Liaisons féminines 3
Nora
Le monde de la Matriarche est une mécanique de précision, une horlogerie cruelle où chaque engrenage doit s'emboîter dans le silence le plus absolu. J'apprends ses règles en quelques jours, parce que ma vie en dépend, parce que mon retour vers eux en dépend. Tout est codifié : la façon de marcher, de baisser les yeux, de s'agenouiller, de répondre. La façon de respirer, presque. Les repas se prennent debout, pour les soumises, dans une pièce séparée, en silence. Le coucher est strict , chaque femme a sa cellule, nue, sans fenêtre, sans objet personnel. Les mots sont pesés, comptés, rationnés : on ne parle que lorsqu'on est interrogée, et encore, seulement pour dire ce que l'on veut ente