MasukAlexandre franchit le seuil de la maison de sa mère avec cette sensation désagréable d'être observé, évalué, jugé. La demeure familiale, imposante et froide, l'accueillait comme elle l'avait toujours fait : avec un silence pesant et une lumière tamisée qui semblait figer le temps. Les murs étaient couverts de tableaux anciens, des portraits d'ancêtres au regard sévère qui semblaient le scruter à chaque pas. Il traversa le hall, ses pas résonnant sur le marbre, et se dirigea vers le salon.Marguerite était entourée de ses amies. Trois femmes d'un certain âge, élégantes, les cheveux impeccablement coiffés, les bijoux étincelants. Elles étaient en train de finir leur thé quand Alexandre entra. Elles portaient des tailleurs chics, des perles autour du cou, et leurs conversations étaient toujours ponctuées de rires légers et de regards entendus.— Alexandre, mon chéri ! s'exclama l'une d'elles, une femme aux cheveux argentés, en levant sa tasse de thé comme pour porter un toast. Quel beau
Alexandre rentra chez lui, les clés encore dans la main, le corps lourd de cette fatigue qui ne le quittait plus. La journée avait été longue. Les appels, les réunions, les menaces à peine voilées de ses associés. Son empire s'effritait, pierre après pierre, et il ne trouvait pas la force de le retenir.Il poussa la porte de l'appartement. Le silence l'accueillit, puis un bruit de pas légers. Viviane apparut dans l'embrasure du salon, un sourire aux lèvres. Elle portait une robe légère, ses cheveux flottaient sur ses épaules. Elle s'approcha de lui, posa ses bras autour de son cou.— Tu es rentré tard, dit-elle d'une voix douce.— J'avais du travail.— Tu es fatigué. Viens, je t'ai préparé un verre.Il la suivit dans le salon, s'assit sur le canapé, prit le verre qu'elle lui tendait. Elle s'assit à côté de lui, sa main sur sa jambe, ses doigts traçant des cercles sur le tissu.— Tu veux en parler ? demanda-t-elle.— Non.— Je suis là, Alexandre. Pour toi.Il la regarda. Elle était bel
Le lendemain matin, Elsa se rendit à l'académie. L'édifice lui parut soudain étrange, comme si une ombre s'était posée sur ses murs. Le hall, habituellement vibrant de rires et de voix, était plongé dans un silence pesant. Seuls quelques employés circulaient, le regard fuyant. L'ambiance était celle d'un navire après la tempête : calme, mais fragile.Elle franchit les portes de son bureau, posa son sac. Un message l'attendait sur son répondeur. La voix de l'inspecteur chargé de l'enquête était posée, mais il y avait dans ses mots une gravité qui fit frémir Elsa.— Madame Duval, je suis désolé de vous déranger, mais je voulais vous informer que les caméras de surveillance de l'académie n'ont enregistré aucun signal le soir du spectacle. Elles étaient éteintes. Cela semble être un acte délibéré. Je vous tiendrai au courant de la suite de l'enquête.Un frisson d'angoisse la traversa. Les caméras éteintes. Ce n'était pas un hasard. Quelqu'un avait tout planifié. Quelqu'un qui connaissait
La lumière du matin filtrait à travers les rideaux, douce et pâle, comme une caresse hésitante. Elsa était assise sur le canapé, les genoux repliés contre sa poitrine, une tasse de thé froid entre les mains. Elle n'avait pas dormi. Les images de la veille défilaient encore dans sa tête, en boucle, comme un film qu'elle ne pouvait pas arrêter. Le visage de James, sa fuite, son cri. La salle en émoi, les parents choqués, les chuchotements. Et cette vidéo, ces voix, ce baiser volé.Elle entendit la clé tourner dans la serrure. Marcus entra, les bras chargés de sacs en papier d'où s'échappait une odeur de croissants chauds et de café frais. Il portait un sourire doux, mais ses yeux étaient inquiets.— Salut, dit-il en posant les sacs sur la table basse.— Salut, répondit-elle d'une voix faible.Il s'approcha d'elle, se pencha, et l'embrassa sur le front. Ses lèvres étaient chaudes, rassurantes. Elle ferma les yeux, une seconde, et laissa la chaleur de ce geste l'envahir.— Tu as mal dormi
La salle de spectacle était vide. Les chaises, encore en désordre, portaient les traces du tumulte. Les lumières, baissées, laissaient une lueur tamisée comme un voile posé sur le désastre. Marcus se tenait debout, au centre de la scène, les mains dans les poches, le regard fixé sur l'écran éteint. Il avait vu la vidéo, comme tout le monde. Il avait vu les images, entendu les voix. Il avait vu le visage de James se décomposer, sa fuite, sa peur.Il avait retenu Elsa au moment où elle s'était précipitée vers les coulisses, et il avait pris les choses en main. Il avait calmé les parents, vidé la salle, veillé à ce que les élèves quittent les lieux dans le calme. Il avait fait ce qu'il fallait. Mais maintenant que tout le monde était parti, que le silence était revenu, il se demandait ce qui avait bien pu se passer.— Je ne comprends pas, dit-il à voix basse, plus pour lui-même que pour les autres.Nadia était à quelques mètres de lui, les bras croisés, l'air fatiguée. Les autres employé
L'appartement était silencieux. Trop silencieux. Elsa était assise sur le canapé, les mains autour d'une tasse de thé qu'elle n'avait pas touchée depuis une heure. Les images de la soirée défilaient encore dans sa tête, comme un film qu'elle ne pouvait pas arrêter. L'écran, les voix, les visages. James, courant dans les coulisses, son cri, sa fuite. Le brouhaha de la salle, les parents choqués, les chuchotements.Elle avait raccompagné James chez lui, ou plutôt chez Eliot. Eliot l'avait attendu à la sortie, les bras grands ouverts, sans un mot. Il l'avait pris dans ses bras, l'avait serré contre lui, comme pour le protéger du monde entier. Elsa les avait regardés, les larmes aux yeux. Elle avait voulu leur dire quelque chose, mais les mots ne venaient pas. Alors elle était partie, les laissant ensemble, seuls, face à ce qui venait de se passer.Maintenant, elle était là, dans le silence de son appartement, à se demander comment tout cela avait pu arriver. Qui avait fait ça ? Qui avait
Le Dr. Vasquez me fit entrer directement dans son bureau, sans attendre. Sa secrétaire n’eut même pas le temps d’annoncer mon arrivée. Elle m’attendait, debout derrière son bureau, les mains posées sur le dossier du fauteuil face à elle. Elle avait ce regard des gens qui ont quelque chose de diffic
Quatre jours. Quatre jours entiers à tenir le monde à bout de bras pour que ce gala ressemble à une évidence.Quatre jours à vérifier les fiches techniques du traiteur, à goûter trois versions du même velouté de potiron, à négocier avec le fleuriste pour que les orchidées blanches importées de Tha
J’attendis que la porte d’entrée se referme.Viviane était partie. J’avais entendu sa voix dire quelque chose à Alexandre, légère, presque désinvolte un « à plus tard » sans doute, ou un « merci pour le café » puis ses pas dans le couloir, le clic net de la serrure, et enfin le silence. Un silenc
Je rentrai à neuf heures du matin, les vêtements froissés, la bouche sèche. Mes cheveux étaient retombés en mèches ternes autour de mon visage, ma robe bleu nuit portait les plis d’une nuit passée sur un drap trop étroit. Je n’avais même pas pris la peine de me recoiffer avant de quitter la chambre







