MasukAmelia / Ivy
Trois jours ont passé depuis le dîner.
Trois jours depuis que ses lèvres ont frôlé les miennes.
Trois jours à revivre cette seconde encore et encore, dans chaque instant de silence, dans chaque regard vide, dans chaque nuit où Alexander me prend sans que je sois vraiment là.
Il a senti mon absence. Forcément. Il n'est pas aveugle. Mais il met ça sur le compte de la fatigu
Alexander La chapelle n'est pas seulement petite, elle est minuscule, une crevasse de pierre oubliée au milieu de nulle part, choisie parce que le silence y est si pur qu'on entend les battements de son propre cœur, parce que les murs y sont si épais qu'ils tiennent le monde entier à distance, parce que c'est ici, dans ce sanctuaire anonyme, que nous avons décidé de tout effacer pour tout recommencer. Il n'y a pas de fleurs, pas de musique, pas d'orgue, pas de chœur. Il n'y a que la respiration rauque des cierges qui consument leur cire en larmes fumantes, des courants d'air glacés qui se faufilent sous les portes comme des fantômes curieux, et un prêtre, un vieillard voûté dont la voix tremble, une voix d'outre-tombe qui semble bénir autant les vivants que les morts. Dimitri est là. Il est debout dans l'ombre d'un pilier, si parfaitement immobile qu'il pourrait être une sculpture de sel, une statue de doule
Elle me regarde, elle me regarde longtemps, très longtemps, et je vois, je vois dans ses yeux la même force, le même courage, la même détermination, le même amour, et je sais, je sais qu'elle va dire oui, qu'elle va accepter, qu'elle va choisir, qu'elle va aimer, pour de bon, pour toujours.— Oui, dit-elle, et ses larmes coulent, ses larmes de joie, ses larmes de paix, ses larmes de renaissance. Oui, Alexander, oui, je veux t'épouser, oui, je veux être ta femme, oui, je veux être ta compagne, oui, je veux être ton amie, oui, je veux être ton amante, oui, je veux être ta vie, pour de bon, pour toujours.Je prends la bague, je la glisse à son doigt, ses doigts tremblent, ses mains tremblent, tout son corps tremble, et je l'embrasse, je l'embrasse comme je n'ai jamais embrassé, comme on embrasse ce qu'on a perdu et qu'on retrouve, comme on embrasse ce qu'on a cru m
Je pleure sur Dimitri, sur ses mains qui m'ont tenue, sur ses yeux qui m'ont regardée, sur son cœur qui m'a aimée, même après tout ça, même après toutes mes trahisons, toutes mes ruines, toutes mes cendres, je pleure sur lui, sur l'homme qu'il est, sur l'homme qu'il est devenu, sur l'homme qu'il sera, pour toujours, à jamais.Je pleure sur moi, sur cette femme que j'étais, sur cette vengeance que j'ai portée, sur cette haine que j'ai nourrie, sur cette douleur que j'ai traversée, sur cette renaissance que j'ai choisie, sur cette vie que j'ai construite, sur cet amour que j'ai trouvé, pour de bon, pour toujours.Les larmes coulent, elles coulent comme une rivière, comme une mer, comme un océan, elles emportent tout, la haine, la rage, le désespoir, elles emportent les ombres du passé, les fantômes de la nuit, les souvenirs de l'enfer, e
Je me retourne, Dimitri est là, dans l'encadrement de la porte, ses yeux gris me regardent, ses mains ne tremblent pas, ses lèvres sourient, et je vois, je vois dans ses yeux la même force, le même courage, la même détermination, et je sais, je sais qu'il a raison, qu'il a toujours eu raison, que c'est le seul chemin, la seule voie, la seule issue.— Tu ne t'es pas trompé, répète-t-il, et il s'approche, il pose sa main sur mon épaule, il me regarde, ses yeux sont calmes, ses traits sont apaisés, ses mains sont fermes. Tu as choisi la vie, Alexander, tu as choisi l'amour, tu as choisi le pardon, et c'est ce choix qui t'a sauvé, qui t'a sauvé de toi-même, qui t'a sauvé de ce que tu aurais pu devenir, de ce que tu aurais été, de ce que tu aurais fait.— Comment sais-tu ? demandé-je, et ma voix est brisée, épuis&e
AlexanderJe les regarde, ces deux êtres que j'aime, que j'ai aimés, que j'aimerai toujours, même après tout ça, même après toutes ces trahisons, toutes ces ruines, toutes ces cendres, et je vois, je vois dans leurs yeux la même force, le même courage, la même détermination, et je sais, je sais qu'ils ont raison, qu'ils ont toujours eu raison, que c'est la seule façon, la seule chance, la seule issue.— Comment ? demandé-je, et ma voix n'est qu'un souffle, une prière, un désespoir. Comment ne pas les haïr, comment ne pas vouloir les détruire, comment ne pas vouloir les tuer, après tout ce qu'ils ont fait, après tout ce qu'ils ont tenté, après tout ce qu'ils auraient pu faire ?— En les arrêtant, répond Dimitri, et ses yeux brillent, ses mains se serrent, sa voix devient fer
Elle prend son téléphone, elle compose le numéro qu'elle connaît par cœur, qu'elle connaît depuis toujours, qu'elle connaîtra toujours, et elle parle, elle parle à voix basse, elle explique, elle demande, elle supplie, et je la regarde, je la regarde parler à l'homme qu'elle a aimé, qu'elle a perdu, qu'elle a retrouvé, qu'elle a choisi de quitter, et je me demande si elle regrette, si elle souffre, si elle pense encore à lui, si elle l'aime encore, si elle l'aimera toujours.— Il vient, dit-elle, et elle repose le téléphone, elle se tourne vers moi, ses yeux sont calmes, ses traits sont apaisés, ses mains ne tremblent plus. Il vient, Alexander, il vient pour nous aider, pour les arrêter, pour nous sauver.— Pourquoi ? demandé-je, et ma voix est à peine un souffle, une question que je n'ose pas poser, une réponse que je n'attends pas, une vérité que je ne veux pas savoir. Pourquoi il vient, pourquoi il nous aide, pourquoi il nous sauve, après tout ce que je lui ai fait, après tout ce q
VANCELes portes de l'ascenseur privé se referment dans un silence d'étoupe, m'arrachant à l'étage où je l'ai laissée. L'air conditionné du lift me frappe au visage, mais il ne parvient pas à éteindre la chaleur qui couve sous ma peau. Une chaleur d'étuve, lourde et électrique.Mon appartement du d
AMELIALe froid du sol en verre traverse ma robe, ancre mon corps dans ce moment, dans cet endroit. Le silence après sa sortie est assourdissant, mais il n’est pas vide. Il est chargé d’électricité, du parfum de son arrogance, de l’empreinte de sa chaleur à quelques centimètres de moi.Et au cœur d
Roy — C’est trop tard, Ivy ou Amelia. Peu importe ton nom. Je t’aime. Je suis tombé amoureux de la femme qui se battait pour survivre. De la force qui refusait de s’éteindre. Et même… même de la froide détermination qui a pris sa place. Je t’aime. La vraie toi, celle qui est piégée à l’intérieur d
RoyLe jour se lève,couleur de plomb. Un jour de fin du monde. Sa fin à elle, la dernière étape. La mienne, aussi, d’une certaine manière.Je l’entends bouger dans sa chambre, des bruits feutrés, le froissement d’un tissu précieux, le cliquetis discret de bijoux. Elle se prépare pour son entrée sur







