เข้าสู่ระบบPOV de Maëlle
Le coton se colore de rouge entre mes doigts.
Depuis qu’il m’a parlé de son rêve, je n’arrive plus à respirer normalement près de lui.
Je passe du désinfectant sur la dernière coupure. Ses doigts se referment brusquement autour des miens.
— Regarde-moi.
Je relève la tête.
Ses yeux restent accrochés aux miens. La façon dont il me regarde me donne l’impression d’être nue.
Sacha tire sur ma main et je perds l’équilibre. Il me rattrape par la taille avant que je tombe, puis me garde assise sur sa cuisse.
Je reste collée à lui, le dos chauffé par son torse et sa cuisse dure sous mes fesses. Le reste de la cuisine disparaît.
Sacha écarte mes cheveux et pose sa bouche sous mon oreille.
Un frisson me traverse jusqu’au ventre.
— Tu trembles, murmure-t-il.
Sa voix contre ma peau aggrave les choses. Il embrasse lentement mon cou, puis laisse ses lèvres s’y attarder pendant que sa main remonte de ma taille jusqu’à mes côtes.
Je serre toujours la compresse. Elle tombe lorsque son pouce effleure le dessous de mon sein.
Sacha s’arrête.
Sa bouche reste contre mon cou, sa main immobile sur mon corps.
Je tourne légèrement la tête vers lui.
Ce mouvement suffit.
Ses doigts se resserrent sur ma taille et il me retourne sur sa cuisse. Je me retrouve face à lui, les genoux de chaque côté des siens. La chaleur me monte au visage, puis descend beaucoup plus bas lorsque je sens son corps se tendre sous moi.
Sacha glisse une main dans mes cheveux. Il approche ma bouche de la sienne sans m’embrasser. Son souffle touche mes lèvres.
— Si tu restes là, je vais finir mon rêve.
Mon ventre se contracte. Je fixe sa bouche en oubliant complètement sa main blessée.
Le parquet craque à l’étage.
Sacha me repose au sol avant que Bastien arrive dans l’escalier. Je ramasse la trousse de secours et monte dans ma chambre sans regarder mon frère.
Une fois la porte fermée, je porte les doigts à mes lèvres. Sacha ne m’a même pas embrassée, pourtant tout mon corps brûle comme s’il l’avait fait.
Le lendemain matin, Théo m’envoie une photo.
Il est au lit avec une fille que j’ai vue à la fête. Elle est nue sous le drap, collée contre son torse, et sa main à lui couvre son sein. Ils sourient tous les deux.
**Reste vierge toute ta vie. Moi, j’ai trouvé mieux.**
Je regarde l’heure d’envoi. Huit heures quarante-sept.
La photo date de quelques minutes.
J’appelle Théo sans réfléchir. Une sonnerie, puis le répondeur. Au deuxième essai, l’appel ne passe plus. Il m’a envoyé l’image avant de bloquer mon numéro.
Je tape un message pour l’insulter, puis j’efface tout. Il voulait me faire réagir. Je refuse de lui donner cette satisfaction, même si je pleure déjà.
Je retourne voir la photo.
La fille est belle, avec plus de courbes que moi et l’air parfaitement à l’aise dans son lit. Je zoome sur son visage comme si l’image pouvait m’expliquer ce qui me manque.
Hier soir, Théo disait qu’il voulait une vraie relation. En réalité, il voulait une fille qui dise oui.
Je le comprends. Ça ne m’empêche pas d’avoir mal.
Je repense aux messages avant de dormir et à la première fois qu’il m’a appelée sa copine. Pour lui, tout s’arrêtait devant une culotte que je refusais d’enlever.
Quand Solène arrive, je suis assise par terre contre mon lit, le téléphone serré dans ma main. Elle voit la photo et lâche son sac.
— Oh, Maëlle…
Sa voix douce me fait craquer. Je lui avoue que j’ai appelé et que je déteste encore l’idée qu’il préfère une autre fille. Solène s’assoit par terre et me serre contre elle.
Le soir, Bastien refuse de me laisser seule. Son équipe organise une collecte dans un club près du port de Marseille. Solène accepte pour nous deux, et je ne proteste pas lorsque j’apprends que Sacha vient aussi.
Dans la voiture, je retrouve son regard dans le rétroviseur. La nuit dernière revient aussitôt : sa bouche dans mon cou, sa cuisse sous moi, la promesse faite tout près de mes lèvres.
Cette fois, je détourne les yeux parce que Bastien est assis à côté de lui.
