, les doigts crispés sur le sous-main en cuir, les yeux fixés sur l'écran qui affiche une succession de dossiers, de photos, de rapports. La lumière de l'écran éclaire mon visage, creuse les ombres sous mes pommettes, fait briller mes yeux noirs d'une lueur fiévreuse.Russo est debout devant moi, son visage fermé, ses mains croisée
Chapitre 160LudovicaLa route serpente à travers les collines toscanes, comme un ruban d'asphalte gris posé sur la peau dorée de la terre. Le soleil décline lentement vers l'horizon, teintant le ciel de nuances d'or et de pourpre, de rose et d'orange, comme une palette de couleurs que la nature elle-même aurait peinte avec une lenteur délibérée, savourant chaque touche, chaque nuance, chaque dégradé. Les vignes s'étendent à perte de vue, leurs feuilles vertes frémissant sous la brise légère, et les oliviers dansent comme une mer d'argent et de vert. Les cyprès se dressent, élancés et sombres, comme des sentinelles immobiles qui veillent sur ce paysage intemporel.La voiture roule en silence, seulement troublée par le ronronnement du moteur et le bruissement du vent qui entre par la fen&ecir
Chapitre 159LudovicaLa lumière du soleil est chaude sur mon visage, comme une caresse, comme une promesse, comme un baiser que le ciel dépose sur ma peau. L'air sent la terre, les herbes sèches, les fleurs qui débordent des jardins, les vignes qui s'étendent sur les collines comme une mer verte. Les oiseaux chantent dans les oliviers, leurs trilles aigus emplissant le silence de cette mélodie qui rythme les journées paisibles, et le vent soulève mes cheveux, les fait flotter autour de mon visage comme une couronne sauvage.Je suis debout sur le seuil de la petite maison blanche. Derrière moi, Giuseppe Sarri est immobile, ses yeux fixés sur ma nuque, ses mains tremblantes le long de son corps. Il a vieilli, tellement vieilli, et sa fragilité est une blessure que je ne peux pas guérir. Je sens son regard sur moi, lourd, chargé de r
Chapitre 158LudovicaLa maison est petite, silencieuse, baignée par la lumière dorée de l'après-midi qui filtre à travers les volets entrouverts, dessinant des rais de poussière dansants sur le sol en terre cuite. L'odeur de la lavande, du pain rassis, du vieux bois flotte dans l'air, mêlée à celle de la terre et des herbes séchées qui pendent du plafond dans des bouquets fanés. Les murs sont blancs, nus, à peine décorés de quelques gravures anciennes et de cette photo de moi sur la cheminée, encadrée de bois simple, comme une relique, comme un souvenir qu'il a gardé précieusement à travers les années de fuite et de solitude.Mon père est assis sur le vieux canapé, ses mains posées sur ses genoux, ses doigts tremblants, ses yeux fixés sur le sol en
Chapitre 157LudovicaLa Toscane est belle, douce, éternelle.Les collines s'étendent à perte de vue, couvertes de vignes et d'oliviers qui dansent sous le vent comme une mer verte et argentée. Les cyprès montent la garde, élancés et sombres, dessinant des silhouettes immobiles sur le ciel bleu pâle. Les villages sont accrochés aux flancs des collines comme des bijoux de pierre, leurs toits de tuiles rouges brillant sous le soleil de l'après-midi, leurs ruelles étroites serpentant entre les murs de pierre comme des veines dans un corps ancien.La petite ville où Giuseppe Sarri s'est caché est un labyrinthe de ruelles pavées, de places ombragées, de maisons aux volets verts. L'odeur du pain frais, du romarin, de la terre chaude flotte dans l'air, mêlée à celle du vin et des fleur
Chapitre 1LudovicaLe fourgon s'arrête dans un grincement de freins qui me secoue jusqu'aux os. L'obscurité de la cellule arrière pue le métal, le gasoil et ma propre peur, cette sueur froide qui colle mon chemisier à ma colonne vertébrale depuis que les hommes silencieux m'ont jetée à l'arrière, à
Chapitre 5DragoLe contrat est lourd dans ma main, pas à cause du papier quelques feuilles à en-tête notarié mais à cause de ce qu'il représente. Un père qui vend sa fille. Une dette de sept cent mille euros transformée en acte de propriété. La signature de Giuseppe Sarri, tracée au Montblanc, su
Chapitre 3LudovicaLe marbre est une plaque de glace sous mes genoux. Le froid a depuis longtemps traversé le tissu de ma jupe, puis ma peau, puis mes muscles ; il s'est logé dans mes os comme un hôte indésirable. Mes mollets sont ankylosés, mes cuisses tremblent d'un effort continu, et pourtant je
Chapitre 2DragoJe suis debout devant la fenêtre de mon bureau depuis que le guetteur a signalé le fourgon. Un verre de whisky trente ans d'âge dans la main droite, la gauche enfoncée dans la poche de mon pantalon, je regarde la route en lacets qui serpente au flanc de la falaise. La fourgonnette n







