MON COMPAGNON MORTEL

MON COMPAGNON MORTEL

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بواسطة:  MICHA BOOKSتم تحديثه الآن
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Il y a six ans, Lyra, une louve-garou, a fait le choix déchirant de quitter Julian, son âme sœur humaine. Lorsqu'une ex-petite amie de ce dernier a annoncé sa grossesse, Lyra s'est effacée en silence pour lui offrir la vie normale et stable qu'il méritait. Aujourd'hui devenue une redoutable enquêtrice à l'Agence de la Solidarité Familiale, elle s'est forgé une carapace de glace. Mais son passé la rattrape lorsqu'un dossier prioritaire lui est confié : un garçon de six ans sujet à des crises de colère terrifiantes et inexpliquées. Cet enfant n'est autre que Leo, le fils de Julian. En retrouvant l'homme qu'elle n'a jamais pu oublier, devenu un père célibataire épuisé, Lyra fait face à sa rancœur et à un désir intact. Elle découvre surtout une vérité bouleversante : les troubles de l'enfant n'ont rien de psychologique. Leo est un hybride dont le loup intérieur s'éveille avec une force d'une rare violence. Pour sauver le garçon, Lyra doit lever le voile sur le monde surnaturel et révéler sa véritable nature à Julian. Alors que leur proximité forcée pour encadrer le jeune loup ravive une alchimie foudroyante, une menace mortelle surgit. L'existence de Leo n'est pas un hasard : une mystérieuse organisation traquant les loups aux capacités exceptionnelles a fait de lui sa cible prioritaire. Pour protéger le fils de l'homme qu'elle aime, Lyra devra affronter ses pires démons. Entre un lien d'âme sœur impossible à ignorer et des ennemis impitoyables, elle est désormais prête à tout pour défendre la famille qu'elle avait autrefois fuie.

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الفصل الأول

CHAPITRE 01

LE POINT DE VUE DE LYRA

Il y a six ans.

La première pensée qui m’est traversée l'esprit ce matin-là a été une certitude absolue, presque brûlante, qu'il me fallait absolument retrouver sa bouche et sa chaleur entre mes cuisses. Debout au milieu de sa cuisine baignée par la lumière pâle du lever du jour, vêtue seulement de son immense T-shirt des Yankees qui flottait sur mes genoux et de ma propre culotte, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire comme une idiote devant la vieille machine à café qui s’ébrouait bruyamment sur le comptoir. Chacun de mes mouvements me rappelait la nuit que nous venions de partager, et mes cuisses me lançaient de la meilleure façon qui soit, éveillant des souvenirs récents et délicieux. Mes lèvres étaient encore gonflées à force d’avoir été embrassées sans relâche des heures durant. Sur ma clavicule, je pouvais apercevoir de légères marques de morsures que je devrais dissimuler avec une bonne dose d’anticernes avant de me rendre au travail le lendemain, mais à cet instant précis, je m’en fichais éperdument.

La nuit dernière avait été tout simplement parfaite. Mais au fond, elle était aussi inévitable.

Trois longs mois de tension sourde et d’attirance contenue avaient mené inexorablement à cet instant. Trois mois à tomber amoureuse de lui d’une manière qui m’effrayait au plus haut point, car les manuels non écrits des âmes sœurs n’étaient pas censés s’éprendre l’une de l’autre de cette façon progressive, presque insidieuse. On nous enseigne que ces liens-là se devinent instantanément, qu'il suffit de croiser un regard pour sentir le mystique engrenage se mettre en place et sceller le destin en une fraction de seconde. Sauf qu’avec Julian, si la résonance fondamentale avait été présente dès les tout premiers jours, l’amour, lui, avait grandi lentement, brique après brique. Un coup de fil nocturne après l’autre. Un café partagé en cachette à son bureau pendant que nous passions en revue des dossiers de cas épineux. Une longue conversation sur ses élèves et mes enquêtes de terrain qui, presque sans transition, se transformait en de profondes confidences sur nos enfances, le deuil et nos rêves d’avenir.

