เข้าสู่ระบบAlexie retourna vers ses amis avec l’aisance d’un chat qui essaie de prétendre qu’il n’a pas renversé le vase du salon. Ses jambes étaient presque flexibles, ses yeux presque normaux, ses pensées presque raisonnables.
Presque.
Les trois paires d’yeux rivées sur elle parlaient d’elles-mêmes :
Sarah posa les coudes sur la table, sourire carnassier.
— Alors… premier contact, premier échange, première étincelle. Bravo.
Alexie leva les yeux au ciel, essayant d’ignorer la chaleur encore vissée dans son sternum.
— On récapitule, déclara Malik comme un présentateur télé.
— Le flirt maladroit, murmura Alexie, ironique. Je vais faire fortune avec cette technique.
Camille, elle, observait Alexie avec une douceur inquiète :
— Dis-moi honnêtement… tu vas bien ?
Alexie inspira un peu trop fort.
— Je vais bien. Très bien. Je suis la définition vivante de la personne qui gère parfaitement la situation.
Sarah rit doucement. Mais son regard restait attentif.
— On ne va pas te juger… enfin… pas trop fort. Surtout parce qu’on adore ce qui se passe.
Malik acquiesça avec un sérieux exagéré.
— Nous sommes le comité de surveillance. Le moindre faux pas est immédiatement analysé, critiqué et potentiellement moqué.
Elle haussa un sourcil.
— Je ne sais pas si je dois te frapper ou te remercier.
— Tu peux faire les deux, proposa-t-il avec bonne volonté.
Camille détourna un instant son attention vers Ethan, puis vers Alexie :
— Tu as vu comme il t’a regardée… encore ?
Alexie baissa rapidement les yeux, prise en flagrant délit de ne pas vouloir trop espérer.
— C’était un regard de psychopathe. Ou de sociologue. Ou les deux.
Sarah se rapprocha, conspiratrice :
— S’il t’étudie… c’est que tu l’intéresses.
Alexie fronça doucement les sourcils.
Ces hommes-là.
Les hommes qui ne cherchent pas l’attention.
Ceux-là… ne jouent pas.
Ils sélectionnent.
— Ce n’est qu’un pari, rappela Alexie comme pour se protéger.
— Pour toi, oui, répondit Sarah.
Cette phrase se planta dans l’esprit d’Alexie comme un hameçon invisible.
Ne pas savoir.
Elle inspira longuement. Puis fit défiler la scène encore une fois dans sa tête.
Une conclusion s’imposa malgré elle :
— Il n’est pas du genre… sociable.
— Il est du genre “ne t’approche pas si tu n’es pas sûre de survivre”, compléta Malik, l’air sérieux pour une fois.
Alexie esquissa un sourire nerveux.
— Et moi, qu’est-ce que je fais ? J’y vais avec mon petit cocktail rose et mon assurance en papier mâché.
Sarah posa une main sur son bras.
— Parce que tu es la seule dans cette pièce qui ne veut rien lui demander…
Alexie écarquilla les yeux.
— Quoi ?
— Les gens le désirent probablement pour les mauvaises raisons, expliqua Camille.
Malik claqua des doigts.
— Boum. Carte maîtresse.
Sarah ajouta, malicieuse :
— Et il n’a pas su la jouer à son avantage. Alors il revient.
Alexie sentit un frisson glisser le long de son échine.
Oui.
Même quand elle se croyait à l’abri.
Elle osa un regard discret vers l’endroit où il se trouvait.
Mais il n’y était plus.
Un nœud se forma dans son ventre.
Elle scanna la salle — rapidement, sans se lever, essayant de ne pas avoir l’air désespérée.
Rien.
Cette disparition eut un effet étrange.
Et un constat brutal :
— Il est parti.
Les trois amis se tournèrent pour vérifier.
Malik fit mine de regarder sous les tables.
— Peut-être qu’il s’est téléporté.
Sarah soupira, un air de frustration sincère.
— Il a dû sentir que tu reprenais le contrôle.
Alexie avala, sans rien dire.
Parce qu’au fond… elle savait maintenant que ce jeu-là n’avait rien d’amusant.
C’était un pari qui commençait à lui glisser entre les doigts.
Impossible de savoir si elle l’attirait réellement…
Elle décida de porter son verre à ses lèvres.
La première gorgée était froide.
Comme lui.
Elle murmura, plus pour elle-même que pour les autres :
— Ce mec… va me rendre folle.
