เข้าสู่ระบบPOINT DE VUE D’ADRIAN Je passe tout le trajet à fixer la route sans vraiment la voir. La ville disparaît derrière nous, laissant place à des portions d’autoroute, des collines au loin et des champs à perte de vue. Armand ne me regarde pas tandis qu’il conduit ; il est entièrement concentré sur la route. Aucun de nous ne dit un mot.J’ai encore du mal à croire que tout cela arrive. Mon père est en vie. L’homme que j’ai vu sortir de ma vie quand j’avais vingt ans n’est pas mort. Il est quelque part, devant nous. Caché.Je me tourne vers Armand. La ressemblance est frappante. La forme de sa mâchoire. Ses yeux. Même ce léger pli entre ses sourcils lorsqu’il se concentre. Je l’observe pendant quelques secondes, puis je détourne le regard.Mon frère. Ce mot résonne encore étrangement dans mon esprit. Je n’aurais jamais imaginé en avoir un.Mes pensées dérivent vers Camille. Vers tout ce qui s’est passé. Le baiser. Son visage. La réaction de tout mon corps quand je l’ai vue. J’avais déjà
POINT DE VUE DE CAMILLE« Où est notre père ? » répète Adrian pour la énième fois.J’entends le désarroi dans sa voix. C’est tellement satisfaisant de voir la couleur quitter son visage. C’est gratifiant de voir la peur grandir dans ses yeux. Un sourire s’étire sur mes lèvres.« Il ne vit pas si loin, répond finalement Armand. Mais, vu la situation, je suis certain qu’il ne souhaite pas te voir. Il ne veut pas que tu saches qu’il est dans les parages. »Je tends le dossier contenant les documents Aegis.« Prends-le, Adrian », dis-je, alors qu’il tourne son regard vers moi.Je lui tends le dossier.« Prends les documents Aegis. Il y a aussi une puce à l’intérieur. Elle contient ce qui n’a pas été mis par écrit. J’espère que tu es comblé, à présent. »Son regard se porte sur le dossier.« Prends-les et rends-moi mon frère. »Il reste immobile pendant plusieurs secondes. Je n’ose imaginer à quel point il se sent brisé, et je savoure chaque instant.Puis, je reprends la parole.« Ce sont
Point de vue de Camille«Qu’est-ce que tu viens de dire?» lance Adrian d’un ton audacieux.Armand semble tendu, mais il ne cède pas de terrain.«J’ai dit que je suis ton frère. Ton demi-frère, pour être précis.»Les mots restent suspendus dans l’air. Je croise les bras en alternant mon regard entre Armand et Adrian. C’est exactement l’issue à laquelle je m’attendais.Soudain, Adrian rit, ce qui me surprend. C’est un rire bref, dénué d’humour.«C’est toi qui as orchestré tout ça, Camille, n’est-ce pas ? Tu n’avais jamais l’intention de céder Aegis aussi facilement.»«Tu as raison sur un point : je ne compte pas abandonner Aegis si aisément. Mais je n’ai rien orchestré. Voici Armand, ton demi-frère. C’est le fils de ton père. Je t’ai dit que ton père était toujours en vie, non ? Eh bien, il a vécu assez longtemps pour avoir deux enfants adultes.»«Tu mens, dit-il, la voix légèrement tremblante.»«Elle ne ment pas, intervient Armand. Mon père est Charles Montclair. J’ai découvert tout ré
POINT DE VUE DE CAMILLE« Camille, j’ai Henri. » La voix d’Adrian résonne dans le téléphone, basse et impitoyable.Mon sang se glace. Pendant une seconde atroce, je ne peux plus respirer. Mais je ne dois pas lui laisser voir que je panique. Je me lève de ma chaise de bureau, les doigts crispés sur le téléphone.« Où est-il ? » demandé-je d’un ton ferme.« Ça n’a pas d’importance. »Je savais que m’intercepter sur la route pour m’embrasser faisait partie d’un plan. Peut-être voulait-il que je baisse ma garde.« Adrian, si tu l’as touché… »« Je ne l’ai pas fait », m’interrompt-il.Sa voix reste effroyablement calme.« Mais ça peut changer. »Une vague de rage m’envahit.« Que veux-tu ? »« Est-ce vraiment nécessaire de poser la question ? » dit-il. « Tu sais exactement ce que je veux. »Je marque une pause.« C’est Aegis, n’est-ce pas ? »« Évidemment. Je veux que tu me le rétrocèdes. »« Non. »« Alors Henri mourra. »Ces mots me transpercent le cœur. Je ferme les yeux. Qu’Adrian puis
