ALICEJe vois les jambes de Marc se dérober sous lui. Il s’effondre sur le fauteuil en face du canapé, les mains plaquées sur son visage, ses épaules larges secouées par des sanglots violents, incontrôlables. Il pleure comme un enfant, d’une détresse brute qui emplit tout l’espace du salon. Je savais que le choc de mon apparence serait terrible, mais je n’imaginais pas qu’il perdrait ses moyens à ce point. Pour lui, je suis l’Alice d’avant, celle qu’il croyait immortelle ou simplement capricieuse.— Pardon… oh putain, Alice, pardon, bafouille-t-il à travers ses doigts, sa voix étouffée par les larmes. Je savais pas… Perret m’a dit hier pour la maladie, mais je pensais pas… Je suis une ordure. J’ai passé une semaine à te faire la guerre.Je respire lentement, sentant la morphine engourdir mes muscles, m’offrant le calme nécessaire pour ce que je m’apprête à faire. La vérité sur mon corps est là, étalée sous ses yeux. La trêve est acquise, sa colère est morte, balayée par la réalité de
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