LOGINPOINT DE VUE DE DAMIENL’air dans la salle privée du Harbor sentait le tabac froid.C’était un lieu neutre, un bureau de transit situé sur la ligne entre les docks du nord et ceux de l’est.Ni le syndicat Echo ni Chevon ne possédaient le bâtiment, ce qui en faisait le seul endroit de ce côté de la ville où vingt hommes armés pouvaient entrer dans la même pièce sans déclencher immédiatement une fusillade.Jima était assis à ma gauche, les bras croisés sur sa poitrine, ses yeux sombres rivés sur la porte. Damon se tenait à un demi-pas derrière mon épaule, son manteau déboutonné, la main posée nonchalamment près de son holster.Lorsque les portes en chêne s’ouvrirent, Camden entra le premier, flanqué de deux gardes du corps. Derrière lui marchait Saint Malone, le directeur principal supervisant les opérations de Chevon.Un homme aux cheveux argentés, à la mâchoire marquée par une cicatrice, l’un des rares que je pouvais supporter.Camden n’était que le porte-parole bruyant qui formulait
DU POINT DE VUE DE DAMIEN« Je te mets au défi. »Ses paroles résonnaient dans mon esprit, transperçant le calme calculé que je maintenais depuis quarante-huit heures entières.Ses doigts s’étaient posés sur ma peau et, à cet instant, j’avais besoin de quelque chose, de n’importe quoi, pour garder ses mains là.Je soupirai en desserrant brutalement ma cravate. La faible empreinte de sa chaleur semblait encore persister sur ma peau.Je détestais pouvoir encore sentir l’empreinte de son contact.Un léger coup retentit à la porte avant qu’elle ne s’ouvre. Damon entra, l’expression mêlant étroitement exaspération et véritable inquiétude.Derrière lui, Diana se glissa à l’intérieur, l’épaule appuyée contre l’encadrement de la porte, un sourire satisfait et insupportable plaqué sur le visage.« Le bureau tient toujours debout ? » demanda Diana en croisant les bras.« Dehors, Diana », dis-je platement en prenant mon verre.« Oh, s’il te plaît. Quand j’ai appris que tu t’étais marié, je m’att
POINT DE VUE DE REINELe silence dans le couloir s’attarda, lourd et étouffant.Damien ne me quittait pas des yeux, ses longs doigts nonchalamment enroulés autour d’un verre en cristal, ses yeux bleus m’évaluant.« Eh bien », Diana rompit le silence, les lèvres courbées en un sourire malicieux, profondément amusé. « Je dois admettre que je suis contente d’avoir été là aujourd’hui. »« Faites sortir l’intruse », trancha la voix de Damien dans l’air tamisé.Ce n’était pas de la colère. En fait, ce n’était rien de comparable à ce ton glacial et monocorde qu’il employait. Et cela me fit bouillir le sang.« Damien… » commença Damon.« Dehors, Damon. » Damien ne le regarda pas. Son regard resta rivé au mien. « Emmène Diana en bas et fais ce que je te dis. »Diana m’adressa un petit clin d’œil encourageant en levant les yeux au ciel, avant d’attraper Damon par le bras et de le tirer en arrière vers les escaliers.Damon s’attarda une demi-seconde, me lançant un regard où se mêlaient pitié et
POINT DE VUE DE REINELe Sanctuary se dressait, imposant et fier, exactement comme dans mes souvenirs. Un palais qui coûtait probablement plus que la valeur nette de mon père.Avant que je puisse atteindre l’entrée aux bordures dorées, trois hommes aux épaules larges sortirent, bloquant le passage étroit.« Événement privé ce soir, madame », dit le plus imposant, d’une voix plate et inflexible. « Pas d’entrée sans invitation. »Je m’arrêtai, inclinant légèrement la tête. « Je n’ai pas besoin d’invitation. »« Tout le monde a besoin d’une invitation. »« Pas quand l’homme à qui appartient cet endroit porte le même nom de famille que moi », répondis-je avec assurance en croisant les bras sur ma poitrine. « Écartez-vous. »« Madame Echo », se reprit le premier garde, son ton changeant instantanément, bien qu’il ne bougeât toujours pas. « Monsieur Echo est actuellement en réunion extrêmement importante. Il a donné des ordres stricts : personne ne doit accéder au niveau VIP sans son autori
POV DE REINEDeux jours.Exactement deux jours depuis que Damien avait quitté la maison après que Damon l’eut pris à part pour leur mystérieuse conversation.Deux jours depuis qu’il avait répondu à un seul appel.Deux jours depuis qu’il avait mis les pieds chez lui.Je me retournai sur le dos, fixant d’un air noir le côté intact du lit. Son côté était toujours parfaitement ordonné.Le mien… eh bien.J’avais officiellement emménagé.Il n’y avait plus aucun intérêt à prétendre le contraire. Mes robes étaient soigneusement suspendues à côté de ses costumes noirs impeccablement taillés dans la penderie, mes produits de soin avaient pris possession de la moitié du marbre de la salle de bains, et un vase de lys frais trônait désormais là où il n’y avait autrefois eu que du vide absolu.La chambre avait enfin l’air habitée. Par une seule putain de personne.Je croisai les bras sur ma poitrine.« Incroyable. »Qui disparaissait pendant quarante-huit heures sans donner le moindre signe de vie
POINT DE VUE DE DAMIENDes heures plus tard, je refermai enfin mon ordinateur portable. L'écran devint noir, laissant le bureau plongé dans le silence.Pendant un instant, je restai assis, me frottant l'arête du nez. La journée avait été très longue.Je me levai et quittai le bureau. La première chose que mes yeux remarquèrent fut les rideaux.Hier encore, ils étaient noirs. J'ignorais toujours quand elle avait trouvé le temps de les remplacer.Deux jours. Nous n'étions mariés que depuis deux jours.En ce laps de temps, ma femme avait redécoré ma maison, échappé à ma sécurité, déclaré que la dette d'un autre homme relevait de sa responsabilité, failli se jeter d'un véhicule en marche, interrompu une réunion pour me servir le dîner et tenté de négocier le fait de dormir dans ma chambre.J'avais négocié des contrats de plusieurs milliards avec moins de ténacité.Un léger soupir m'échappa.« ...Insupportable. »Ce qui était agaçant, ce n'était pas son comportement. C'était que je n'avais
POV de Reine :« C’est une blague ridicule ? » je ris en crochetant la serrure de la chambre principale de l’immense manoir absurde.Apparemment, nous, le couple marié, étions installés dans l’aile droite, et les autres ailes avaient été prises d’assaut par ses nombreux hommes.Comment sa chambre p
POV de Reine :Des mains m’attrapèrent et me plaquèrent au sol. Des tirs retentirent tandis que mon mari se jetait sur moi.Je n’eus pas le temps de penser à la chaleur de son corps au-dessus du mien alors que mon cœur cognait dans ma poitrine.Mais putain de merde. Suis-je à ce point malchanceuse
POV de Reine :Je me tenais devant le miroir de la coiffeuse, observant ma silhouette. J'étais habillée à la perfection. Mon maquillage était impeccable, la robe blanche en soie valant des milliers de dollars épousait le haut de mon corps comme une seconde peau avant de retomber en une magnifique
POV de Reine :La faim me rongeait les entrailles, m'arrachant à mes pensées de plus en plus distrayantes où j'incendiais cette stupide maison.J'étais enfermée ici depuis un jour et quatre heures, l'horloge se moquant de moi tandis que je comptais chaque seconde qui passait.J'avais fait tout ce q







