Camille Je ne sais pas combien de temps nous restons là, dans la grande salle, nos mains liées, nos souffles mêlés, le feu qui meurt doucement derrière nous. Longtemps. Assez longtemps pour que mes larmes sèchent sur mes joues. Assez longtemps pour que la colère d'Alistair retombe, remplacée par quelque chose de plus fragile. Quelque chose qui ressemble à de la honte. — Je suis fatiguée, dis-je enfin. Ma voix est rauque, éteinte. J'ai crié. J'ai pleuré. Je n'ai plus de forces. — Moi aussi, dit-il. — Pas de la même fatigue. Toi, tu es fatigué de te battre contre des ennemis imaginaires. Moi, je suis fatiguée d'être cet ennemi. Il ne répond pas. Ses doigts serrent les miens, un peu plus fort. C'est sa seule réponse. La seule qu'il sache donner, peut-être. — Je vais monter, dis-je. Je dégage ma main. Il ne me retient pas. Je traverse la salle, mes pas résonnent sur les dalles froides. Je passe devant la table du dîner, encore dressée, avec ses couverts en argent et ses verres
ปรับปรุงล่าสุด : 2026-05-10 อ่านเพิ่มเติม