J’ai su qu’il était mon partenaire dès l’instant précis où j’ai franchi le seuil de l’école primaire Lincoln, il y a de cela trois mois. Un parfum subtil de cèdre, de pluie et de feu de bois, mêlé à une chaleur humaine à couper le souffle, m’avait frappée si violemment que j’avais manqué de trébucher sur le linoléum. Puis j’avais levé les yeux et je l’étais figée en le voyant, accroupi à côté d’une fillette de huit ans en pleurs, lui parlant avec une douceur infinie au point de me faire monter les larmes aux yeux en plein milieu du couloir. Quand ses yeux sombres avaient croisé les miens à travers la pièce, le lien invisible s’était noué avec la certitude fulgurante d’un coup de foudre.

Julian Grant était mon âme sœur.

Mon partenaire prédestiné, celui dont la présence avait l’évidence d’une page écrite dans les étoiles.

Trois mois d’interactions professionnelles qui, à bas bruit, étaient devenues tout sauf professionnelles.

La première fois qu’il m’avait appelée à minuit passé, j’avais paniqué, craignant qu’un drame ne soit survenu dans le cadre du dossier Rodriguez. Mais il voulait simplement prendre de mes nouvelles après une visite à domicile particulièrement éprouvante qui m'avait laissée vide.

— Tu avais l’air fatiguée aujourd’hui, a-t-il dit de sa voix grave. Je voulais m’assurer que tu allais bien.

Nous avions discuté pendant trois longues heures. De l’affaire en cours, d’abord, pour nous donner une contenance. Puis, peu à peu, des raisons profondes pour lesquelles j’avais choisi de devenir assistante sociale. Des motivations qui l’avaient poussé, lui, à embrasser la carrière d’enseignant. Il m'avait raconté le divorce houleux de ses parents lorsqu’il avait dix ans, une épreuve fondatrice qui lui avait inculqué le désir d’être l’adulte stable et rassurant dont il avait lui-même manqué à l’époque. Je lui avais confié la mort brutale de mes parents quand j’avais douze ans, ce vide abyssal qui m’avait poussée à vouloir arracher les enfants à la douleur qui avait lentement détruit ma mère.

À deux heures du matin, nous avions largement dépassé le stade de la simple relation professionnelle. À trois heures, lorsque nous avions fini par raccrocher à regret, je savais pertinemment que j’étais perdue.

Après cela, les appels nocturnes étaient devenus une habitude précieuse. Deux ou trois fois par semaine, toujours tard le soir, lorsque le monde extérieur s'éteignait et que nous pouvions enfin baisser la garde sans prétendre que nous n'étions que de simples collègues. Il m’avait parlé de son ex-petite amie de la fac, celle qui l’avait trahi avec son propre colocataire. Je lui avais raconté cet homme insipide avec qui ma grand-mère avait essayé de me caser et qui m’avait mortellement ennuyée lors d’un dîner interminable. Nous avions ri de nos rendez-vous ratés, partagé nos goûts musicaux éclectiques et débattu avec ferveur pour savoir si Piège de cristal méritait ou non le titre de film de Noël ultime.

Les contacts physiques avaient commencé timidement vers la sixième semaine. Sa main posée brièvement dans le bas de mon dos pour me frayer un chemin à travers une réunion de parents d’élèves bondée et étouffante. Mes doigts effleurant les siens par un pur hasard calculé quand je lui remettais des documents administratifs. Lui, glissant une mèche rebelle de mes cheveux derrière mon oreille après que j'avais passé douze heures d’affilée au tribunal, l'air exténué d’une survivante de guerre. Des riens. Des choses en apparence parfaitement innocentes. Sauf que rien, absolument rien ne semblait innocent lorsque son simple effleurement envoyait des vagues de feu à travers tout mon système nerveux.

