Sur sa peau, mon amour
Sur ta peau, mon amour
Elle croyait avoir tout vécu. Il lui a appris que son corps ne demandait qu'à être réveillé.
Élise pensait l'amour classé, rangé, sans mystère. Puis il y a eu Gabriel. Une main aperçue lors d'un cocktail rien qu'une main, une veine bleue saillant sous la peau, et elle s'est sentie mouillée avant même de croiser son regard. Le désir l'a frappée comme une décharge. Animal. Immédiat. Incontrôlable.
Ce qui commence par un regard torve derrière une plante verte bascule au premier effleurement. Un frôlement dans la rue, et le feu prend. Un baiser sous un lampadaire orange, leurs langues qui se goûtent, se jaugent, se promettent des heures plus sauvages. Leurs solitudes se percutent, se reconnaissent, et dans la nuit qui suit, ils comprennent que leurs corps parlent la même langue interdite.
Élise a le cœur cadenassé depuis que son père l'a quittée. Gabriel fuit toute attache depuis que son frère s'est écrasé sur une route. Mais quand il la plaque contre un mur, quand elle prend l'initiative et qu'il gémit sous sa bouche, il n'y a plus ni peur ni passé. Juste deux épidermes qui se déchirent et se recousent.
Chaque chapitre est une pénétration plus profonde : une lettre obscène laissée sur l'oreiller qu'elle lit les cuisses serrées, un coup de langue sous l'orage, un week-end entre quatre murs où le lit devient un territoire à conquérir , draps trempés, corps qui claquent, cris étouffés dans la chair. Leurs nuits n'ont rien de sage : doigts, bouches, souffles, morsures, paroles sales chuchotées au creux de la nuque, jouissances volées dans l'aube. Gabriel lui apprend à jouir sans retenue. Élise lui apprend à se livrer nu, pas seulement de corps.
Sur sa peau à lui, elle ose tout, s'offre, se déploie, guérit du regard des autres.