Le club est déjà plein lorsque nous arrivons. À peine entré, Sacha est salué par le videur, la barmaid et plusieurs hommes autour d’une table de billard. Il appartient à cet endroit d’une façon que je ne lui connaissais pas.
Une blonde en robe argentée l’embrasse sur les joues et garde une main sur son bras.
Je la déteste immédiatement.
Elle est sûre d’elle, magnifique, exactement le genre de femme qu’un homme comme Sacha pourrait ramener dans son lit sans avoir à tout lui apprendre. Après la photo de Théo, la comparaison me frappe de plein fouet.
Puis Sacha regarde par-dessus son épaule et me trouve dans la foule.
La blonde continue de parler. Sacha garde les yeux sur moi.
Je ne comprends rien au billard, mais les gens se taisent lorsque Sacha se penche sur la dernière bille.
Sa main bandée se pose sur le tapis vert. La chemise tire sur ses épaules et remonte légèrement au-dessus de sa ceinture. J’oublie la blonde. J’oublie mê
me que je suis censée avoir le cœur brisé.
Sacha prend son temps, frappe, et la bille noire tombe dans la poche après avoir longé le bord.
Les hommes protestent. Il pousse l’argent gagné dans la boîte de collecte de Bastien, puis vient vers moi.
La blonde tente de lui barrer le passage.
— Tu me dois une danse.
— Non.
Il la contourne.
Lorsqu’il s’arrête devant moi, je me sens plus belle qu’elle. C’est idiot, mais j’en avais besoin.
Sacha retire mon verre de ma main et le pose sur le bar.
— Viens.
Il m’entraîne sur la piste.
Au premier contact, la tension de la veille revient plus forte. Sacha me rapproche et je retrouve contre lui cette chaleur qui m’a empêchée de dormir. La musique est lente, lourde. Elle nous donne une excuse pour rester collés, mais je sais très vite que je n’en ai pas besoin.
J’aime sa main dans mon dos et son regard sur ma bouche. Quand la foule me pousse contre lui, je reste là, les mains posées sur ses épaules.
Sacha me fait tourner. Mon dos rencontre son torse et sa bouche se pose dans mon cou, exactement au même endroit que la veille.
Je ferme les yeux.
Son érection presse contre moi. La sensation m’arrache un souffle et allume une chaleur vive entre mes jambes. J’ai besoin qu’il se rapproche encore.
Je me laisse aller contre lui. Sacha serre ma hanche et nos corps trouvent le même rythme sans que j’aie besoin d’y penser. Sa bouche glisse sous mon oreille, ses dents accrochent ma peau, et ma culotte devient humide.
Avec Théo, j’attendais que ça s’arrête. Là, je voudrais que Sacha continue jusqu’à me faire oublier la foule autour de nous.
Sacha me retourne face à lui. Sa main s’enfonce dans mes cheveux et sa cuisse se place entre les miennes. La pression me fait frissonner. Je m’accroche à sa nuque au lieu de reculer.
Il baisse les yeux vers ma bouche. Sa main serre mes cheveux et relève légèrement mon visage.
— Tu sais ce que tu fais ?
Je rapproche encore mes hanches.
— Oui.
Son regard tombe sur mes lèvres.
Je tire sur sa nuque.
— Embrasse-moi.
POV de MaëlleLe bandeau tombe sur le sol.Je cligne plusieurs fois des yeux avant de distinguer la pièce.L’homme assis en face de moi a une soixantaine d’années. Son costume est impeccable et il paraît parfaitement à sa place dans ce bureau, contrairement aux deux hommes armés qui m’ont amenée jusqu’ici.Mia n’est pas là.— Vous êtes qui ?— Le père de Sacha.Je le regarde mieux.Maintenant que je le sais, la ressemblance devient évidente. Les mêmes yeux clairs, la même façon de tenir la tête lorsqu’il observe quelqu’un. Chez Sacha, cette froideur peut disparaître. Chez cet homme, elle semble installée depuis toujours.C’est lui.L’homme qui a obligé Sacha à abandonner sa vie quatre ans plus tôt se trouve devant
POV de Maëlle— Non, mon cœur. Je suis ta maman. Apolline est la fiancée de Sacha.Mia baisse les yeux vers son dessin.— Et moi, je suis quoi pour elle ?Je cherche une réponse assez simple pour une enfant de quatre ans.— Tu es la fille de ton papa. Ça ne changera jamais.Mia accepte cette réponse et retourne près de ses feutres. Elle ajoute une couronne au-dessus de sa tête, ferme l’enveloppe et écrit PAPA dessus en tirant la langue sous l’effort.Le lendemain, j’arrive devant l’école à l’heure habituelle. La grille s’ouvre et les enfants sortent par petits groupes. Je repère plusieurs manteaux roses, une veste jaune et des boucles brunes qui appartiennent à une autre petite fille.Mia n’apparaît pas.J’attends que la maîtresse accompagne les deux derniers élèves jusqu’au portail.— Mia est encore dans la classe ?La femme me regarde avec surprise.— Elle est partie vers quinze heures quarante.— Partie où ?— Une dame est venue la chercher. Elle avait votre autorisation.Je reste