Au bout du troisième mois, je surprenais mes propres pas à me diriger vers sa classe sous des prétextes grossiers, simplement pour croiser son regard. De son côté, il trouvait toujours une excuse absurde pour passer hanter mon bureau. Nous tournions en orbite l’un autour de l’autre, inexorablement attirés, la tension montant de jour en jour jusqu’à cette fameuse soirée d'hier où la digue avait fini par céder.

Nous étions allés boire un verre pour célébrer la clôture définitive du dossier Rodriguez, cette affaire complexe qui m’avait privée de sommeil pendant six semaines consécutives pour arracher trois enfants à un environnement cauchemardesque. Julian s’était investi à mes côtés du premier au dernier jour, acceptant de rester tard pour écouter la fille aînée qui refusait de parler à quiconque d'autre, plaidant avec une ferveur poignante notre cause lors des commissions. Quand le juge avait enfin prononcé sa décision en notre faveur, j’avais failli m’effondrer de soulagement sur les bancs du tribunal.

Pour fêter cela, Julian avait suggéré d’aller prendre une bière dans un pub discret du quartier. Une bière en avait rapidement entraîné trois. Trois pintes qui avaient suffi pour que je le surprenne à dévorer ma bouche des yeux pendant que je parlais, captivé. La discussion s’était prolongée jusqu'à sa voiture, puis sur le seuil, où il m'avait soudain pressée contre la portière côté conducteur, m’embrassant avec une faim insatiable, comme s’il retenait ce geste depuis une éternité.

— Chez toi ou chez moi ? m'avait-il demandé contre mes lèvres, la voix rauque d’un désir longtemps refoulé.

— Chez toi, avais-je réussi à articuler dans un souffle. C’est beaucoup plus près.

Nous avions à peine eu le temps de refermer la porte de son appartement.

J’ai esquissé un nouveau sourire en versant le café fumant dans deux mugs assortis. Mon corps gardait la mémoire délicieuse de cette nuit, endolori de la plus belle des manières à des endroits que j’avais oubliés. Le premier assaut avait été frénétique, presque désespéré, contre le bois de sa porte d’entrée. Le deuxième s’était fait plus lent, exploratoire, ses mains cartographiant chaque centimètre de ma peau comme s'il cherchait à m’apprendre par cœur. Le troisième avait mis en scène sa bouche experte et mes propres cris, poussés assez fort pour que ses voisins les plus proches m'aient très certainement entendue.

Et le quatrième… eh bien, le quatrième, c’était ce moment suspendu où je m’étais enfin autorisée à croire que le bonheur, pour une fois, pouvait m’appartenir.

Il m’avait serrée contre lui ensuite, ses doigts traçant des motifs distraits le long de ma colonne vertébrale pendant que ma respiration s'apaisait peu à peu. Les battements de son cœur résonnaient régulièrement juste sous mon oreille. Forts. Sûrs. Transmettant une impression troublante d’appartenance, comme s'il était déjà mien de toutes les manières possibles, en dépit du fait qu’il ignorait encore tout de notre nature profonde.

— Reste, avait-il murmuré doucement dans mes cheveux emmêlés. Je veux que tu restes encore.

Alors j’étais restée.

Le bruit lointain de la douche venait de s’interrompre dans la salle de bain adjacente, provoquant dans mon estomac ce petit saut ridicule et adolescent dont j’étais pourtant bien trop âgée pour me rendre coupable. J’ai ajouté un nuage de crème dans sa tasse, respectant ses habitudes — il aimait son café clair et relevé de deux sucres, un détail que j'avais mémorisé en l’observant discrètement lors de nos réunions —, tout en cherchant désespérément une formule magique pour lui avouer la vérité.

Salut Julian, bon, à propos d’hier soir. Cette alchimie incroyable qui nous pousse l’un vers l’autre ? Cette étrange certitude qu’on se connaît depuis toujours ? C’est tout simplement parce qu’on est des âmes sœurs liées par une magie ancestrale, et accessoirement parce que je suis une louve-garou. Surprise !

Ouais, c’était le genre de phrase qui passerait sans doute très mal.

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