Élia Il y a, dans les jours qui suivent, un après-midi que je dois raconter séparément, parce qu'il ne fait partie d'aucune guerre, d'aucune fuite, d'aucun compte. Il fait partie de moi. Je roule sans but, un dimanche, et la route me ramène, sans que je l'aie décidé, vers le quartier de l'enfance. Pas la maison. Pas la maison, plus jamais. Le jardin. Le square public, à deux rues de là, celui où ma mère m'emmenait quand j'étais petite, avant Graziella, avant tout. Il est là. Il a survécu. Le tilleul, le grand tilleul au milieu du square, il est là, plus gros que dans mon souvenir, dénudé par la saison, immense, et je m'approche, et je pose la main sur son écorce, et l'écorce est rugueuse et froide et vivante, et soudain, sans transition, sans prévenir, je sens. L'odeur. Pas l'odeur du tilleul d'hiver, qui n'a pas d'odeur : l'odeur de l'autre tilleul, le tilleul d'été, celui de juin, celui dont les fleurs emb
ปรับปรุงล่าสุด : 2026-10-02 อ่านเพิ่มเติม