LA REVANCHE D'UNE HUMILIÉE
Élianor
Je la regarde, je la regarde à travers la vitre, je la regarde avec ses cheveux gris, ses yeux cernés, ses mains qui tremblent, sa bouche qui s'ouvre, se ferme, s'ouvre, se ferme, comme un poisson hors de l'eau, comme quelqu'un qui cherche de l'air, de la vie, de l'espoir, et qui ne trouve rien, rien que la peur, la terreur, la panique, tout ce qu'on ressent quand on va dire la vérité, la vérité qu'on a cachée, fuie, oubliée, pendant vingt-quatre ans, pendant toute une vie, pendant toute une existence, et qui est là, maintenant, devant elle, devant moi, devant nous, qui attend, qui espère, qui craint, qui redoute, qui souhaite, qui veut sortir, se libérer, se dire, se vivre, enfin, a