Sarah répliqua immédiatement :
— Oui. Et c’est pour ça que tu vas gagner.
Alexie sourit malgré elle.
Parce que pour la première fois…
Alexie ne parvenait plus à rester assise.
Elle s’éloigna de la table, sans aller bien loin. Ses pas la portèrent à la limite du lounge, juste assez pour ne plus entendre clairement les commentaires chuchotés derrière elle.
Elle posa ses mains sur la rambarde, ses doigts serrés comme si elle devait physiquement empêcher ses pensées de s’enfuir.
Son cœur n’avait toujours pas retrouvé son rythme normal depuis qu’il était parti.
Quelle idée stupide.
Elle ferma les yeux.
Ce pari avait commencé comme une blague.
Sauf qu’il venait de devenir… autre chose.
Un glissement invisible.
Parce que ce n’était plus à propos de gagner.
Elle resta là, figée, les yeux sur le vide.
Si un inconnu pouvait la déstabiliser autant avec si peu…
Elle sentit un frisson remonter le long de sa colonne.
Peut-être qu’elle n’était pas prête à le découvrir.
Le parfum du bar, mélange d’agrumes et de bois brûlé, flottait autour d’elle. Elle inspira encore, essayant de se raccrocher à quelque chose de réel…
Mais chaque sensation la ramenait à ce moment.
Elle serra les lèvres.
Elle finit par murmurer :
— Je suis en train de perdre la tête.
Sarah apparut à son côté, sans un bruit.
Elle ne plaisantait plus.
— Il t’intrigue… à un point qui n’est pas raisonnable, dit-elle doucement.
Alexie détourna le regard, prise de honte.
— Je sais. Et je déteste ça.
Sarah haussa légèrement les épaules.
— Ce n’est pas ta faute. Il ressemble au genre de danger qu’on n’évite pas.
Alexie émit un rire sans joie.
— C’est raté. Je crois qu’il m’a déjà prise de vitesse.
Sarah la regarda, attentive.
— Alors va plus lentement.
Alexie inspira, tentant d’ancrer ses pieds au sol.
Puis elles rejoignirent la table.
Camille sourit, un peu tendue.
— Tu veux qu’on parte ? On peut finir la soirée ailleurs.
Alexie hésita.
S’éloigner.
Mais une seconde plus tard, une autre pensée s’imposa :
Et si en partant… elle laissait le jeu se refermer ?
Elle se surprit elle-même à poser la question en silence.
Elle se força à sourire :
— Non. Ça va. J’ai… juste besoin de m’habituer à l’idée que je suis peut-être un peu folle.
Malik leva le verre en sa direction.
— Tu n’es pas folle. Tu es… passionnée.
Alexie roula des yeux, amusée malgré elle.
La musique reprenait possession de l’atmosphère, encore plus profonde, encore plus sensuelle.
Le saxophone semblait jouer ses nerfs.
Et l’absence d’Ethan devenait presque… palpable.
Comme une présence silencieuse.
Elle le ressentait encore.
Something unfinished.
Elle posa ses doigts sur le verre froid.
Puis prit une décision simple :
Le reste… on verrait.
Elle leva les yeux vers la salle.
Mais son regard se heurta à un endroit précis.
Elle sentit son cœur se contracter.
Parce que même invisible, Ethan occupait encore la pièce.
Elle se pencha légèrement en avant.
Camille le remarqua aussitôt :
— Tu le cherches… sans vouloir l’avouer.
Alexie referma les yeux une seconde.
— Je ne sais pas ce que je cherche. Probablement une issue de secours.
Malik rit doucement.
— Laisse-moi deviner. Il a débranché toutes les sorties.
Alexie sourit. Tremblante.
Oui.
Elle était entrée dans un jeu dont elle ne connaissait pas les règles.
Ce pari…
Et pourtant, chaque partie d’elle voulait voir ce qui viendrait ensuite.
La soirée touchait doucement à sa fin.
Alexie regardait son cocktail fondu, les glaçons réduits à des petites bulles d’eau.
Camille étira ses bras au-dessus de sa tête.
— Je crois qu’il est temps pour moi d’aller dormir… avant de me transformer en citrouille.
Malik vérifia sa montre avec un air dramatique.
— Trop tard, tu as déjà des tendances potiron depuis minuit.
Camille lui donna un petit coup de poing dans l’épaule.
— Allons-y. La soirée a déjà donné plus que prévu.
Plus que prévu…
Ils récupérèrent leurs affaires.