POINT DE VUE D’ADRIAN« Une nouvelle instruction est arrivée de la part de la source inconnue », dit Elaine.J’ai un nœud à l’estomac. Que veulent-ils cette fois ?« T’aider, comme d’habitude. »« Tu sais bien que rien n’est gratuit, n’est-ce pas ? Cette source inconnue qui se mêle de nos affaires, ça ne me plaît plus du tout. »Elle fronce les sourcils.« Tu n’as même pas encore écouté ce qu’ils ont à dire, mon amour. »Elle se rapproche de moi.« Quelle est l’instruction ? »Elle me prend le menton dans sa main, ses sourcils se détendant.« Henri. »« Qu’est-ce qu’il y a avec lui ? »« Ils veulent qu’on l’enlève. Et si on n’y arrive pas, on s’en prendra à l’autre frère, Louis. »« Quoi ? »« Tu as bien entendu. »Je secoue la tête, incrédule. Qu’est-il arrivé à l’idée de s’attaquer directement à DOUVCORE ? Pourquoi un enlèvement ?« Écoute, sa sécurité n’est pas aussi renforcée que celle de Camille ou des enfants. L’idée, c’est qu’une fois qu’on les aura, Camille n’aura d’autre choix
POINT DE VUE DE CAMILLEAdrian me serre contre lui. Le souffle me manque. Son regard plonge dans le mien un long moment avant que ses lèvres ne rencontrent les miennes. Et soudain, tout autour de nous s’efface.La colère. La trahison. Les années de souffrance. Il n’y a plus que lui. Plus que nous.Lentement, la distance entre nous s’amenuise jusqu’à disparaître, et je m’abandonne à ces sentiments que j’ai passé des années à feindre d’avoir oubliés.Le temps d’une nuit, DOUVCORE n’existe plus. Pas de vengeance. Juste Adrian et moi. Ensemble. Comme avant que tout ne s’écroule.Puis j’ouvre les yeux et je suffoque. Le plafond de ma chambre me fait face dans la pénombre. Je reste immobile quelques secondes. Mon cœur cogne violemment contre mes côtes.Je regarde autour de moi. Adrian n’est pas là. Un souffle tremblant m’échappe. Ce n’était donc qu’un rêve. Juste un rêve. Je referme les yeux. Mais brièvement, cette fois. Un immense soulagement m’envahit.Je me redresse et dégage mes cheveux
POINT DE VUE DE CAMILLEAdrian ne lève pas les yeux de son téléphone quand sa mère dit, “Le scandale la poursuit encore, tu sais.”Ces mots résonnent nonchalamment sur la table. Des verres en cristal scintillent sous le lustre. Je garde les yeux fixés sur mon assiette intacte, même si ces mots me t
POINT DE VUE D'ADRIANJe quitte la scène du Sommet mondial des technologies la mâchoire serrée, les applaudissements qui suivent ma présentation s'éteignant trop vite.Trois blocages système. Un plantage complet. Et le pire de tout, cette expression sur le visage des investisseurs. De la déception
Quand mes paupières se ferment à nouveau, le monde me paraît plus silencieux. Pendant de longues secondes, je reste immobile sous les lourdes couvertures d'hôpital, tandis que le pâle clair de lune inonde la pièce de fins rayons argentés.La douleur me saisit alors. Une sourde douleur au bas-ventre
La douleur m'envahit avant même que je prenne conscience. Une douleur lancinante et profonde au creux de l'estomac. Puis, le bip régulier d'un appareil électronique à côté de ma tête.Puis, l'odeur âcre de l'antiseptique. J'ouvre lentement les yeux, éblouie par la lumière blanche crue au plafond. P







