LOGINRésumé La vie d'Eléni bascule lorsque son frère, désespéré par les dettes de jeu, emprunte une somme colossale à l'organisation de Léandros. Pour sauver son frère d'une mort certaine et protéger l'héritage de son père, Eléni n'a d'autre choix que d'accepter l'offre de Léandros : il efface la dette, mais en échange, elle lui appartient. Léandros ne veut pas d'une simple servante. Il veut Eléni, corps et âme. Il l'emmène dans son domaine imprenable sur les falaises de la Riviera athénienne, un palais moderne qui est sa cage dorée. Il use de manipulation psychologique, d'une autorité absolue et d'une attraction brûlante et dévastatrice pour briser sa volonté et la forcer à voir l'homme derrière le monstre.
View MoreEléni
Le goût du sel et de l’huile d’olive est encore sur mes lèvres. Dans la cuisine du Kyrios, l’air est chaud, familier, bercé par le murmure des clients et le crépitement de la friture. C’est l’âme de mon père, ici. C’est tout ce qu’il me reste.
Et c’est à ce moment précis que la porte s’ouvre, balayant d’un coup la chaleur et les sourires.
Ils ne sont pas entrés en criant. Leur silence était bien plus terrifiant. Deux hommes, larges comme des portes, vêtus de costumes sombres qui ne dissimulaient pas la menace qui émanait d’eux. Ils se sont écartés, et lui est entré.
Léandros Markos.
Je n’avais jamais vu qu’une photo de lui, dans la presse économique. En personne, c’était une onde de choc. Grand, taillé dans le marbre et l’arrogance. Son regard, de ce gris orageux de la mer Égée avant la tempête, a balayé la salle avant de se poser sur moi. Il a traversé le restaurant comme une lame, indifférent au silence soudain qui s’était abattu.
— Eléni Petrakis.
Ma voix s’est coincée dans ma gorge. Je n’ai pu que hocher la tête, les doigts serrés sur le torchon que je tenais.
— Ton frère, Nikos, nous doit une somme considérable. Un pari… malheureux.
Il a sorti un papier de la poche intérieure de sa veste. Un contrat. Les chiffres dansaient devant mes yeux, si élevés qu’ils en perdaient leur sens. De quoi nous ruiner vingt fois.
— Il ne peut pas payer, a-t-il continué, sa voix était un velours posé sur de l’acier. Selon nos termes, cela a des conséquences. Très… définitives.
La peur a glacé le sang dans mes veines. Nikos… Mon petit frère, idiot et impulsif.
— Je… Je trouverai l’argent. Donnez-moi du temps, ai-je supplié, la voix tremblante.
Un sourire froid a effleuré ses lèvres. Ce n’était pas un sourire de compassion.
— Le temps est une denrée que je ne vends pas. Mais il y a autre chose. Une contrepartie.
Son regard a parcouru mon visage, puis mon corps, avec une intensité si brute que j’ai eu l’impression d’être mise à nu. C’était une évaluation. Une estimation.
— Toi.
Le mot a résonné dans le silence absolu.
— Moi ? ai-je chuchoté, incrédule.
— La dette sera effacée. Ton frère sera oublié. En échange, tu viens avec moi. Tu m’appartiens.
Le monde a vacillé. Appartenir. Le mot a résonné comme un verrou qui se ferme.
— Vous êtes fou, ai-je respiré, la révolte se levant enfin. Je ne suis pas une marchandise !
— Tout est une marchandise, Eléni. Même l’âme a un prix. Le tien vient d’être fixé : la vie de ton frère.
Il a posé le contrat sur le comptoir, à côté d’un plat d’olives.
— Tu as jusqu’à demain matin neuf heures pour dire au revoir à cette vie. Ensuite, elle ne t’appartiendra plus.
Sans un mot de plus, il s’est retourné et est parti, laissant derrière lui le parfum froid du pouvoir et du désespoir. Ses hommes l’ont suivi.
Je suis restée là, figée, les jambes tremblantes. Le parfum enivrant du basilic et de l’ail, qui était toute ma vie, s’était soudainement évaporé. Remplacé par l’odeur métallique de la peur.
Je regarde mes mains. Elles ne sentent plus la nourriture. Elles sentent la dette.
Et je sais, au plus profond de moi, qu’à neuf heures demain, je serai partie.
Il rit un rire amer, sans joie.— Un cœur. Oui. C'est bien le problème.Il se tourne enfin, me fait face. Dans la pénombre, ses yeux sont deux braises.— Tu sais ce que je fais, Eléni. Tu sais qui je suis. Les gens que je tue, les vies que je détruis, l'empire que j'ai bâti sur la souffrance des autres. Et pourtant, je suis incapable de dire non à ma mère. Incapable de la chasser de ma vie. Incapable de guérir.— La guérison n'est pas un interrupteur. C'est un chemin.— Je suis fatigué de marcher.— Alors arrête-toi un moment. Repose-toi. Je suis là.Il me regarde longtemps, intensément. Puis il écrase sa cigarette, me prend dans ses bras, enfouit son visage dans mes cheveux.— Qu'est-ce que j'ai fait pour te mériter ?— Rien. Tu ne m'as pas méritée. Tu m'as
Elle est belle. D'une beauté froide, sculpturale, qui a dû être éblouissante il y a trente ans. Les mêmes yeux que lui, ce gris acier, mais sans la chaleur qu'il arrive parfois à y mettre. La même mâchoire, mais plus dure, plus tranchante. Elle le regarde comme on regarde une opportunité, pas comme on regarde un fils.— Léandros, dit-elle avec un sourire qui n'atteint pas ses yeux. Mon enfant.— Mère.Il se lève, mais ne s'approche pas. Je me lève aussi, par politesse, par solidarité.— Qui est-ce ? demande-t-elle en me détaillant de la tête aux pieds, une évaluation froide, clinique.— Eléni. Ma compagne.Les mots font battre mon cœur plus vite. Il ne m'avait jamais appelée ainsi devant quelqu'un. Ma compagne.— Enchantée, dis-je en tendant la main.
ÉleniTrois semaines.Trois semaines de bonheur absolu, hors du temps, hors du monde.Trois semaines à apprendre chaque recoin de son corps, chaque expression de son visage, chaque intonation de sa voix. Trois semaines à me réveiller dans ses bras, à m'endormir contre sa poitrine, à exister dans cet entre-deux où je ne sais plus où je finis et où il commence.Trois semaines à oublier que le monde extérieur existe.Jusqu'à ce coup de fil.C'est un après-midi, nous sommes dans la bibliothèque. Il lit un rapport, je suis blottie contre lui sur le canapé, un livre à la main que je ne lis pas vraiment , je préfère regarder les ombres que la lumière du soleil couchant dessine sur son visage. Son téléphone sonne. Il regarde l'écran, hésite une fraction de seconde, décro
Après, je pose ma tête sur sa poitrine, j'écoute son cœur qui ralentit, je sens sa main qui caresse machinalement mon dos.— À quoi tu penses ? demande-t-il.— À rien. À tout. À nous.— C'est bien ?— C'est terrifiant. C'est magnifique. Je ne sais pas.— Moi non plus. Mais on va le découvrir ensemble.— Promis ?— Juré.Je ferme les yeux, bercée par sa chaleur, par sa présence, par la certitude absurde que quoi qu'il arrive, je suis exactement où je dois être.ÉleniLes jours qui suivent sont hors du temps.Je perds la notion des heures, des jours de la semaine. Chaque matin, je me réveille dans ses bras ou parfois seule, avec un mot sur l'oreiller, un café qui refroidit sur la table de chevet, la promesse qu'il revien






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