POV de MaëlleMia pose son dessin sur le carton ouvert.— Pourquoi Mamie a dit que Sacha était mon papa ?Le cutter reste dans ma main. J’avais imaginé cette conversation tant de fois que je devrais savoir quoi répondre. Pourtant, face à elle, je n’arrive même plus à réfléchir.Mia attend, le menton légèrement relevé. Elle a encore une trace de feutre bleu sur le pouce.Je pose enfin le cutter et l’attire contre moi.— Parce que Sacha est ton papa.Elle ne bouge plus.— Pour de vrai ?— Pour de vrai.Son regard cherche quelque chose sur mon visage. J’essaie de sourire, mais mes lèvres tremblent. Mia le remarque. Elle pose aussitôt sa petite main sur ma joue.— Pourquoi tu pleures ?Je n’avais même pas senti mes yeux se remplir.— Parce que j’aurais dû te le dire plus tôt.Elle essuie maladroitement une larme avec son pouce taché de bleu, puis regarde le dessin. Sacha se tient entre elle et moi, avec des bras immenses et un costume entièrement noir.— Il sait que je suis sa fille ?— O
POV de Maëlle— Tu restes loin de ma sœur, reprend Bastien. Si tu lui fais encore du mal, je te promets que ton argent et tes gardes du corps ne serviront à rien.Une nouvelle réponse arrive. Bastien se raidit.— Essaie seulement.Il raccroche et pose le téléphone sur la table.La colère qui le tient depuis mon aveu cherche encore quelqu’un à frapper. Sacha est loin, alors elle reste enfermée dans la pièce avec nous.— Tu n’aurais pas dû l’appeler, dis-je.— Il fallait bien que quelqu’un lui parle.— Il m’a sortie du commissariat hier. Il sait très bien ce qu’il fait.Ma voix tremble sur les derniers mots. Je prends Mia des bras de ma mère et l’installe contre moi. Elle passe immédiatement les siens autour de mon cou.Bastien détourne la tête. Il voulait me défendre. Je le sais. Pourtant, entendre sa menace me laisse une douleur sourde au milieu de la poitrine. Une partie de moi attend encore que Sacha refuse qu’on lui ordonne de disparaître.Je déteste cette partie-là.Le lendemain,
POV de MaëlleJe me réveille un peu avant onze heures avec l’impression d’avoir dormi quelques minutes. La place de Mia est vide et des voix viennent du salon. Je reconnais celle de ma mère avant même d’ouvrir la porte de la chambre.Solène les a appelés pendant que je dormais.Maman se lève dès qu’elle me voit. Elle me prend dans ses bras et je la laisse faire, trop fatiguée pour lui reprocher d’avoir traversé la moitié du pays sans prévenir. Papa est descendu acheter du pain avec Mia. Bastien se tient près de la fenêtre, encore vêtu de la veste qu’il portait pour conduire.Il ne vient pas m’embrasser. Son téléphone est déjà dans sa main.— Sacha est où ?— Il est reparti.Bastien déverrouille son écran et cherche son numéro.Je quitte les bras de ma mère.— Ne l’appelle pas.— Son groupe t’accuse de vol, te met en garde à vue et essaie de te faire signer une dette de cent cinquante mille euros. J’ai deux ou trois choses à lui dire.— Il n’était pas au courant.— Solène m’a raconté c
POV de MaëlleSacha se tient devant la salle d’interrogatoire. Dorian est derrière lui avec un avocat que je n’ai jamais rencontré. Sacha porte un costume sombre et son manteau reste ouvert sur sa chemise. Son visage ne laisse rien passer, mais son regard se fixe sur moi dès que je sors de la cellule.Je m’arrête.Pendant une seconde, je crois que mon esprit l’a fabriqué parce que je n’en pouvais plus.L’avocat s’adresse à la policière. Les deux lambrequins ont été retrouvés. Les accès utilisés pour modifier l’inventaire viennent d’un prestataire extérieur et les documents portant mon nom ont été falsifiés. Le parquet a déjà reçu les nouveaux éléments.Je comprends seulement l’essentiel.Ils savent que ce n’est pas moi.M







