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Chapitre 7 : L'empreinte des heures

last update publish date: 2026-03-09 05:33:18

Adrien

L'aube se lève sur Paris et je n'ai pas fermé l'œil. Allongé dans mon lit, je fixe le plafond où dansent les reflets orangés du soleil naissant, et je revis chaque seconde de la nuit dernière. Chaque mot. Chaque silence. Chaque infime variation dans la voix d'Élisa quand elle a prononcé ces mots qui résonnent encore dans ma tête : "Je veux essayer. Avec toi. Vraiment."

Elle dort maintenant dans la pièce à côté. Je lui ai donné ma chambre, bien sûr , je n'allais pas , non, pas la première
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    — ÉlisaJe peins depuis trois heures, debout devant la toile, et je l'avais oublié. Il est assis dans le fauteuil de l'atelier, un livre à la main, et il ne lisait pas , je le réaliserai plus tard , il me regardait.La toile est difficile, en ce moment. Une grande composition, la plus ambitieuse que j'aie tentée, et elle résiste, elle me résiste depuis des semaines. Je reprends les mêmes passages, je racle, je recommence. Il y a dans cette toile quelque chose que je n'arrive pas encore à atteindre, une lumière précise, un équilibre entre le vide et la pleine présence. Ce soir-là, pourtant, quelque chose s'est débloqué. Je ne sais pas quoi. J'ai travaillé comme dans un état second, le corps chaud, le souffle court, la main sûre.Quand je pose le pinceau et que je me retourne, il est là, le livre fermé

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    — ÉlisaLa décision d'habiter ensemble prend des mois, et ces mois-là sont peut-être la chose la plus saine de toute notre histoire.Parce que nous en parlons. Vraiment. Pas comme on glisse vers une évidence, par paresse, par peur de la solitude, par habitude , mais comme on négocie un pacte entre deux pays souverains. Nous faisons des listes, presque avec humour, mais pas tout à fait. Ce qui est non négociable. Pour moi : un atelier dans l'appartement, une pièce qui soit à moi, avec une porte. Des matinées de solitude garanties. Le droit de partir quelques jours, parfois, sans rendre de comptes. Pour lui : son établi, ses horaires de marche solitaire le dimanche, le silence après vingt-deux heures.Et puis il y a la question du lieu, la plus importante de toutes, et c'est moi qui la pose :— Pas chez toi. Pas chez moi.Il comprend im

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    — ÉlisaJ'y vais un jeudi matin, seule, sans le dire à personne. Pas à Gabriel, pas à Clara, pas à Claire. Ce n'est pas un secret , c'est une chose qui ne concerne que moi, une visite que je dois faire sans témoin, comme on retourne seul sur une tombe.L'immeuble est là, dans sa rue calme du septième, identique. La façade haussmannienne, les balcons de fer forgé, la porte cochère verte dont la peinture s'écaille exactement comme avant. Le gardien n'est plus le même , un homme jeune, que je ne connais pas, traverse la cour avec un sac de courses, et je suis soulagée de ne pas reconnaître, et de n'être pas reconnue.Je reste sur le trottoir d'en face, une dizaine de minutes. Je regarde les fenêtres du quatrième. Les rideaux ont changé. Il y a une plante sur le balcon, un géranium rouge, chose impossible du temp

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