Sur le chemin vers la sortie, elle jeta un dernier regard vers le bar.
Un vide qui la pinça au creux du ventre.
Elle avait espéré quelque chose.
Mais il était parti.
Une silhouette de l’ombre.
Ils sortirent dans l’air nocturne, plus frais que prévu.
L’humidité de la rue faisait miroiter les pavés sous les lampadaires.
Sarah attrapa le bras d’Alexie.
— Tu veux qu’on dorme ensemble ce soir ? Histoire d’éviter que tu dissèques mentalement chaque seconde du regard qu’il t’a lancé ?
Alexie sourit, même si son cœur n’était pas tout à fait raccord.
— Je dis toujours tout ce que je pense, tu me connais…
Sarah la détailla une seconde, puis hocha simplement la tête.
— D’accord. Fais attention à ta tête, pas trop à ton cœur.
Malik leva la main pour un check paresseux.
— Et si jamais tu veux qu’on kidnappe le gars pour l’interroger, tu m’appelles.
Camille, elle, serra Alexie dans ses bras un peu plus longtemps que d’habitude.
— Ne te perds pas dans cette histoire… ok ?
Alexie hocha la tête.
— Promis.
Mensonge léger.
Ils se séparèrent finalement, chacun prenant une direction différente.
Alexie marcha seule, ses talons claquant doucement contre les pavés.
Elle repassait les scènes en boucle :
Elle secoua la tête pour chasser ces émotions qui s’accumulaient dangereusement.
Mais une question insistait :
Elle passa devant une vitrine et aperçut son reflet.
Rien d’extraordinaire.
Elle continua d’avancer et, par réflexe, regarda par-dessus son épaule.
Personne.
Juste le vent nocturne et le cliquetis lointain d’un feu de circulation.
Pourtant…
Elle n’était pas complètement sortie de son champ.
Elle accéléra un peu.
Elle finit par atteindre son immeuble, badgea l’entrée, monta les escaliers d’un pas rapide.
À l’intérieur : silence.
Elle retira ses chaussures, s’assit sur le bord de son lit sans prendre le temps d’allumer la lumière.
Sa respiration oscillait entre tension et vertige.
Elle passa ses mains sur son visage.
— C’est juste un pari…, murmura-t-elle encore.
Mais son cœur répondit autrement.
Ce n’était pas juste un pari.
Le souvenir de ses yeux noirs restait collé sous sa peau, comme un contact qui n’avait jamais existé.
Elle ferma les yeux.
Et dans l’obscurité, ce qu’elle ressentait était limpide :
Il reviendra.
Et quand il reviendra…
Alexie n'avait pas dormi.Elle était restée allongée dans son lit, yeux ouverts, fixant le plafond de son studio plongé dans le noir. Dehors, Paris continuait de vivre — klaxons lointains, rires étouffés, sirène qui passait.Mais elle, elle était coincée dans une boucle.Le balcon. Les lumières. Ses mains. Sa voix.« Reste. »Elle avait fermé les yeux, essayé de ralentir son cœur. En vain.Chaque fois qu'elle revoyait la scène, elle sentait à nouveau cette hésitation. Cette seconde où elle avait failli céder.Et surtout, cette terreur sourde : elle voulait rester.À 3h du matin, elle s'était levée. Avait marché jusqu'à la fenêtre. Paris scintillait en contrebas, indifférent à son chaos intérieur.Elle avait posé une main sur la vitre froide, cherchant quelque chose pour l'ancrer dans le réel.Mais tout ce qu'elle sentait, c'était encore la chaleur de ses paumes sur son visage. Le goût du vin sur ses lèvres. L'intensité de ce regard quand il avait murmuré ce mot.Un seul mot.Qui chang
L’ascenseur monta lentement, dans un silence presque trop parfait.Alexie gardait les yeux fixés sur les chiffres lumineux qui défilaient au-dessus de la porte. Chaque étage franchi lui donnait l’étrange sensation de s’enfoncer un peu plus loin dans une décision qu’elle n’avait pas complètement prise. Ses doigts se crispaient puis se relâchaient autour de la lanière de son sac. Sa respiration était calme en apparence, mais son corps, lui, savait déjà.Elle n’était pas venue pour un simple dîner.Quand l’ascenseur s’arrêta enfin, les portes s’ouvrirent sur un palier silencieux. Un tapis épais absorbait les pas. L’air sentait légèrement le bois ciré et quelque chose de plus chaud, plus vivant. De la cuisine, peut-être.Ethan l’attendait devant sa porte.Il ne souriait pas vraiment. Son regard, en revanche, était attentif. Présent. Comme s’il avait noté chaque micro-changement dans son expression depuis la dernière fois qu’ils s’étaient vus.— Entre, dit-il simplement.La porte se referm
