Le goût de l'interdit
Et le pire, c’est que cette fatigue-là, je n’en avais pris conscience aussi clairement qu’au moment précis où quelqu’un avait cessé de la considérer comme normale.
Sur le pont, Léo parlait déjà d’autre chose, montrant des reflets sur l’eau, des arbres penchés, un vieux banc plus loin qu’il trouvait “parfait pour une photo stylée”. Je m’accrochai à son énergie comme à une bouée, répondant à moitié, marchant à ses côtés, mais l’intérieur de moi n’avait plus rien de calme. La journée avançait, et au lieu d’apaiser quoi que ce soit, elle rendait tout plus vif. Chaque moment partagé à trois, chaque instant volé à deux, chaque silence, chaque interruption construisait une intimité paradoxale, impo
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