تسجيل الدخولIl se lève, prend une des bougies, se dirige vers une porte que je n'avais pas remarquée, dissimulée dans les tentures pourpres. Il l'ouvre, se retourne une dernière fois, son visage éclairé par la flamme vacillante. — Bonne nuit, mon amour. Fais de beaux rêves. Je suis là, tout près, derrière cette porte. Je veille sur toi. La porte se referme lourdement. La clé tourne dans la serrure avec un bruit définitif. Je reste seule dans la pénombre, entourée de bougies vacillantes qui dessinent des ombres mouvantes sur les murs de velours, prisonnière de cette cage dorée et souterraine. Et pour la première fois depuis mon enfance misérable, je hurle. Je hurle à m'en briser la voix, jusqu'à ce que mes poumons brûlent, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le silence et les ténèbres épaisses. Personne ne vient. Personne ne m'entend. Je pourrais hurler pendant des jours et des nuits, pe
Sa voix est si convaincante, si pleine d'une indignation apparemment sincère, que pendant une fraction de seconde, je doute. Et puis je me souviens de tout. Les micros dissimulés dans notre chambre. Les menaces à peine voilées. Le regard fixe et obsessionnel qu'il posait sur elle, toute la nuit de la fête, sans jamais se lasser. La folie pure que j'ai vue danser dans ses yeux pâles. — Si tu as touché à un seul de ses cheveux, Nathaniel, je te tue. Je te le jure devant Dieu et devant les hommes. Je te tuerai de mes propres mains, lentement, et je prendrai tout mon temps. — Tu devrais te calmer, James. Tu dis n'importe quoi sous le coup de l'émotion. Au lieu de m'accuser sans preuve, tu devrais la chercher activement. Chaque minute qui passe compte. Il raccroche. Je reste là, le téléphone à la main, tremblant de rage impuissante et d'angoisse absolue. L'avion entame sa descente finale. En bas, l'Angl
Nathaniel. Il est là, assis dans un fauteuil en velours près du lit, parfaitement immobile. La lueur dansante d'une bougie posée sur une table de chevet éclaire son visage par en dessous, creuse ses traits, fait danser des ombres mouvantes et inquiétantes dans ses yeux trop pâles. Il est vêtu d'une chemise blanche impeccable, d'un pantalon sombre parfaitement repassé, comme s'il s'apprêtait à se rendre à une soirée mondaine. Il me regarde avec une intensité brûlante, dévorante, qui me donne la nausée. — Bienvenue chez toi, Amelia. Dans notre maison. Ici, plus personne ne nous séparera. Ici, nous serons enfin ensemble, rien que toi et moi, pour l'éternité. — Où suis-je ? Ma voix est rauque, étrangère, méconnaissable. Qu'est-ce que vous m'avez fait, espèce de monstre ? — Tu es dans notre sanctuaire. Je l'ai préparé pour toi, pendant des semaines et des mois, avec tout mon amo
Je vois dans le rétroviseur la voiture des gardes du corps s'arrêter brutalement derrière nous, les portières s'ouvrir à la volée. Mais avant qu'ils aient pu intervenir, une seconde camionnette noire surgit derrière eux, les bloque complètement, les prend en tenaille. Des coups de feu éclatent, secs et terrifiants. Je ne sais pas qui tire, je ne sais pas qui est touché. Tout se passe trop vite, dans un chaos assourdissant de bruit et de fureur. Amelia se débat comme une lionne, griffe, mord, donne des coups de pied. Mais les hommes sont trop forts, trop nombreux. Ils l'extraient de la voiture sans ménagement, la jettent sans cérémonie dans la camionnette noire comme un vulgaire paquet. Elle crie mon nom, encore et encore , Clara ! Clara, aide-moi, je t'en supplie ! et ce cri me transperce le cœur comme une lame chauffée à blanc. Je fais semblant de me débattre, de vouloir m'interposer courageusement. Un des hommes me repo
Son visage s'illumine d'un soulagement presque excessif. — Génial ! Je t'attends en bas, dans le petit salon. Prends tout ton temps, nous ne sommes pas pressées. Elle sort en refermant doucement la porte. Je me lève, me dirige vers la salle de bain attenante. Je choisis une tenue confortable et élégante — un pantalon de lin blanc, un chemisier de soie crème, des ballerines souples. Rien de trop sophistiqué, juste de quoi être à l'aise et jolie. Je ne sais pas encore que je viens de signer mon arrêt de mort. Ou pire que la mort. Je ne sais pas que ma sœur, ma propre sœur, celle que j'ai protégée toute notre enfance misérable, vient de me vendre à un fou. Clara La voiture file sur la route de campagne, bordée de platanes centenaires dont les branches entrelacées forment une voûte de verdure au-dessus de nos têtes. Je suis au volant de ma décapotable r
Je m'écarte légèrement, plonge mes yeux dans les siens, cherche à y lire une vérité qu'elle ne me dirait pas. — Si quoi que ce soit t'inquiète, le moindre détail, la plus petite anomalie, tu m'appelles. Immédiatement. Jour et nuit. Je laisserai mon téléphone allumé. — Promis. Je t'appellerai si j'ai peur. Je l'embrasse. Un baiser long, profond, désespéré presque, qui voudrait lui dire tout ce que les mots ne peuvent pas exprimer. Ma peur panique de la perdre. Mon amour pour elle, immense et dévorant. Ma détermination farouche à la protéger, quoi qu'il m'en coûte. — Je t'aime, Amelia. Plus que tout. — Je t'aime, James. Reviens-moi vite. Je ne supporte pas d'être loin de toi. Je la lâche à regret, prends ma mallette, franchis la porte massive. Sur le perron de pierre, je me retourne une dernière fois. Elle est là, dans l'encad
Il ne me regarde même pas. Il est trop occupé à la tenir par la main, trop occupé à me narguer, trop occupé à savourer sa victoire.Elle ne me regarde pas non plus. Elle baisse les yeux. Elle a honte. Elle devrait avoir honte. Honte de se don
Une tour de verre et d'acier qui domine le centre-ville, qui semble toucher le ciel, qui écrase tout autour d'elle. Je me sens minuscule en pénétrant dans le hall. Les gens marchent vite, parlent fort, ont l'air important. Des costumes sombres, des tailleurs stricts, des t&ea
La propriété Harrington s'étend devant nous. Majestueuse, avec ses allées bordées d'arbres centenaires, sa façade de pierre blanche qui scintille au soleil couchant.— C'est grand, dit James.— Tu dis toujours &cced
AmeliaL'aube se lève à peine sur la chambre d'hôpital quand j'ouvre les yeux. Mon dos me lance trois jours dans ce fauteuil, à refuser de partir, à refuser de dormir dans le lit qu'on m'avait proposé. Je voulais être là. Je devais être là.James dort encore.Ses traits sont détendus, apaisés. Il







