ANMELDENELIZABETH
PRÉSENT
PARIS, FRANCE
Pierre... testons-toi. Quand le brun du Baron est entré dans son bureau hier, les pièces se sont emboîtées avec un déclic presque audibl
OLIVIERPASSÉ — IL Y A 10 ANSPARIS, FRANCE — MANOIR D'OLIVIERDeux ans.Deux ans dans cette prison blanche, respirant le même air stérile, écoutant le même silence interrompu seulement par le bruit des machines et les pas lointains des infirmières.Deux ans à être traité comme un invalide, un cadavre qui refusait de pourrir.Mais maintenant, je suis chez moi.Mon manoir à la périphérie de Paris est silencieux, presque fantomatique. Les rideaux restent fermés, les vitres blindées filtrent la lumière du soleil, la transformant en quelque chose de pâle et d'inoffensif. Il n'y a pas de domestiques, pas de visites. Juste moi, les murs et les fantômes qui m'accompagnent depuis cette nuit-là.Je marche lentement dans le couloir principal, ma canne d'ébène frappant le marbre d'un bruit creux. Mon corps n'est plus ce qu'il était — il ne le sera jamais — mais je ne tremble plus comme avant. Je ne tombe plus.Le salon est exactement comme je l'ai laissé. Des livres organisés par ordre d'importa
ELIZABETHPRÉSENTPARIS, FRANCEMes pas tremblent encore en franchissant la porte de l'appartement. Chaque mouvement des jambes est un rappel cru de ce qui s'est passé des heures plus tôt dans l'atelier. L'écho de mes propres cris résonne encore dans mes oreilles, le souvenir de la langue de Pierre découvrant des points que moi-même je ne connaissais pas.John et Mike, mes ombres silencieuses, prennent leurs postes à l'extérieur avec une précision militaire. Mais même eux ne peuvent me protéger de moi-même.
PIERRE DUMONTLa langue brûle encore du goût d'elle — un mélange de vin rouge, de rouge à lèvres amer et de cette tension indéniable qu'elle insiste à maintenir entre nous, comme si je ne pouvais pas sentir, dans chaque respiration haletante qu'elle tente de dissimuler, à quel point elle veut céder.Mais elle ne cède pas.Pas encore.Et c'est ce qui me fascine.Je l'observe tandis qu'elle coupe le filet avec des mouvements précis, ses doigts fermes, mais sa respiration encore irrégulière — cette même resp
ELIZABETHPRÉSENTPARIS, FRANCEPierre... testons-toi. Quand le brun du Baron est entré dans son bureau hier, les pièces se sont emboîtées avec un déclic presque audible. Je connais ce regard qui a glissé sur mon corps une fraction de seconde de trop cette nuit-là. S'il était là, Pierre y était aussi. Et la boisson qu'on m'a envoyée pouvait venir de lui.Ce même Pierre qui fait maintenant semblant de ne pas se souvenir de notre première rencontre "accidentelle" dans les couloirs de la Maison, mais qui a clairement enregistré chaque courb
PASSÉ — IL Y A 11 ANSOLIVIERPARIS, FRANCE — CLINIQUE DE PHYSIOTHÉRAPIELes muscles brûlent comme si quelqu'un avait enfoncé des aiguilles dans chaque fibre.J'essaie de lever le bras droit, mais il tremble comme un chiot abandonné dans le froid. La physiothérapeute — une femme au sourire persistant et aux mains implacables — tient mon coude, guidant le mouvement."Encore une fois, monsieur Lefèvre."J'avale l'amertume de l'effort et j'obéis. Le bras monte, centimètre par centimètre, jusqu'à ce que le tremblement devienne incontrôlable et qu'il retombe sur le tapis comme un morceau de viande morte."Merde," je grommelle, dégoulinant de sueur.Henri observe, debout dans le coin de la pièce, les bras croisés sur son costume impeccable. Il ne dit rien, mais je vois la tension dans sa mâchoire. Il y a huit mois, j'aurais pu lever ce même bras pour planter un couteau dans la gorge d'un homme avant qu'il n'ait le temps de cligner des yeux. Maintenant, je peux à peine tenir un verre d'eau.
PIERRE DUMONTLa montre Breguet à mon poignet indique 11 h 53, quand je décide que je me suis assez contrôlé.Mon bureau en acajou est couvert de rapports non signés tandis que je me lève, ajustant les poignets de soie de ma chemise. Le bureau semble soudainement étouffant, la climatisation incapable de soulager la chaleur qui me brûle de l'intérieur depuis ce matin.L'ascenseur privé descend en silence jusqu'au 12ᵉ étage. Je traverse le hall en verre fumé, où les designers assistants s'écartent comme des gazelles devant un lion. Le studio principal est baigné de lumière naturelle, les tables de dessin éparpillées comme un champ de bataille créatif.Et elle est là.Elizabeth est penchée sur un croquis, la courbe de sa nuque exposée par sa queue de cheval négligée. Mes dents se serrent quand elle rit d'un commentaire du brun, l'un des designers de son équipe — un rire authentique, insouciant, qui devrait être dirigé vers moi.Mes doigts envoient rapidement un message à Antoine :JE VEU
Heros GreenNew York, Todt Hill — 3 jours plus tardL’air à l’intérieur du bureau était dense, presque palpable. L’odeur du whisky vieilli se mêlait à celle du cuir ancien des meubles et à la fumée résiduelle des cigares cubains qui flottait encore dans la pièce. J’étais assis derrière l’imposant b
Luther GreenLe bureau était plongé dans l’ombre. Seule la lampe du bureau éclairait partiellement le visage de mes frères, projetant de longues ombres qui dansaient sur les murs sombres. La tension était épaisse, presque électrique. Je n’arrivais pas à rester en place. Je faisais les cent pas, mon
Zedekiah GreenLa faible lumière de l’ampoule se balançait au plafond comme un pendule brisé, projetant de longues ombres déformées qui semblaient vivantes sur les murs humides du sous-sol. L’air était épais, lourd de l’odeur de moisissure, de rouille et du subtil parfum de peur que j’avais appris
Liora VossMoscou, Ulitsa Arbat — Rue ArbatJ’ai attendu devant les grilles de l’école pendant plus de deux heures. Mon téléphone était devenu chaud dans ma main à force d’appeler Mackenzie — ma mère — encore et encore.Vingt-trois fois.Chaque appel tombait directement sur la messagerie vocale.Le