Les fleurs trônaient sur le bureau d'Alexie depuis maintenant deux heures.Et depuis deux heures, elle sentait tous les regards peser sur elle.Claire était passée trois fois. Trois fois pour "rien". Trois fois pour jeter un coup d'œil au bouquet avec un sourire entendu.Marc, le stagiaire discret, avait trouvé une excuse pour venir lui demander un dossier qu'il n'avait jamais demandé avant.Même Valérie, de la compta, était montée "par hasard" et s'était extasiée devant les pivoines blanches.Alexie aurait voulu disparaître sous son bureau.Elle essayait de se concentrer sur son rapport de synthèse. En vain. Chaque fois qu'elle levait les yeux, elle voyait les fleurs.Et chaque fois, son cœur faisait ce petit bond stupide.« J'attendrai. »Son téléphone vibra.Sarah : On doit parler. Du pari.Le message qu'elle avait reçu en fin de matinée. Celui qu'elle avait ignoré pendant deux heures en espérant que Sarah oublierait.Mais Sarah n'oubliait jamais.Nouveau message.Sarah : Je descen
Ethan n'aimait pas attendre.Ce n'était pas une question d'impatience ordinaire. Il savait être patient quand il le fallait. Avec les dossiers complexes, les négociations interminables, les décisions à long terme. Il savait calculer, anticiper, différer.Mais attendre quelqu'un… c'était autre chose.Il regarda son téléphone posé sur la table basse de son salon. Écran noir. Silencieux. Trop silencieux.Alexie n'avait pas répondu depuis la veille.Pas de message inutile. Pas de relance déguisée. Pas de signe.Et c'était précisément ce qui l'atteignait.Il se leva, fit quelques pas vers la baie vitrée. Paris s'étendait en contrebas, lumières éparses dans la nuit tombante. Son reflet se dessina dans le verre : calme en apparence, crispé à l'intérieur.Il n'aimait pas cette sensation diffuse dans la poitrine. Ce tiraillement qui n'obéissait à aucune logique.Il avait l'habitude que les choses avancent. Que l'intérêt se transforme vite en certitude. Que les regards appellent les gestes.Ave
Le restaurant était l'un de ces endroits secrets que seuls les Parisiens initiés connaissaient.Pas d'enseigne tape-à-l'œil. Juste une porte en bois sombre dans une rue étroite du Marais, avec une petite plaque en cuivre gravée : Le Jardin Caché.Alexie s'arrêta devant, vérifia l'adresse sur son téléphone pour la troisième fois. C'était bien là.Son cœur battait trop vite.Beaucoup trop vite.Elle portait une robe noire simple mais élégante, celle qui lui arrivait juste au-dessus des genoux, avec un décolleté discret mais suffisant pour suggérer. Ses cheveux tombaient en vagues souples sur ses épaules. Un soupçon de parfum — vanille et jasmin.Elle avait changé de tenue quatre fois.Pathétique.Elle inspira profondément, poussa la porte.L'intérieur était à l'image du nom : un jardin d'hiver transformé en salle de restaurant. Plantes grimpantes, lumière tamisée par des lanternes suspendues, tables en bois brut espacées pour créer une intimité presque palpable. Une musique douce flotta
Ethan Varela détestait les réunions.Surtout celles qui duraient trois heures pour dire ce qui aurait pu tenir en quinze minutes. Surtout celles où la moitié des participants parlaient pour ne rien dire. Surtout celles où il devait faire semblant d'écouter alors que son esprit était ailleurs.Très loin.Sur une fille aux yeux noisette et au sourire qui le rendait fou.— Monsieur Varela ? Votre avis sur la restructuration du département marketing ?Il cligna des yeux, ramené brutalement à la réalité. Autour de la table de conférence, huit paires d'yeux le fixaient avec attention. Le directeur général, Michel Darcourt, attendait sa réponse, stylo suspendu au-dessus de son carnet.Ethan se redressa imperceptiblement. Posture parfaite. Visage impassible. Le masque qu'il maîtrisait à la perfection.— La restructuration est nécessaire, mais elle doit être progressive. Un changement trop brutal créerait de la résistance et impacterait la productivité. Je recommande une phase de transition de







