LA ROSE SANGLANTE
La fièvre me joue-t-elle des tours au point d’inventer une âme à ce démon ?
Je me rendors, ou peut-être que je sombre. À un moment, dans l’obscurité, je sens un souffle chaud contre ma tempe. Puis, quelque chose de léger, de fugace, se pose sur mon front, sur ma joue. Des baisers ? Non, c’est impossible. Vince Moretti n’embrasse pas ses captives. Il les possède. Il les utilise. Pourtant, cette pression sur ma peau est empreinte d’une tendresse qui me donne envie de pleurer.
Quand je reviens à moi quelques heures plus tard, il est toujours là. Ses vêtements sont froissés, ses yeux sont injectés de sang. Il ressemble à un ange déchu qui aurait monté la garde aux portes de l’enfer.