ログインJe ne peux plus rester. Pas une nuit de plus. Pas une heure de plus. Pas une minute de plus. Je dois partir, pour me sauver, pour ne pas devenir ce que tu es, pour ne pas devenir ce que tu as fait d'elle.Les larmes viennent. Elles coulent sur mes joues, tombent sur le papier, bavent les lettres, effacent les mots. Je les essuie, je continue.Je t'aime, Diego. Je t'aime comme je n'ai jamais aimé personne. Je t'aime d'un amour qui me détruit, qui me consume, qui me tue. Et c'est pour ça que je pars. Parce que je ne veux pas mourir. Parce que je veux vivre. Parce que je veux être moi, pas ton ombre, pas ta prisonnière, pas ta chose.Je pose le stylo. Mes mains tremblent, mes larmes coulent, mon cœur se serre. Je regarde la lettre. Elle est courte, trop courte. Elle ne dit pas tout. Elle ne dit pas la peur, la douleur, l'amour. Elle ne dit pas les nuits sans sommeil, les jours sans couleurs, les heures sans fin.
Je pose le passeport sur le lit, à côté de l'argent. Je regarde la boîte. Il reste des choses dedans. Des photos, des lettres, des souvenirs. Des morceaux de ma vie d'avant. Des morceaux de moi.Je prends la photo de ma mère. Elle sourit, ses yeux sont clairs, ses cheveux sont blonds. Elle est belle, elle est jeune, elle est vivante. Elle est morte maintenant, depuis dix ans. Cancer. Elle est partie sans moi, sans adieu, sans rien.— Tu me manques, maman. Tu me manques tous les jours.Je pose la photo sur le lit, à côté du passeport. Je la prendrai. Je l'emmènerai. Elle viendra avec moi.La lettre que je n'ai jamais envoyée. À mon père. Pour lui dire que je lui pardonne, pour lui dire que je l'aime, pour lui dire que je suis désolée. Je ne l'ai jamais envoyée. Je ne l'enverrai jamais. Il est mort, lui aussi. Cœur. Trop de stress,
Plus de téléphone personnel. Celui que j'avais avant, mon vrai téléphone, avec mes contacts, mes photos, mes souvenirs, il est dans un tiroir, quelque part, ou peut-être qu'il a été jeté. Je ne me souviens plus. Je ne me souviens de rien. Les jours se ressemblent, les nuits se ressemblent, les heures s'effacent les unes après les autres.Plus de liberté de mouvement. Les gardes me regardent quand je sors. Ils demandent où je vais, combien de temps, quand je reviens. Ils ne m'empêchent pas de sortir, mais ils surveillent, ils notent, ils rapportent. Chaque pas est une permission. Chaque sortie une faveur. Chaque instant une dette.Je suis une prisonnière dorée.Les murs sont beaux, les draps sont soyeux, la nourriture est bonne. Il y a des fleurs fraîches chaque matin, des serviettes chaudes chaque soir, des attentions qui devraient me faire sentir
ValentinaLa maison est vide.Ce n'est pas vrai, bien sûr. Il y a des gardes dans la cour, leurs silhouettes sombres sous la lumière blafarde des projecteurs. Il y a des hommes dans les couloirs, leurs pas étouffés par les tapis épais. Il y a des domestiques dans les cuisines, qui préparent des repas que personne ne mange. Diego est quelque part, dans son bureau, à boire et à cogner sur les murs, à se détruire à petit feu comme il m'a détruite.La maison est pleine de monde, pleine de bruits, pleine de vie.Mais elle est vide. Vide de ce qui compte. Vide de liberté. Vide de moi.Je suis assise dans la chambre, le dossier posé devant moi, les preuves étalées sur le lit comme des cadavres, comme des souvenirs, comme des condamnations. Des photos, des notes, des relevés d'heures. Tout ce que j'ai trouvé. Tout ce qu
Il reste immobile, les yeux fixés sur moi, les mains tremblantes. Je vois la lutte dans son visage, la peur, le désespoir, l'amour peut-être. Mais je ne veux plus le voir. Je ne veux plus rien voir. Je veux juste qu'il parte. Qu'il disparaisse. Qu'il me laisse mourir en paix.— Sors, Diego.— Je ne peux pas.— Tu peux. Tu dois.— Et toi ? Qu'est-ce que tu vas faire ?— Je ne sais pas. Respirer. Exister. Essayer de ne pas devenir toi.— Tu ne deviendras jamais moi.— J'espère.Il sort. La porte se referme doucement, presque timidement. Le silence revient, plus lourd qu'avant, plus définitif. Je reste tournée vers le mur, les yeux fixés sur le plâtre blanc, les mains serrées sur les draps.Il n'a pas joui. Je l'ai vu. Son visage, sa bouche, ses yeux. Il cherchait quelque chose, un signe, une r&
ValentinaIl est parti.Je ne sais pas quand. Je ne sais pas comment. Je me suis réveillée, et il n'était plus là. Le lit était vide, les draps froids, la chambre silencieuse. Seule l'odeur de lui, cette odeur que je connais trop bien, mêlée à celle de la sueur et du sexe, flotte encore dans l'air, comme un fantôme, comme un souvenir, comme une menace.Je reste allongée, les yeux fixés sur le plafond, le corps inerte, l'esprit vide. Je ne sens rien. Pas de douleur, pas de colère, pas de tristesse. Juste ce vide. Ce trou noir qui s'est ouvert en moi et qui menace de tout engloutir. Mes jambes sont lourdes, mes bras sont lourds, mon cœur est lourd. Tout est lourd. Tout est vide.Mes doigts touchent mon ventre, là où il m'a prise, là où il s'est vidé. La peau est sensible, marquée par ses doigts, par ses ongles, par cette violence qu'il n'a pas su retenir. Des bleus apparaissent, violets et jaunes, comme des fleurs sur ma peau. Des fleurs de do
Il sort une liasse de billets de sa poche, les pose sur une table. Je regarde Lucien, qui hoche la tête. Je prends l'argent, le glisse dans mon sac. Mes doigts tremblent.— Pourquoi ? demandé-je. Pourquoi mes toiles ?Enrico sourit, un sourire étrange, pres
Diego Sa voix est trop calme, trop contrôlée.— L'oiseau. Il veut s'envoler ?Elle pose son crayon, me regarde.— Tout le monde veut s'envoler, Diego. Même toi.Sa réponse me coupe le souffle. Je m'assieds en face d'elle, prends ses mains dans les miennes. Elle ne résiste pas, mais ne s'abandonne
ValentinaSous le jet, je laisse l'eau emporter la sueur, le sexe, ses traces. Mes doigts effleurent les marques , les bleus, les morsures, cette morsure profonde sur mon épaule où ses dents ont percé la peau. Je devrais détester ces marques. Je les caress
ChiaraDans l'intimité feutrée de mon appartement en ville, bureau aux murs tapissés de velours bordeaux, je surveille l'échiquier via flux caméras piratés sur mon laptop sécurisé , Rosa est une mine d'or à 500 euros le rapport. Valentina est à la galerie Lucien : parfait, l'appât avale l'hameçon s







